GENE KELLY ET STANLEY DONEN : l’invitation à la danse 

L’audace et le brio de l’acteur-danseur Gene Kelly et du réalisateur Stanley Donen contribuèrent au regain de vitalité de la comédie musicale qui atteindra, grâce à eux, son apogée au cours des années 50.  

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GIVE A GIRLl A BREAK (Donnez lui une chance) – Stanley Donen (1953) avec Kurt Kasznar et Debbie Reynolds

A Hollywood, les films réalisés de concert par des metteurs en scène d’égale valeur furent rarement de grands succès. Cela en raison, sans doute, d’une opinion assez répandue selon laquelle il est néfaste de se mettre à deux pour diriger un film. Mais il n’est jamais de règle qui ne souffre exception. La fructueuse collaboration qui s’établit entre Gene Kelly et Stanley Donen en est la plus parfaite illustration puisque deux des trois films qu’ils réalisèrent ensemble à la MGM, à l’âge d’or de la comédie musicale, On the town (Un jour à New York, 1949) et Singin’ in the Rain (Chantons sous la pluie, 1952) sont aujourd’hui considérés comme les grands classiques du genre et des chefs-d’œuvre du septième art.

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ON THE TOWN (Un jour à New York) – Stanley Donen et Gene Kelly (1949) avec Gene Kelly, Frank Sinatra, Jules Munshin, Betty Garrett, Ann Miller, Vera Ellen

A Hollywood, les films réalisés de concert par des metteurs en scène d’égale valeur furent rarement de grands succès. Cela en raison sans doute, d’une opinion assez répandue selon laquelle il est néfaste de se mettre à deux pour diriger un film. Mais il n’est jamais de règle qui ne souffre exception. La fructueuse collaboration qui s’établit entre Gene Kelly et Stanley Donen en est la plus parfaite illustration puisque deux des trois films qu’ils réalisèrent ensemble à la MGM, à l’âge d’or de la comédie musicale, On the town et Singin’ in the Rainsont aujourd’hui considérés comme les grands classiques du genre et des chefs-d’œuvre du septième art.

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Audrey Hepburn et Stanley Donen en pleine préparation d’une scène pour le film Funny Face (Drôle de frimousse) devant le Sacré Coeur à Montmartre à Paris.

Avant d’œuvrer au cinéma, Gene Kelly et Stanley Donen avaient déjà travaillé ensemble sur les scènes de Broadway. Leur amitié et leur collaboration remontent à Pal Joey, le musical de Rodgers et Hart monté en 1940 dans lequel Gene Kelly avait le rôle principal alors que celui de Donen (également assistant décorateur) était en revanche tout à fait secondaire. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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SINGIN’ IN THE RAIN (Chantons sous la pluie) – Stanley Donen et Gene Kelly (1952).
Tribulations hollywoodiennes

Avant de tenter sa chance à Hollywood, Gene Kelly (qui est né en 1912), avait dirigé avec son frère un cours de danse. à Pittsburgh. Pal Joey fut le tremplin de sa carrière. En effet, il fut immédiatement remarqué par David O. Selznick qui l’envoya à Hollywood où, peu après, sur la recommandation de l’avisé producteur Arthur Freed, son contrat avec Selznick fut repris par la MGM.

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COVER GIRL (La reine de Broadway) – Charles Vidor (1944) avec Rita Hayworth, Gene Kelly, Phil Silvers, Lee Bowman et Eve Arden

Donen, plus jeune de douze années, arriva quelques mois plus tard à Hollywood où, il commença par travailler comme assistant chorégraphe pour Best Foot Forward (1943) à la MGM, avant d’être engagé en 1944 par la Columbia pour deux comédies musicales de série B : Hey, Rookie et Jam Session.

