Histoire du cinéma

LES ANNÉES 1940 OU L’ÂGE D’OR DE LA COMÉDIE AMÉRICAINE

Sophistiquée ou burlesque, pétillante ou loufoque, la comédie hollywoodienne brille de tous ses feux durant les années de guerre. Avec quelques-unes des œuvres les plus désopilantes du cinéma américain.

Préfigurant cette apogée de la comédie américaine, les années 1930 s’étaient achevées sur une expérience passablement insolite, mais qui avait eu l’heur de plaire au public. « La Garbo rit enfin ! », tel était le principal argument publicitaire de Ninotchka (1939). Sous la direction du génial Ernst Lubitsch, la grande star perdait son auréole de mystère et de drame en succombant aux charmes conjugués du champagne, de Melvyn Douglas et de Paris… Un mythe était mort. Après quoi, plus rien n’était sacré. 

Pas même Shakespeare ; The Boys from Syracuse (1940) est une adaptation bouffonne de « La Comédie des erreurs » (avec Joe Penner dans le double rôle des jumeaux). Les effets comiques reposent surtout sur des anachronismes désopilants comme une course de chars du plus pur style « Ben Hur ». Tout aussi invraisemblables sont les avatars de William Powell dans Love Crazy (Folie douce, 1941), où le héros nonchalant et raffiné de la série L’Introuvable tente d’éviter le divorce grâce au travesti : il se fera alors passer pour sa propre sœur. Dans I Love You Again (Monsieur Wilson perd la tête, 1940), le même William Powell incarne un citoyen respectueux des lois qui, une fois frappé d’amnésie, se révèle une parfaite canaille. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

L’adaptation de pièces à succès

Hollywood exploitera souvent les plus grands succès de Broadway. Ainsi, dans l’adaptation de pièces à succès Hollywood exploitera souvent les plus grands succès de Broadway. Ainsi, dans The Philadelphia Story (Indiscrétions, 1940), Katharine Hepburn reprend le rôle qu’elle a créé à la scène : celui de la riche héritière partagée entre deux soupirants, James Stewart et Cary Grant. L’indéniable talent comique de ce dernier sera magistralement utilisé par Capra dans Arsenic and Old Lace (Arsenic et vieilles dentelles, 1944), un autre grand succès théâtral. Raymond Massey y reprend le rôle de l’empoisonneur créé à la scène par Boris Karloff. De Broadway encore vient The Man Who Came to Dinner (L’Étrange Convive, 1941), satire sophistiquée des milieux du théâtre qui prend comme tête de turc le critique Alexander Wolcott, célèbre pour sa plume particulièrement acérée.

Signe des temps, des auteurs aussi éclectiques que George Stevens et Howard Hawks vont réaliser quelques-unes des comédies les plus représentatives des années 1940. Dans The Talk of the Town (La Justice des hommes, 1942), Jean Arthur offre asile à l’incendiaire présumé Cary Grant. La même Jean Arthur se voit aire présumé Cary Grant. La même Jean Arthur se voit contrainte, du fait de la crise du logement, à partager son appartement avec deux hommes dans The More the Merrier (Plus on est de fous, 1943), également dirigé par George Stevens. Avec His Girl Friday (La Dame du vendredi, 1940), Hawks offre une version inattendue de la célèbre pièce de Ben Hecht et Charles MacArthur « The Front Page » ; le reporter Hildy Johnson y devient une journaliste (interprétée par l’énergique Rosalind Russell). Dans Ball of Fire (Boule de feu, 1941), Hawks saura exploiter le talent comique de Barbara Stanwyck. Face au très honorable professeur Potts (Gary Cooper), qui effectue des recherches sémantiques sur l’argot, elle incarne « Sugarpuss » O’Shea, chanteuse de cabaret et maîtresse de gangster. L’un et l’autre ont évidemment beaucoup à apprendre…

A la fin des années 1940, Howard Hawks poussera jusqu’à l’absurde le comique de situation avec I Was a Male War Bride (Allez coucher ailleurs, 1949). Cary Grant, officier français, devra se travestir en femme pour avoir une chance de passer sa nuit de noces avec son épouse (Ann Sheridan), auxiliaire féminine de l’armée américaine. La même année, George Cukor dirige Spencer Tracy et Katharine Hepburn dans Adam’s Rib (Madame porte la culotte). Ils y incarnent un couple d’avocats qui s’affronte au cours, d’un procès, l’un assurant la défense, l’autre l’accusation ! C est le triomphe de la comédie ultra-sophistiquée. Mais auparavant, le cinéma semble avoir voulu dresser un éblouissant inventaire de tous les gags les plus loufoques avec l’extraordinaire Hellzapoppin (1942). [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

