WHITE CHRISTMAS – Michael Curtiz (1954)

Guerre Musicale : L’automne 1954 a sans doute été une période difficile pour les responsables de la comédie musicale à la MGM. Non que leurs productions de l’année, comme Brigadoon ou Seven Brides for Seven Brothers (Les Sept Femmes de Barbe-Rousse), aient été des échecs. Mais tout d’un coup, deux concurrents semblent vouloir saper leur suprématie sur le genre musical. C’est en effet le 11 octobre que la Warner organise l’avant-première New-Yorkaise de A star is born (Une étoile est née), qui marque le grand come-back de Judy Garland (remerciée quelques années plus tôt par… la MGM). Et c’est à peine trois jours plus tard que, dans la même ville, la Paramount offre au public la primeur de White Christmas (Noël blanc), qui associe les talents de Bing Crosby à ceux du compositeur Irving Berlin. Sans compter que ce film de Michael Curtiz s’appuie également sur le charisme du comique Danny Kaye et de la chanteuse à succès Rosemary Clooney, tous deux extrêmement populaires. Gageons que les exécutifs de la MGM ont espéré un temps que ces deux films ne tiendraient pas leurs promesses. On sait qu’il n’en fut rien. Car si le charmant Noël Blanc n’a pas atteint le statut de film culte de A star is born , il a tout de même rapporté 12 millions de dollars à sa sortie, avant de devenir un grand classique des rediffusions de fin d’année en Amérique.

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L’histoire

Bob Wallace (Bing Crosby) et Phil Davis (Danny Kaye) se rencontrent sur le front pendant la Seconde Guerre mondiale. Le premier est déjà une vedette de music-hall, le second rêve de le devenir. Sauvant la vie de son camarade un soir de Noël, Davis gagne ainsi son ticket d’entrée à Broadway. Mais la vie d’artiste n’est pas simple quand on travaille avec un homme aussi rigoureux que Wallace. Heureusement, le destin va leur faire croiser le chemin de deux chanteuses, les sœurs Haynes (Rosemary Clooney et Vera-Ellen)

Jamais deux sans trois ?

C’est en 1953 que la Paramount met en chantier un projet de comédie musicale dom le principe ressemble beaucoup à celui de deux de leurs précédents succès, Holiday Inn (L’Amour chante et danse, 1942) et Blue Skies (1946). Ces films avaient pour point commun d’associer les noms d’Irving Berlin, Fred Astaire et Bing Crosby, et de comporter une séquence dans laquelle Crosby chantait White  Christmas. Au vu du succès de ces films – et d’une chanson qui s’a vère chaque année plus populaire -, le studio décide de reprendre la recette, et d’intituler celle fois le film … White Christmas (Noël Blanc en VF). Mais si Irving Berlin se montre enthousiaste, Bing Crosby se fait un peu prier avant d’accepter. Quant à Fred Astaire, qui songe à prendre sa retraite, il refuse l’offre. Le studio se rabat alors sur Donald O’Connor, mais celui-ci tombe malade peu avant le début du tournage. Danny Kaye est alors engagé, obtenant même, tout étonné, les 200 000 dollars demandés par son agent.

Swinging Sisters

Les charmantes sœurs Haynes seront interprétées quant à elles par la chanteuse Rosemary Clooney et par la danseuse Vera Ellen, l’une des trois héroïnes de On the Town (Un jour à New York). Les seconds rôles les plus importants, ceux du général et de l’intendante, sont attribués à deux visages familiers du cinéma américain : Dean Jagger et Mary Wickes. Tandis qu’lrving Berlin compose de nouvelles chansons pour le film, la Paramount choisit de confier la mise en scène à Michael Curtiz. Récemment libéré de son contrat avec la Warner, le réalisateur de Casablanca n’est pas un spécialiste de la comédie musicale. Mais l’habileté avec laquelle il a déjà réalisé une centaine de films rend tout le monde confiant – même si White Christmas doit être en outre le tom premier filin tourné avec le procédé Vista Vision, qui est la réponse de la Paramount au Cinémascope de la Fox. Chaque studio tente à l’époque de mettre au point un format d’image plus large pour lutter contre la concurrence de la télévision.

De futurs grands

Le tournage du film débute en août 1953, pour s’achever trois mois plus tard. En plus de l’incontournable White Christmas, de nouvelles chansons d’Irving Berlin donnent lieu à des numéros de music-hall pour lesquels Michael Curtiz est épaulé, pour les chorégraphies, par le vétéran Robert Alton (lui-même épaulé par un jeune homme du nom de Bob Fosse, qui ne sera pas crédité au générique bien qu’il ait signé certains numéros). Parmi les danseurs qui entourent Vera Ellen et Rosemary Clooney se trouve par ailleurs le jeune George Chakiris, futur héros de West Side Story... Après de longs mois de post-production, White Christmas est finalement présenté en avant-première le 14 octobre 1954 au Radio City Music-Hall de New York : un lieu de prestige qui doit permettre de lancer avec éclat le procédé Vista Vision. Mais ce n’est sans doute pas uniquement grâce à cette innovation que le film se hissera à la première place du box-office pour l’année 1954.

Programme musical


« Sisters » (Clooney & Vera-Ellen)


« The Best Things Happen While You’re Dancing » (Kaye & Vera-Ellen)


« Snow » (Crosby, Kaye, Clooney & Vera-Ellen)


Minstrel Number : « I’d Rather See a Minstrel Show »/ »Mister Bones »/ »Mandy » (Crosby, Kaye, Clooney,& Chorus)


« Choreography » (Kaye)


« Abraham (instrumental) » (Vera-Ellen)


« Love, You Didn’t Do Right By Me » (Clooney)


« Gee, I Wish I Was Back in the Army » (Crosby, Kaye, Clooney & Stevens)


« White Christmas (finale) » (Crosby, Kaye, Clooney, Stevens & Chorus)

 

fiche technique

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