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FOR ME AND MY GAL (Pour moi et ma mie) – Busby Berkeley (1942)avec Judy Garland, Gene Kelly

A ce moment, Kelly fut « prêté » à la Columbia pour un musical original de Jerome Kern : Cover Girl (La Reine de Broadway, 1944) dans lequel il fut le partenaire de Rita Hayworth, alors première star de la compagnie. Donen avait pour mission de seconder Gene Kelly auquel on avait laissé carte blanche pour la chorégraphie de ses propres numéros en solo. Ce film fut pour les deux hommes une magnifique occasion de montrer ce dont ils étaient capables. Signalons que Kelly bénéficiait déjà d’un réel prestige à la MGM ; en effet, dès son premier film, tourné en 1942 par Busby Berkeley, For Me and My Gal (Pour moi et ma mie), il avait formé avec Judy Garland un tandem particulièrement heureux. Kelly était apparu ensuite dans quatre autres films, dont deux comédies musicales : DuBarry Was a Lady (La Du Barry était une dame) et Thousands Cheer (La Parade aux étoiles) l’une et l’autre de 1943). Toutefois, à part un petit numéro personnel (dans lequel il avait pour partenaire un torchon !) dans Thousands Cheer, il ne lui avait pas été vraiment donné la possibilité de s’exprimer totalement. Cover Girl était l’occasion rêvée et il sut, avec l’assistance de Donen, l’exploiter à merveille notamment dans le numéro qu’il exécute avec sa propre image.

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THOUSANDS CHEER (La Parade aux étoiles) – George Sidney (1943) avec Kathryn Grayson, Gene Kelly, Mary Astor, John Boles

Quand Gene Kelly revint à la MGM, il entraîna Donen avec lui et ils travaillèrent une nouvelle fois ensemble aux numéros musicaux d’Anchors Aweigh (Escale à Hollywood, 1945), le premier film où Kelly eut Sinatra pour partenaire. Dans leur interprétation de deux marins en permission, ils mirent en évidence la complémentarité de leur rôle respectif et de leur personnalité : tandis que Kelly était le type même du pédant plein de morgue, Frank Sinatra campait le garçon timide et introverti – constamment poursuivi par des femmes toujours prêtes à le dorloter ! Dans ce film, Gene Kelly, à titre d’expérience, combina les évolutions d’un vrai danseur (lui-même en l’occurrence) avec des personnages et des décors – de dessins animés : un procédé qu’il utilisera à nouveau dans Invitation to the Dance (Invitation à la danse, 1954) et dans un film de télévision : Jack and the Beanstalk (Le Jardin enchanté, 1967).

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ANCHORS AWEIGH (Escale à Hollywood) George Sidney (1945) avec Frank Sinatra, Kathryn Grayson, Gene Kelly

Après Anchors Aweigh, Donen travailla sur la chorégraphie de plusieurs petites comédies musicales de la MGM, et, Kelly fit une brève apparition dans Ziegfeld Folies (1946) dans lequel il exécutait sur la musique de Gershwin le numéro humoristique : « The Babbitt and the Bromide » en compagnie de son unique et grand rival à l’écran, Fred Astaire. En 1947, on fit appel à Kelly et à Donen pour sauver Living in a big way, une comédie dramatique écrite et dirigée par l’excentrique Gregory La Cava, qui versait souvent dans une certaine mièvrerie. Ils mirent au point deux numéros dont « Children Games » dans lequel Gene Kelly fit la preuve de son exceptionnelle aptitude à travailler avec des enfants et se livra à des exercices acrobatiques étonnants de précision. Kelly (seul cette fois) eut ensuite le premier rôle masculin dans le film de Minnelli : The Pirate (1948), dans lequel il donnait la réplique à Judy Garland, mais leur interprétation fut assez mal accueillie par la critique qui considéra leur jeu inférieur à celui de Lynne Fontanne et d’Alfred Lunt, héros de la version (non musicale) de Broadway. Jugement sévère tant l’association Kelly-Garland semble parfaite dans ce film au rythme irrésistible et déchaîné. On se rappellera tout particulièrement le numéro de Kelly, « Nina », qui constituait sur le plan de la danse et de la mise en scène un authentique tour de force ! [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Gene Kelly et Fred Astaire dans Ziegfeld Folies (1946) (The Babbitt and the Bromide)
Où l’on retrouve Arthur Freed