Le déclin des grandes gloires du comique

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des grandes gloires du comique des années 1920 et 1930 sont encore sur la brèche. Mais beaucoup seront incapables de s’adapter aux goûts du public, qui évoluent très rapidement. En dépit d’une importante campagne publicitaire, le dernier film de Laurel et Hardy, The Flying Deuces (Laurel et Hardy conscrits, 1939), ne connaîtra qu’un médiocre succès qu’on attribuera en partie à l’absence de Hal Roach. Le célèbre duo retrouvera donc son producteur habituel pour A Chump at Oxford (Les As d’Oxford, 1940). Laurel y incarne l’aristocratique lord Paddington, frappé d’amnésie à la suite d’un coup sur la tête. Puis c’est Saps at Sea (Laurel et Hardy en croisière, 1940).

Stan et Ollie semblent avoir reconquis les faveurs de leur public, mais, à l’expiration de leur contrat avec Hal Roach, ils s’engagent auprès de la 20th Century-Fox pour six films qui vont pratiquement marquer la fin de leur carrière. Great Guns (Quel pétard !, 1941) sera un échec, malgré les efforts habiles du réalisateur Monty Bank pour « moderniser » Laurel et Hardy. Il est vrai que ce film de « comique troupier » apparaît au public comme une pâle imitation de Buck Privates (Deux Nigauds soldats), tourné la même année, qui consacre le nouveau duo comique à succès : Abbott et Costello.

Laurel et Hardy ne seront pas les seules victimes de cette inévitable évolution des goûts du public. Harold Lloyd, qui a abandonné le métier d’acteur, est devenu producteur à la RKO. Sans pour autant reconquérir le succès, que ce soit avec A Girl, A Guy and a Gob (Son patron et son matelot, 1941), interprété par Lucille Ball, ou avec My Favorite Spy (1942). Dans cette dernière production, Kay Kyser se démène dans le style de l’Harold Lloyd d’antan, mais sans parvenir à dérider les spectateurs… Harold Lloyd se laisse néanmoins convaincre (par l’auteur-réalisateur Preston Sturges) de faire sa réapparition à l’écran dans The Sin of Harold Diddlebock/Mad Wednesday (Oh! Quel mercredi, 1946). Il y fait toujours preuve du même dynamisme, se lançant dans une course-poursuite échevelée, un lion féroce sur les talons, mais il est maintenant un peu trop âgé pour ce genre d’espiègleries et le public ne rit pas.

Harry Langdon ne sera pas plus chanceux. Après avoir survécu comme scénariste de Laurel et Hardy, il échouera dans les multiples productions de second plan de la Monogram, comme Double Trouble (1941) ou House of Errors (1942), qu’il interprète en compagnie d’un autre ex-scénariste des films en deux bobines : Charley Rogers. Quels que soient les déboires de Harold Lloyd ou de Harry Langdon, le destin de Buster Keaton sera encore plus navrant. Le génial comique du muet, qui a tenté lui aussi de passer de l’autre côté de la caméra, n’obtiendra plus jamais de premier rôle. « L’homme qui ne rit jamais » est désormais réduit à quelques apparitions dans des films de série B, comme Li’l Abner (1940), où il interprète Lonesome Polecat, personnage secondaire de la bande dessinée d’Al Capp. Puis il créera les gags de Red Skelton pour la MGM. Symbolisant les gloires déchues, on le verra encore, dans son propre rôle, dans Sunset Boulevard (Boulevard du Crépuscule, 1950).

Parmi les grands comiques de l’époque du muet. Chaplin seul saura se renouveler. Exploitant la ressemblance existant entre Hitler et Charlot (notamment la célèbre moustache en brosse), il réussit une brillante satire antihitlérienne avec The Great Dictator (Le Dictateur, 1940), une entreprise courageuse dans une Amérique encore neutraliste. Le succès est immense, surtout en Angleterre. Mais le film sera interdit dans divers pays, en particulier l’Irlande et l’Argentine. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

Marx Brothers, Ritz Brothers et W.C. Fields

A la fin des années 1930, le comique irrésistible des Marx Brothers semble s’essouffler quelque peu. Si Go West (Chercheurs d’or, 1940) est sauvé par une extraordinaire poursuite ferroviaire digne de Buster Keaton, The Big Store (Les Marx Brothers au grand magasin, 1941) marque le déclin du célèbre groupe, malgré la réapparition du parfait faire-valoir qu’est Margaret Dumont. Il faudra attendre cinq années pour que les frères Marx se trouvent à nouveau réunis dans A Night in Casablanca (Une nuit à Casablanca, 1946), un clin d’œil parodique au film d’espionnage et au célèbre Casablanca (1942) de Michael Curtiz. On les retrouvera encore une dernière fois dans Love Happy (La Pêche au trésor, 1949). Entre-temps, chacun des frères se produit séparément.

