ESTHER WILLIAMS : La sirène d’Hollywood

Lorsque en 1941, Esther Williams signa un contrat avec la MGM, personne n’imaginait alors qu’en l’espace de dix ans elle deviendrait la plus grande étoile de cette compagnie et que pendant deux années consécutives elle serait une des stars du box-office. Elle-même affirmait volontiers qu’elle était avant tout une nageuse avant d’être une actrice.

LOUIS JOUVET, une personnalité, trente-deux personnages

Il peut sembler paradoxal d’entreprendre une publication sur Louis Jouvet au cinéma. Il fut avant tout homme de théâtre, et cet engagement total de son intelligence, de son savoir, de toute sa personne parait exclure de sa part toute approche, même furtive, de cet art cinématographique qui, de son temps, était déjà « une écriture ». Pourtant, il a tourné trente-deux films… Mais lorsqu’il apparut pour la première fois au cinéma, il avait 46 ans (Topaze, première version, en 1933), c’est-à-dire à une époque où sa gloire de comédien et d’animateur dramatique était acquise et éclatante.  C’est donc un homme d’une maturité artistique accomplie, d’une notoriété et mondialement reconnue qui va débuter au cinéma, et dans un rôle consacré déjà par le succès, mais qu’il n’a jamais joué. Pourquoi un tel retard ? On est évidemment tenté de répondre qu’avant 1933 le cinéma présentait peu d’attrait pour un comédien aussi profondément enraciné que lui dans le théâtre. Le cinéma muet avait ses stars, étrangères pour la plupart à l’art dramatique, et dans les deux ou trois premières années de son existence le film parlant fit une large place à la comédie musicale, à l’opérette, à ces « movies show » style Broadway melody ou Our dancing daughters (Les Nouvelles vierges) qui déclenchèrent en Europe les Congrès s’amuse et les Chemin du paradis… Que serait donc allé faire dans ces délectables « friandises cinématographiques » le créateur de Siegfried, le continuateur, à la Comédie des Champs-Elysées, du Vieux-Colombier de Copeau ? Pourtant ce n’est peut-être pas par manque d’intérêt pour lui que Louis Jouvet se tint éloigné du cinéma jusqu’à 46 ans : c’est tout simplement parce que jusque-là il n’eut pas le temps de s’y intéresser…

BLANCHETTE BRUNOY

Avec Claudine à l’école, réalisé en 1937 par Serge de Poligny, Blanchette Brunoy devient rapidement l’une des jeunes premières les plus remarquées de l’écran. Un charmant sourire et un jeu naturel comme le sien n’ont-ils pas symbolisé la saine jeunesse de l’époque ? Après La Bête humaine (1938, Jean Renoir) elle se montre remarquable dans des films comme L’empreinte du Dieu (1940, Léonide Moguy), Goupi Mains Rouges (1943, Jacques Becker) aux côtés de Fernand Ledoux et de Robert Le Vigan, ou Le Café du cadran (1947, Jean Gehret, Henri Decoin).

MARILYN MONROE : LA STAR ET SES GOUROUS

Terriblement inquiète quant à ses capacités de comédienne, Marilyn s’est entourée tout au long de sa carrière de professeurs brillants, en qui elle aura tendance à chercher aussi des figures parentales. Pour le meilleur et pour le pire…

FRED ASTAIRE 

La longue carrière de Fred Astaire est désormais entrée dans la légende ; son exceptionnel génie de danseur ne l’a toutefois pas empêché d’être aussi un excellent acteur.

HARRY BAUR : DE SHAKESPEARE À SIMENON

Entre 1930 et 1940, Harry Baur fut sans doute, avec Raimu, le plus grand acteur du cinéma français. Avant le parlant, on ne le vit guère au cinéma. Par contre, il fut très vite, après ses débuts chez Antoine, une grande vedette des scènes parisiennes, où nombreuses furent ses créations mémorables.

LANA TURNER

Sept maris, un père bootlegger assassiné en pleine rue, un amant gangster poignardé par sa propre fille Cheryl : la vie de Lana Turner n’a pas été de tout repos ! Mais ce magnifique symbole du sex-appeal hollywoodien a su révéler une troublante sensibilité sous l’écorce soigneusement entretenue du glamour.

JEAN GABIN 

S’il est un acteur dont le nom est à jamais associé au cinéma de l’entre-deux-guerres, aux chefs-d’œuvre du réalisme poétique, c’est bien Jean Gabin. Après la guerre, il connait tout d’abord une période creuse en termes de succès, puis, à partir de 1954, il devient un « pacha » incarnant la plupart du temps des rôles de truands ou de policiers, toujours avec la même droiture jusqu’à la fin des années 1970. 

MARILYN MONROE : LA STAR ET L’ÉCRIVAIN

Plus encore que son mariage avec Joe Di Maggio, l’histoire d’amour entre Marilyn et Arthur Miller passionna les foules du monde entier. L’union de la star du glamour hollywoodien et de l’austère dramaturge new-yorkais avait tout d’un conte de fées moderne…

FRANK SINATRA

Frappé d’ostracisme par Hollywood et les sociétés de disques, abandonné même par ses agents, Sinatra, dans le début des années 50, faillit bien être mis aux oubliettes du monde du spectacle. Il ne fallut qu’un film, et un Oscar, pour le conduire au sommet de la gloire.  

AVA GARDNER de la réalité au mythe

Ava… Ce beau prénom, qu’un romancier cinéphile, Pierre-Jean Rémy, a donné comme titre à un livre où il reconnaissait, par mille ruses, l’avoir emprunté à la vedette de Pandora, ce prénom qui n’appartient qu’à elle semblait fait, depuis toujours, pour être celui d’une star, tout comme ceux de Greta, MarIene, Ingrid, Rita, Marilyn ou Audrey. Et de la star, Ava Gardner a, en effet, tous les attributs : beauté sans pareille, amours tapageuses et malheureuses et surtout l’aura magique, moitié physique, moitié morale qui constitue ce qu’on appelle, depuis Delluc, la photogénie, et dont s’alimentent les rêves bizarres des cinéphiles.

ELLES CRÈVENT L’ÉCRAN 

Après les vamps des années 30 et les beautés fatales des années 40, la décennie suivante voit le triomphe des actrices dotées de généreuses mensurations ; mais leur vogue sera, pour nombre d’entre elles, éphémère.

MIREILLE BALIN, ou vous avez aimé cette femme… (par Pierre Philippe)

Comment parler de ce visage, de ce corps ? les mots ne viennent pas, et s’ils viennent, on les refuse, d’instinct. Et si l’on va plus loin, si l’on pense qu’après tout, toute leçon est bonne à prendre, toute horreur porte sa part d’édification, on résiste à l’angoisse, on analyse. Qu’est-il arrivé à notre vamp frémissante, après que nous l’ayons laissée, ou détour de quelque film, assurément seule, parée de satin clair et de fourrure blanche ? Elle dit, la maladie, et il faut la croire. Mais la maladie ne détruit pas seule, de cette façon, un être humain « beau, riche, célèbre, heureux »…
Article rédigé par Pierre Philippe lors sa rencontre avec Mireille Balin en 1961, publié dans la revue Cinéma 61.