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ORSON WELLES

C’est grâce à quelques hommes comme Orson Welles que le cinématographe est resté un art, à une époque où il menaçait de n’être plus qu’une industrie. Souvent incomprise, parfois mutilée, son œuvre demeure aujourd’hui un exemple esthétique et moral pour les créateurs dignes de ce nom.

STAGE FRIGHT (Le Grand Alibi) – Alfred Hitchcock (1950)

Eve est prête à tout pour prouver l’innocence de son ami Jonathan, surtout s’il s’agit de jouer la comédie. N’est-elle pas actrice ? Mais elle n’est pas la seule et le monde ressemble à un grand théâtre… Après un mélodrame en costumes d’époque, Under Capricorn (Les Amants du Capricorne), Hitchcock revient en cette fin des années 1940 à ses amours de jeunesse. Sa nouvelle œuvre a pour cadre Londres et s’inscrit dans la droite ligne des grandes comédies de sa période anglaise. Au-delà de son caractère léger, Stage Fright (Le Grand Alibi) s’offre à nous comme une réflexion sur le théâtre, galvanisée par une distribution brillante, où le rire est rythmé par le suspense.

KIM NOVAK

Promue par Harry Cohn parce que Darryl F. Zanuck ne voulait pas lui prêter Marilyn Monroe ! Même si l’essentiel de sa carrière se déroula après 1955, Kim Novak est l’une des dernières « créatures » de l’ancien système des studios. Comme Rita Hayworth, elle fut persécutée par Harry Cohn, qui mobilisa le syndicat du crime pour faire cesser son idylle effrontée avec le génie noir Sammy Davis Jr.! Ses rôles dans Picnic (J955) et Vertigo (Sueurs froides, 1958) ont fait rêver des générations de cinéphiles. Pourtant ni Joshua Logan, réalisateur du premier, ni Alfred Hitchcock. metteur en scène du second, ne voulaient d’elle. La manière dont la beauté froide de Kim Novak vibre devant la caméra reste probablement un mystère même pour les cinéastes ! Mais se sentir mal aimée è Hollywood lui retira bien vite sa joie de vivre et elle subit toujours avec réticence les contraintes liées à son métier, au point qu’elle finit par lui tourner le dos en 1991, à l’âge de 58 ans.

SABOTEUR (Cinquième colonne) – Alfred Hitchcock (1942)

A Los Angeles, Barry Kane est accusé de sabotage. Il ne pourra prouver son innocence qu’en démasquant le coupable, au terme d’une longue course-poursuite et d’un combat pour la vérité, contre les apparences… Après avoir tourné quatre films en deux ans, Hitchcock se lance à la fin de 1941 dans une production à la fois plus personnelle et plus audacieuse : il réalise Saboteur (Cinquième colonne), qui rappelle The 39 Steps (Les Trente-Neuf Marches) et annonce déjà North by Northwest (La Mort aux trousses). Avec ses 49 décors et ses 1 200 figurants, ce nouveau film est tourné au moment de rentrée en guerre des Etats-Unis, dont il brosse un portrait à ce moment-clé de la Seconde Guerre mondiale.

I CONFESS (La Loi du silence) – Alfred Hitchcock (1953)

Alors qu’il est suspecté du meurtre de Vilette, le père Logan n’aurait qu’à parler pour se laver de tout soupçon et éviter la vindicte populaire. Mais un prêtre ne rompt pas le secret de la confession… En tournant I Confess (La Loi du silence), Hitchcock réalisait un projet qui lui tenait à cœur depuis des années. S’inspirant d’une pièce de Paul Anthelme, il transposa le thème qui lui était cher du transfert de culpabilité dans l’univers catholique de la ville de Québec. Le réalisateur tourna presque tout le film en extérieur, mêlant habilement un environnement réaliste et une image fortement teintée d’expressionnisme.

FRANÇOIS TRUFFAUT

Deux passions ont possédé François Truffaut : le cinéma et la vie. Deux passions qui ont nourri une œuvre tout en allégresse, mais aussi en gravité. Réalisateur très personnel, Truffaut a réussi le prodige rare de rassembler les suffrages des esthètes les plus exigeants et ceux du grand public. La dette du cinéma français à son égard est immense

ROPE (La Corde) – Alfred Hitchcock (1948)

Un soir d’été, dans leur appartement new-yorkais, deux riches étudiants étranglent un de leurs amis pour se donner des sensations et pour mettre en pratique la philosophie de leur ancien professeur. Rope (La Corde) représente une étape importante dans la carrière d’Alfred Hitchcock : c’est son premier film en couleur, le premier aussi qu’il maîtrise totalement, puisqu’il en est le producteur exécutif. Amateur de défis, il choisit de s’imposer des contraintes de réalisation qui l’obligèrent à des prouesses.