Les Ritz Brothers étaient extrêmement populaires au cours des années 1930. En 1940 ils quittent la Fox pour l’Universal. On les verra la même année dans Argentine Nights (L’Auberge des loufoques), où ils sont les faire-valoir burlesques des Andrew Sisters, qu’ils parodient en chantant « Rhumboogie ». En 1942, le trio comique incarne les trois Jolly Jesters dans Behind the Eight Ball ; les Ritz chantent « Atlas Did it but Won’t Admit it » et démasquent leur clarinettiste-espion qui transmet des messages. en jouant selon un code convenu. Ils provoquent encore l’hilarité du public avec Hi Ya Chum (1943), où ils chantent « Cactus Pete for Sheriff ». La même année, les frères Ritz feront leurs adieux au cinéma avec Never a Dull Moment : un titre symbolique et un éclat de rire ininterrompu.

W.C. Fields a déçu ses admirateurs en tournant aux côtés de Mae West dans My Little Chickadee (Mon petit poussin chéri, 1940), dont Ils ont conçu ensemble le scénario. Le grand acteur fera oublier ce demi-échec avec The Bank Dick (Mines de rien, 1940), l’une de ses plus grandes réussites. Puis il connaîtra un véritable triomphe avec Never Give a Sucker an Even Break (Passez muscade, 1941). Ce seront malheureusement ses derniers films importants. Il ne fera désormais que de brèves apparitions dans des films à sketches où il rééditera ses numéros les plus célèbres. Véritables chefs-d’œuvre comiques, les films de W.C. Fields, profondément anticonformistes, gardent avec le temps toute leur fraîcheur et leur virulence. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

Bob Hope et les séries à succès

Parmi les nouveaux grands comiques de l’écran, la première place revient à Bob Hope, qui a commencé sa carrière à la radio. Son plus grand succès, jusque-là, reste The Cat and the Canary (Le Mystère de la maison Norman, 1939), un remake burlesque d’un classique du film d’horreur des années 1920. Hope y a pour partenaire la belle Paulette Goddard, qu’il sauvera des fantômes dans The Ghost Breakers (Le Mystère du château maudit, 1940). En 1941, c’est une comédie militaire, Caught in the Draft (Engagé volontaire) : l’acteur y retrouve l’exotique Dorothy Lamour, avec laquelle il a tourné la célèbre série des Road to…

Bob Hope inaugure ensuite une autre série à succès avec My Favorite Blonde (La Blonde de mes rêves, 1942), où il arrache Madeleine Carroll des griffes des espions nazis. Puis ce sera My Favorite Brunette (La Brune de mes rêves, 1947), à nouveau avec Dorothy Lamour. La série prendra fin en 1951 avec My Favorite Spy (Espionne de mon cœur), où Hope a pour partenaire la sensuelle Hedy Lamarr.

Un nouveau genre comique fait son apparition : le film en costumes bourré d’anachronismes plus désopilants les uns que les autres. Cette formule permet à Bob Hope de mettre au point des gags hilarants dans The Princess and the Pirate (La Princesse et le pirate, 1946). Citons encore Monsieur Beaucaire (Le Joyeux Barbier, 1946), qui narre les mésaventures d’un coiffeur ambitieux à la cour du Roi-Soleil. Le western n’échappera pas non plus à la parodie. A la fin des années 1940, Hope tourne The Paleface (Visage Pâle, 1948), où il partage la vedette avec Jane Russell, la découverte de Howard Hughes, qui est célèbre depuis The Outlaw (Le Banni, 1943). Le film connaîtra un tel succès qu’on lui donnera une suite en 1952 ; ce sera Son of Paleface (Le Fils de visage Pâle), où le cow-boy chantant Roy Rogers fera sa dernière apparition à l’écran. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

