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Mon Cinéma à Moi

Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

AUDREY HEPBURN : UNE DRÔLE DE FRIMOUSSE

En 1953, le public découvrit Audrey Hepburn dans Vacances romaines de William Wyler, suscitant un émerveillement général. Cet enthousiasme fut confirmé l’année suivante avec Sabrina de Billy Wilder, et un Oscar vint couronner cette débutante exceptionnelle. Ainsi commença une carrière unique à Hollywood, laissant un souvenir inoubliable malgré un nombre restreint de films, moins d’une vingtaine de rôles principaux, mais presque tous de grande valeur et choisis avec discernement.

MICHEL AUDIARD

Michel Audiard a révolutionné l’art du dialogue, laissant une empreinte indélébile sur le cinéma. Son écriture, nourrie par son expérience de titi parisien, traverse les tumultes de la guerre et les difficultés de la reconstruction, jusqu’à son entrée fracassante dans le monde du cinéma, portée par les plus grands acteurs. Sa plume évoque un Paris oublié, riche d’une langue qui témoigne de l’histoire des classes populaires, et est devenue emblématique du cinéma français d’après-guerre.

[flash-back] JAMES STEWART : L’HOMME TRANQUILLE

Maigre, extraverti, adolescent attardé, souvent bafouillant et gesticulant, James Stewart ne correspondait pas à l’idée préconçue du séducteur hollywoodien, ni même du bon comédien. Il fut pourtant adulé par la critique autant que par le public, et Kim Novak le désigna comme son partenaire « le plus sexy ». Père de famille tranquille, il fut l’une des rares superstars à ne donner naissance à aucun mythe. À l’écran, on le vit se battre pour ses idées, tout en demeurant réfractaire à toute idéologie : James Stewart, c’est la pure Amérique telle qu’elle se rêve, malgré la conscience progressivement douloureuse d’une utopie contrariée.

MR. SMITH GOES TO WASHINGTON (Monsieur Smith au Sénat) – Frank Capra (1939)

Mr Smith, invité au Sénat par des politiciens corrompus souhaitant faire passer leurs idées malhonnêtes, reste déterminé à demeurer juste et pur, démantelant complots et magouilles. Ce film, le plus idéologique de Capra, se place sous l’ombre tutélaire des présidents Washington, Lincoln et Jefferson, opposant l’homme « simple » à l’homme de pouvoir, la campagne à la ville, l’individu au groupe. Les acteurs sont tous époustouflants, et James Stewart, incarnant l’homme qui croit en l’homme, personnifie les naïfs avec une finesse infinie, jouant de ses longues mains, triturant un coin de sa veste ou le bord de son chapeau, trébuchant aussi bien sur les mots que sur les tapis. Une performance extraordinaire.

LE BARON DE L’ÉCLUSE – Jean Delannoy (1960)

Jean Gabin, après avoir tourné avec des actrices renommées, rêve de collaborer avec Micheline Presle dans ce film proposé par Jean Delannoy. Ce film léger, adapté d’un roman de Simenon, reforme le trio gagnant du premier Maigret : Gabin, Delannoy et Audiard. Gabin doit changer de registre pour un rôle plus tendre et doux-amer. Gabin joue Jérôme-Napoléon Antoine, un baron désargenté et mythomane qui, après avoir gagné le yacht Antarès au jeu, décide de profiter de la vie. Coincé à une écluse champenoise avec la charmante Perle, il va découvrir le monde des mariniers.

LINDA DARNELL

Linda Darnell, actrice marquante mais fragile, fut propulsée vers la gloire par sa mère ambitieuse. Travaillant pour la 20th Century-Fox, elle lutta pour être reconnue comme une grande comédienne. Sa carrière, marquée par des rôles dans des films de Preminger, Sirk, Mankiewicz et Brahm, reflète sa capacité à incarner la souffrance. Bien que sous-estimée, elle laisse une filmographie riche et intéressante.

THE LOST WEEKEND (Le Poison) – Billy Wilder (1945)

Avant ce film, le cinéma américain n’avait jamais tenté de véritable étude clinique de l’alcoolisme, généralement abordé de manière superficielle et anecdotique ou comme un élément du mélodrame social. C’était pourtant là un pro­blème qui devait préoccuper un pays capable d’instaurer la prohibi­tion… Même s’il a vieilli aujourd’hui, le film de Billy Wilder a le mérite d’une approche plus mûre et plus consciente de ce sujet scabreux pour le code moral hollywoodien. Écartant tout préjugé puritain, Wil­der dépeint les alcooliques comme des malades qui doivent être entou­rés de soins vigilants et non traités comme des parias.

[flash-back] VINCENTE MINELLI : ENTRE RÊVE ET FOLIE

Des maîtres de la comédie musicale hollywoodienne de l’après-guerre, Minnelli est le seul à avoir affronté avec bonheur, non pas à la suite, comme le fit Stanley Donen, mais de front, les registres de la comédie légère et du drame symbolique. Peut-être son importance dans l’histoire du film musical a-t-elle masqué en partie la véritable place de l’artiste, qui s’est interrogé lucidement sur la création cinématographique dans plusieurs de ses films.

SUZY DELAIR

Après avoir appris le métier de modiste, Suzy Delair se tourne vers le théâtre et le cinéma, où sa voix remarquable lui ouvre les portes du music-hall et du cabaret. Pendant l’Occupation, elle devient une figure emblématique du cinéma français. Son enthousiasme affiché lors d’un voyage à Berlin auprès de Joseph Goebbels lui vaut des sanctions après la guerre. Sa carrière alterne entre succès au théâtre, à la télévision et rôles secondaires au cinéma.

LE RÉALISME DU CINÉMA FRANÇAIS (1930-1940)

Entre 1927 et 1936, le cinéma français connaît une transformation majeure avec l’avènement du cinéma sonore. ​ Alors que l’avant-garde est déjà dépassée et que certains regrettent la disparition du cinéma muet, de nouveaux cinéastes comme Luis Buñuel, Jean Vigo, Jean Cocteau et Jean Renoir émergent sans préjugés face au parlant. Durant cette période, le cinéma français devient un art populaire, reflétant fidèlement l’élan de la conscience populaire en pleine évolution. ​

[autour d’un film] QUAND HAWKS RÉALISE UNE COMÉDIE MUSICALE

Après le tournage de Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir, 1952), Howard Hawks devait encore un film à la Twentieth Century Fox. Darryl Zanuck, le patron du studio, lui proposa l’adaptation cinématographique d’un spectacle à succès de Broadway, lui-même transposé d’une pièce, elle-même tirée d’un roman d’Anita Loos paru en 1925. Hawks y voit l’occasion d’aborder un genre auquel il n’a pas encore touché : la comédie musicale.

MARILYN MONROE : RÊVES D’AMOUR

Toute sa vie et bien au-delà, Marilyn fut une star vénérée telle une déesse, et désirée comme peu le furent. Mais la femme, elle, ne se sentit jamais aimée. Ces manques affectifs, s’ils participèrent pourtant à son talent, firent d’elle un être totalement désespéré, qui  quelquefois se prenait à rêver !

[autour d’un film] L’ART DU SCANDALE

Dans un intérieur bourgeois, une jeune femme à la longue chevelure blonde et aux reins cambrés s’appuie contre un bureau, la jupe outrageusement relevée : face à elle, un quinquagénaire élégant la fixe. Cette image, l’une des plus célèbres du cinéma français des années 1950, est si frappante que, près d’un demi-siècle plus tard, tout le monde la connaît encore (le plus souvent sans avoir vu le film dont elle est extraite)