Depuis longtemps Kelly et Donen avaient le projet de tourner un film dans lequel numéros musicaux et sujet ne feraient qu’un tout. L’occasion leur en fut donnée par Arthur Freed, le producteur de la MGM, qui, après réflexion, décida de les faire travailler en tandem dans Take Me Out to the Ball Game (Match d’amour, 1949) sous la direction de Busby Berkeley. Le scénario était tiré d’un sujet original de Kelly et Donen : une jeune femme (Esther Williams) devient patron d’une équipe de base-ball à la suite d’un héritage. Le sujet, qui ne comporte pas de séquences aquatiques, raconte les amours des trois champions de l’équipe, en l’occurrence Gene Kelly, Frank Sinatra et Jules Munshin. Ce film peut d’ailleurs être considéré comme la répétition générale de On the town réalisé aussitôt après. On y retrouve en effet les trois mêmes acteurs et, à quelques nuances près, la même trame.

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TAKE ME OUT TO THE BALL GAME (Match d’amour)Busby Berkeley (1949) avec Frank Sinatra, Esther Williams, Gene Kelly, Betty Garrett

Bien que Busby Berkeley fût le metteur en scène officiel de Take Me Out to the Ball Game, il semble que son intervention se soit limitée à la séquence où l’on fait griller des fruits de mer. Pour le reste, Il se contenta de superviser les expériences techniques auxquelles se livraient ses jeunes chorégraphes. Grâce au succès obtenu par ce dernier film Gene Kelly et Stanley Donen se virent confier par Arthur Freed la mise en scène de On the town, un film qui, par son exubérance, sa virtuosité et le recours aux prises de vues en extérieurs, ranima le genre un peu en perte de vitesse de la comédie musicale.

Avec le film suivant, Summer Stock (La Jolie Fermière, 1950), Gene Kelly par contre marqua un temps d’arrêt. Aux cotes de Judy Garland, il tourna dans une comédie musicale sans grande originalité si l’ on excepte son solo où il utilise « musicalement » les bruits d’une feuille de papier et d’une lame de parquet. Puis, en 1951; avec Vincente Minnelli il travailla à l’une des plus célèbres comédies musicales de l’histoire du cinéma, Un Américain à Paris, film qui permit à Kelly de créer ses numéros chorégraphiques les plus élaborés dans lequel il utilisa admirablement la symphonie jazzée de Gershwin. Manifestement, Kelly avait voulu frapper un grand coup. Il faut bien reconnaître que grâce à la technique cinématographique extrêmement brillante de Minnelli, aux admirables décors reconstituant l’ambiance des différentes écoles de peinture française de la fin du siècle dernier et à la chorégraphie complexe de Kelly, ce film fit l’unanimité de la critique et du public.

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ROYAL WEDDING (Mariage royal) – Stanley Donen (1951) avec Fred Astaire, Jane Powell et Peter Lawford

Pendant ce, temps, Donen dirigeait un film d’un niveau plus modeste. Dans Royal Wedding (Mariage royal, 1951) il travailla pour la première fois avec Fred Astaire dont le style élégant et mesuré (à la différence de celui de Kelly plus athlétique et plus fougueux) semblait mieux s’accorder à son propre tempérament. C’est dans Royal Wedding que se trouve le fameux numéro de Fred Astaire dansant au plafond et sur les murs, qui a tant intrigué les spectateurs. Donen en a lui-même donné l’explication : « Cette séquence a été tournée très vite. Tout était fondé sur le principe de ces attractions de foire qui tournent et vous empêchent de tomber. La pièce tournait lentement, le plancher devenait le plafond. La caméra était à l’intérieur, et le chef opérateur était attaché à l’un des murs. Ce fut surtout difficile pour Fred, qui devait travailler ses pas pendant que l’ensemble tournait. J’ai filmé cela en une demi-journée, après avoir beaucoup répété.» Malgré de nombreuses faiblesses, Royal Wedding reste un film agréable et cette première rencontre entre Donen et Astaire ne devait pas être sans suite.