Red Skelton, le clown de la MGM

La MGM se doit de trouver un digne émule à Bob Hope, qui fait le succès de la Paramount. Ce sera Red Skelton, un ancien clown professionnel que l’on a déjà vu à l’écran dans deux courts métrages de 1939. En 1940, Skelton interprète un second rôle dans deux films de la série du Docteur Kildare : c’est la révélation comique de l’année ! Il obtiendra la vedette en 1941 en incarnant Wally the Fox, le détective de la radio, dans Whistling in the Dark, un remake comique d’un vieux film policier (Emission SOS). Devant le succès obtenu, la MGM poursuit la série avec Whistling in Dixie (1942) et Whistling in Brooklyn (1943). A l’exemple de Bob Hope, Red Skelton déploiera sa verve comique dans des bouffonneries historiques, comme Du Barry Was a Lady (La Du Barry était une dame, 1943), avec Lucille Ball, Le film suivant, I Dood it (Mademoiselle ma femme, 1943) de Vincente Minnelli, inaugure la collaboration de Red Skelton et de Buster Keaton. Engagé comme gagman, celui-ci s’inspire de son propre chef-d’œuvre, Spite Marriage (Le Figurant, 1929). De 1943 à 1948, jusqu’à A Southern Yankee (Mon héros), qui peut être considéré comme un remake du The General (Mécano de la Générale, 1926), Buster Keaton écrira ainsi toutes les répliques du poulain de la MGM. Red Skelton a tourné plus de 30 films, mais on se souvient surtout aujourd’hui de son numéro « Guzzler’s Gin » dans Ziegfeld Follies (1946), ou de sa prestation dans Bathing Beauty (Le Bal des sirènes, 1944), où il donnait la réplique à Esther Williams.

Danny Kaye, le fantaisiste explosif

Danny Kaye reste certainement l’un des plus talentueux des nouveaux comiques des années 1940. La carrière de ce maître de l’humour pince-sans-rire et du « nonsense » n’a pourtant pas commencé sous des augures particulièrement favorables. S’il interprète divers petits rôles au cours des années 1930, il ne sera guère remarqué et il lui faudra attendre 1944 pour faire ses véritables débuts. Des débuts royaux il est vrai, car le producteur Samuel Goldwyn lui offre avec Up in Arms (Un fou s’en va-t’en guerre) un tremplin fastueux et extravagant. Danny Kaye y met au point son personnage de névrosé hypocondriaque qui deviendra un classique de son répertoire. Certaines répliques du film resteront célèbres, ainsi celle où un Marine murmure, tout en lorgnant de capiteuses infirmières qui se dorent au soleil : « L’autre guerre, ce n’était pas comme ça ! », tandis que son camarade lui répond : « Et celle-ci non plus ! » L’inépuisable fantaisiste déploie sa virtuosité dans des numéros éblouissants, comme le célèbre « Melody in Four », vertigineux puzzle de mots à double sens. Virginia Mayo, la partenaire de Kaye, obtient également un vif succès; on la retrouvera donc dans Wonder Man (Le Joyeux Phénomène, 1945), où Kaye incarne un paisible professeur, possédé par l’esprit de son frère jumeau, un comique de music-hall qui a été assassiné. Citons encore The Kid from Brooklyn (Le Laitier de Brooklyn, 1946), un remake de The Milky Way (Soupe au lait, 1926) de Harold Lloyd, ou A Song Is Born (Si bémol et fa dièse, 1948) de Howard Hawks. En dépit de leur succès, les films de Danny Kaye résisteront pourtant mal à l’épreuve du temps. Et il en sera de même pour la plupart des révélations comiques des années 1940. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]


PRESTON STURGES : LE RIRE ET LA DÉRISION
Aussi brillant metteur en scène que scénariste, Preston Sturges va renouveler la comédie américaine. Son humour s’exercera souvent aux dépens de l’« american way of life ».

HOWARD HAWKS 
Du début des années 1920 à la fin des années 1960, Howard Hawks a réalisé des comédies et des films d’aventures qui témoignent d’une vision singulièrement pessimiste de la condition humaine.  

ERNST LUBITSCH : CRÉATEUR DE STYLE
Ernst Lubitsch est l’un des grands stylistes du cinéma américain. Sa renommée internationale, il la doit à ce que l’on a depuis baptisée la « Lubitsch’s touch », un style brillant où se mêlent l’allusion subtile, l’élégance et le brio des dialogues et de la mise en scène, la satire ironique. et légère des faiblesses de la société, plus spécialement dans les rapports entre hommes et femmes.


HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940)
His Girl Friday (La Dame du vendredi) est une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre nommée Front Page, écrite par le tandem Hecht et Mac Arthur, amis personnels d’Howard Hawks. Hecht fut par ailleurs un scénariste très prisé à Hollywood, et a travaillé à maintes reprises avec le réalisateur de The Big Sky (La Captive aux yeux clairs).

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