THE TROUBLE WITH HARRY (Mais qui a tué Harry ?) – Alfred Hitchcock (1955)

La découverte d’un cadavre près d’un village du Vermont ne trouble pas outre mesure ses habitants, qui continuent à déguster des cakes et à boire de la citronnade… La vie suit son cours, comme le cycle des saisons. Parenthèse dans la carrière d’Alfred Hitchcock, The Trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?) est un plaisir que le réalisateur s’accorde entre deux grands classiques, To Catch a Thief (La Main au collet) et The Man Who Knew Too Much (L’Homme qui en savait trop). Il est résolu à explorer plus profondément un thème qui lui est cher : l’humour décalé. Le rire de l’absurde trouve ici son expression parfaite et jette, a posteriori, une lumière nouvelle sur la filmographie d’Hitchcock.

LE FILM POLICIER AMÉRICAIN DES ANNÉES 1950

Héritiers des films de gangsters des années 30 et des films noirs des années 40, les thrillers des années 50 sont marqués par un réalisme impitoyable, notamment dans l’expression de la violence. A l’aube des années 50, le cinéma policier américain porte en lui un double héritage. La construction dramatique des films de gangsters des années 30, fondée sur le principe classique qui veut qu’au bouleversement d’un certain ordre des choses succède l’instauration d’un ordre plus juste et plus solide, reste la référence de nombreux scénaristes. Mais ces films, qui retraçaient selon ce schéma l’ascension et la chute d’un malfaiteur, continuent d’exercer leur influence dans leur manière de décrire l’univers criminel des grandes villes américaines, ainsi que dans leur façon de faire culminer l’action dans certains types de séquences : poursuites de voitures, fusillades.

ALFRED HITCHCOCK : Le temps de la perfection (période 1954 -1966)

En 1954, Hitchcock entre à la Paramount. Il y restera de longues années et en deviendra l’une des plus fortes valeurs commerciales. Il commence par l’adaptation d’une nouvelle de Corneil Woolrich (William Irish) : Rear window (Fenêtre sur cour). C’est l’histoire d’un reporter photographe qui a la jambe dans le plâtre. Il passe son temps à observer ses voisins. de l’autre côté de la cour. Il soupçonne l’un d’eux d’être un meurtrier. Aidé de son infirmière et de sa petite amie, il accumule les indices tendant à prouver la culpabilité de cet homme. L’assassin s’aperçoit du manège et traverse la rue pour défenestrer le journaliste qui sera sauvé par l’arrivée de la police.

REBECCA – Alfred Hitchcock (1940)

Une jeune femme sans fortune rencontre un riche aristocrate anglais, qui l’épouse. L’histoire tiendrait du conte de fées, si le souvenir de Rebecca, morte noyée dans des circonstances mystérieuses, ne planait… En 1939, sous la houlette du producteur David O. Selznick, Hitchcock débarqua aux États-Unis. Retrouvant l’atmosphère de la romancière Daphné Du Maurier, dont il venait d’adapter Jamaica Inn (L’Auberge de la Jamaïque), le réalisateur montra que les fantastiques moyens dont disposait Hollywood ne lui faisaient pas peur. II signa un nouveau chef-d’œuvre, inaugurant avec brio la grande série des thrillers psychologiques dont il est devenu le maître.

ALFRED HITCHCOCK : Expérimentations (période 1945-1954)

Rentré aux U.S.A. après avoir réalisé Bon voyage et Aventure malgache (courts métrages à la gloire de la résistance française réalisés en Angleterre), Hitchcock tourne une production de Selznick : Spellbound (La Maison du docteur Edwards). Cette fois, la chasse à l’homme et la formation d’un couple s’inscrivent dans une structure plus complexe. La psychanalyse règne sur l’œuvre. Le héros porte un secret : enfant, il a tué accidentellement son frère. Il raconte un rêve qui est la clef d’un autre secret. Lorsque ces deux secrets seront émergés dans le conscient, le couple pourra se former. Le rêve fut conçu en collaboration avec le peintre Salvador Dali. Hitchcock précisera : « Je voulais Dali à cause de l’aspect aigu de son architecture – Chirico est très semblable – les longues ombres, l’infini des distances, les lignes qui convergent dans les perspectives … Les visages sans formes». [Noël Simsolo – Anthologie du cinéma n°110 – Alfred Hitchcock – L’Avant-Scène (1982)]