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SINGIN’ IN THE RAIN – Stanley Donen, Gene Kelly (1952) – Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O’Connor, Jean Hagen

Kelly et Donen allaient se retrouver l’année suivante pour tourner ce qui constitue à jamais le chef-d’œuvre du genre : Singin’ in the Rain.  Cette affectueuse évocation d’un Hollywood presque oublié, où le silence était encore d’or, est la meilleure performance de Gene Kelly. L’acteur y incarne une vedette du cinéma muet qui réalise tout le parti qu’il va pouvoir tirer de ses talents jusqu’alors inexploités, avec l’avènement du parlant. Outre la présence au générique des scénaristes Comden et Green, particulièrement bien inspirés, Singin’ in the Rain bénéficia du concours de la fraîche et mutine Debbie Reynolds, de l’inépuisable Donald O’Connor qui exécute en solo le célèbre « Make’ Em Laugh » et de Jean Hagen, merveilleuse interprète de la terrible star du muet Lina Lamont, malheureusement dotée d’une voix épouvantable. Sans parler des inoubliables apparitions – dans « Broadway Ballet » – de Cyd Charisse, peut-être la plus belle danseuse qu’on ait jamais vue à l’écran !

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SINGIN’ IN THE RAIN – Stanley Donen, Gene Kelly (1952) – Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O’Connor, Jean Hagen

Avec Singin’ in the Rain, Kelly et Donen, tous deux en grande forme, atteignirent une perfection qu’on ne retrouve pas dans It’s Always Fair Weather (Beau fixe sur New York, 1955). Ce film était conçu (comme On the town) pour un trio mais Kelly, Dan Dailey et Michael Kidd ne surent pas retrouver le dynamisme du premier « triplé ». It’s Always Fair Weather contait l’histoire de trois anciens compagnons d’armes se retrouvant après dix ans de séparation et qui découvraient alors qu’ils n’avaient plus rien en commun et que, pour chacun d’eux, les choses n’avaient pas très bien tourné. L’amertume générale du film jurait trop nettement avec l’allégresse des numéros dansés. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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GENE KELLY
Chacun sa voie

Bientôt, Kelly et Donen allaient poursuivre séparément leur carrière. Dès 1954, Kelly avait interprété le rôle principal dans un musical de Minnelli dont il avait également dirigé la chorégraphie, Brigadoon, qui n’est pas une de leurs meilleures réussites malgré la fascinante présence de Cyd Charisse. Il s’était aussi lancé dans la réalisation de l’ambitieuse invitation à la danse. Ce film entièrement dansé où Kelly avait déployé tous ses talents de chorégraphe et de danseur dans trois styles différents (classique, jazz et expérimental) fut un échec et ne couvrit même pas les frais de production qui avaient été considérables. La partie classique avait été particulièrement soignée avec la participation de danseurs étoiles à leur apogée, comme Claire Sombert, Claude Bessy et Tamara Toumanova, ainsi qu’une musique de ballet écrite par le compositeur français Jacques Ibert.

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BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954) – Gene Kelly, Cyd Charisse, Van Johnso, Barry Jones, Elaine Stewart

On vit ensuite Gene Kelly dans Les Girls (1957) de George Cukor, derniers feux de la comédie musicale dont il fut le protagoniste et qui fut une réussite complète. Il participa plus tard à une mémorable production télévisée, « Dancing : a Man’s Game » au cours de laquelle il fit valoir les multiples facettes de son talent sans éviter, cependant, une certaine complaisance. En 1965, il parut dans Les Demoiselles de Rochefort, une comédie musicale « à la française », où, malgré de jolis moments, il semblait un peu perdu au milieu des acteurs français. Ce furent des adieux un peu mélancoliques au genre où il s’était si souvent illustré. Il dirigea ensuite de brillantes comédies dramatiques, dont le fastueux Hello, Dolly ! (1969) avec Barbra Streisand, qui connut un grand succès. On le vit pour la dernière fois dans Xanadu (1980) de Robert Greenwald où il se remit, de façon inattendue, à danser. Mais il avait passé l’âge.

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Gene Kelly et Françoise Dorléac dans LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de Jacques Demy (1964)

Donen, pour sa part, continua à moissonner les succès. Il dirigea, en effet, la très alerte comédie musicale de la MGM, Give a Girl a Break (Donnez-lui une chance, 1953) avec Debbie Reynolds, puis, toujours pour la même firme, obtint un très gros succès avec Seven Brides for Seven Brothers (Les Sept Femmes de Barberousse, 1954) dont on n’a pas oublié le style acrobatique choisi par le chorégraphe Michael Kidd pour les séquences de « ballet-bagarre » endiablé. A propos de ce film, Coursodon a pu écrire qu’il « commence dans la routine, trouve peu à peu son style, s’impose avec autorité et s’achève dans le ravissement : les deux premières bobines font craindre le pire, c’est-à-dire un tableau agreste avec paysannes pleines de santé et couleur locale attendrissante; puis, après, une chanson qui surprend par son originalité… le film s’installe dans un ton de bonhomie plein d’humour, puis dépasse le pittoresque local des sept frères vivant en sauvages et qu’une jeune personne bien élevée entreprend de civiliser. Mais l’élément le plus intéressant est évidemment la chorégraphie de Michael Kidd » [Cinéma 59, n° 39].

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Après l’échec de It’s Always Fair Weather, Donen passa de la MGM à la Paramount pour tourner Funny Face (Drôle de frimousse, 1957) avec Fred Astaire et Audrey Hepburn. Ce film est une réussite à peu près parfaite. C’est d’ailleurs l’avis de Donen lui-même qui, dans un entretien avec Les Cahiers du cinéma (n ° 143) déclarait : « J’adore ce film. De toutes les comédies musicales que j’ai tournées, ce n’est peut-être pas la meilleure, mais celle que j’aime le plus. » Le célèbre photographe Richard Avedon fut le conseiller artistique du film, et son apport n’est pas négligeable. Audrey Hepburn y était exquise et constituait pour Fred Astaire une partenaire aussi inattendue que séduisante. Elle se tira fort bien d’une expérience chorégraphique inhabituelle pour elle. Les airs de Gershwin presque tous célèbres, s’entendaient’ avec un plaisir toujours renouvelé. Kay Thompson, personnalité curieuse, à la fois actrice, chanteuse, danseuse, compositeur et arrangeur, y faisait, pour une de ses rares apparitions au cinéma, une savoureuse composition de journaliste de mode farfelue et tyrannique. Quant à Fred Astaire, il était toujours éblouissant dans ses numéros, en particulier Let’s kiss and make up, où il dansait avec un parapluie et un chapeau, et Bonjour Paris, amusant trio en compagnie d’Audrey Hepburn et de Kay Thompson.

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FUNNY FACE (Drôle de frimousse) – Stanley Donen (1957) avec Fred Astaire, Audrey Hepburn, Kay Thompson, Michel Auclair, Robert Flemyng

Donen passa ensuite à la Warner en qualité de producteur-réalisateur où il collabora avec le metteur en scène George Abbott pour deux bonnes comédies musicales : The Pajama Game (Pique-nique en pyjama, 1957) et Damn Yankees (1958), qui péchaient seulement par une interprétation où manquaient les Astaire, Kelly, Charisse ou Reynolds…

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THE PAJAMA GAME (Pique-nique en pyjama) -Stanley Donen et George Abbott (1957)avec Doris Day, John Raitt, Carol Haney, Eddie Foy Jr.

A la fin des années 50, cependant, la grande époque du musical hollywoodien était bien passée et Donen, comme Kelly, se dirigea vers une autre voie. Il connut quelques beaux succès avec Charade (1964) où il retrouvait Audrey Hepburn et Arabesque, deux comédies aussi élégantes que brillantes, qui ne comportent pas de danse mais qui, comme l’a bien noté Alain Masson, poursuivent la manière des films dansés de Stanley Donen.

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CHARADE – Stanley Donen (1963) avec Cary Grant, Audrey Hepburn

Avec nostalgie, il ne revint que deux fois au temps jadis : en 1974 avec The Little Prince, étrange version du récit de Saint-Exupéry par Lerner et Loewe, et en 1978 avec la deuxième partie du film Movie, Movie (Folie, folie) où l’on assiste à une sentimentale et amusante évocation des numéros à la Busby Berkeley des années 30 beaucoup plus qu’à une « scandaleuse mise à mort du genre », comme l’écrit Gilles Cèbe dans son « Fred Astaire ». Le genre, hélas, était mort bien avant. Mais, au cinéma, rien n’est jamais définitif, et peut-être n’est-il pas illusoire de compter sur un revirement de la mode pour le voir renaître un jour. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Stanley Donen au festival de Cannes (1984)
Les extraits musicaux

 

 

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