ELLES CRÈVENT L’ÉCRAN !
Après les vamps des années 1930 et les beautés fatales des années 1940, la décennie suivante voit le triomphe des actrices dotées de généreuses mensurations ; mais leur vogue sera, pour nombre d’entre elles, éphémère.
Après les vamps des années 1930 et les beautés fatales des années 1940, la décennie suivante voit le triomphe des actrices dotées de généreuses mensurations ; mais leur vogue sera, pour nombre d’entre elles, éphémère.
Comment parler de ce visage, de ce corps ? les mots ne viennent pas, et s’ils viennent, on les refuse, d’instinct. Et si l’on va plus loin, si l’on pense qu’après tout, toute leçon est bonne à prendre, toute horreur porte sa part d’édification, on résiste à l’angoisse, on analyse. Qu’est-il arrivé à notre vamp frémissante, après que nous l’ayons laissée, ou détour de quelque film, assurément seule, parée de satin clair et de fourrure blanche ? Elle dit, la maladie, et il faut la croire. Mais la maladie ne détruit pas seule, de cette façon, un être humain « beau, riche, célèbre, heureux »…
Mireille Balin fut l’une des étoiles les plus éclatantes de l’entre-deux-guerres, avant que la fatalité ne vienne briser son ascension. De mannequin à icône du grand écran, elle incarna tour à tour l’ingénue lumineuse et la femme fatale dont la beauté semblait porter en elle une menace. Révélée par Duvivier, magnifiée par Grémillon, elle grava dans la mémoire du cinéma des figures inoubliables, de Gaby à la mystérieuse Gueule d’amour. Mais la guerre, puis l’épuration, précipitèrent sa chute, la laissant seule, ruinée, vieillie avant l’heure. À sa mort, presque oubliée de tous, il ne resta que le silence et l’éclat persistant d’une trajectoire brisée.
En 1954, le héros de Touchez pas au grisbi fait la connaissance d’un jeune catcheur, sans savoir qu’il deviendra son « parrain de cinéma ». Partenaires dans six films, Jean Gabin et Lino Ventura connaîtront pendant vingt ans une amitié indéfectible.
En même temps que, grâce à l’assouplissement de la censure, déferlait sur les écrans la première vague, encore assez timide, d’érotisme, de scandale et de laisser-aller, en même temps que ce relâchement nouveau s’incarnait dans un certain nombre d’actrices provocantes, dont Marilyn Monroe fut le type achevé, et Jayne Mansfield la caricature, Hollywood sécrétait également leur parfait antidote sous les traits de Grace Kelly.
Ce n’est pas le moindre des paradoxes de l’Occupation à de nombreux jeunes acteurs de se révéler au public. La plupart rapidement au vedettariat au cours des années 1950, mais si on excepte quelques chefs-d’œuvre fulgurants, Ils seront souvent mal employés.
Jean, aidée par sa bonne nature et confiante en son succès retrouvé, tint tête facilement, cette fois, aux menaces des puritains et des ligues féminines. Elle se remaria avec Paul Bern, un homme très différent d’elle, aussi calme et renfermé qu’elle était expansive et débordante de vitalité. Mais le malheur semblait s’attacher aux pas de Jean : deux mois seulement après les noces, Bern se suicida.
Arletty demeure l’incarnation la plus vive de la Parisienne des faubourgs, mélange de gouaille, de grâce et d’insolence. Muse de Marcel Carné, elle a imposé une présence unique, capable de traverser les genres comme les époques. Des cabarets parisiens aux plateaux des chefs‑d’œuvre du réalisme poétique, son ascension raconte autant une époque qu’un tempérament. Avec Hôtel du Nord, Le Jour se lève et Les Enfants du paradis, elle a façonné une mythologie dont sa voix et son regard sont devenus les emblèmes. Mais derrière la légende, son destin heurté — éclat, scandale, renaissance — dessine le portrait d’une femme libre, restée fidèle à elle‑même jusqu’au bout.
En septembre 1935, Norma Jean entre donc au Los Angeles Orphans Home Society. Dans cette grande maison coloniale, la vie va s’écouler sans heurts, mais la fillette n’en souffre pas moins d’avoir été une nouvelle fois abandonnée, même si Grace tâche de l’emmener au cinéma le samedi. Quant à sa mère, Norma Jean n’a presque plus de contact avec elle : elle se console en montant le soir sur le toit de l’orphelinat, d’où l’on voit les studios de la RKO où avait travaillé Gladys.
De La Bandera au Clan des Siciliens, en passant par Le Jour se lève et Un singe en hiver, Jean Gabin a mené durant près de cinquante ans un parcours en tous points exemplaire. Retour sur l’étonnante carrière d’un artiste de légende.
Jeanne Moreau n’a jamais été une actrice comme les autres : trop libre, trop lucide, trop moderne pour se laisser enfermer dans un mythe. Du théâtre à la Nouvelle Vague, elle a imposé une présence singulière, faite d’intelligence, de désir et d’insolence tranquille. Du Grisbi à Jules et Jim en passant par l’Ascenseur pour l’échafaud, de Malle à Truffaut, elle a façonné une trajectoire qui a redéfini la figure de la comédienne française. Chanteuse, réalisatrice, muse des plus grands cinéastes, elle a traversé six décennies sans jamais se répéter.
Rita Hayworth fut une actrice magnifique, une vamp éblouissante, une pin-up d’anthologie, et pourtant la postérité ne lui rend pas justice. Elle l’associe avant tout à la séquence de Gilda (1946) où, vêtue d’une robe fourreau noire, elle joue avec les nerfs des hommes qui l’entourent et exécute une allégorie de striptease aussi torride que minimaliste, en ôtant simplement un gant. Mais ce personnage de sex-symbol castrateur, façonné par Harry Cohn, le patron de la Columbia, était à cent lieues de la véritable Rita Hayworth, comme le déclara Orson Welles : « Sa qualité essentielle était la douceur. On devinait en elle une richesse, une épaisseur qui la rendaient très intéressante, et que l’on trouve rarement chez une star de cinéma. »
Figure aristocratique et désenchantée, Maurice Ronet a été non seulement un comédien singulier et profond, mais aussi un metteur en scène dont le dernier film était un chef-d’œuvre.
Tous les films interprétés par Ray Milland ne méritent pas de passer à la postérité. Cet acteur d’origine britannique n’en a pas moins marqué Hollywood, qui sut lui faire confiance et lui permettre de réaliser son ambition : passer à la mise en scène. L’obtention d’un Oscar ne […]
Environ tous les dix ans, l’Amérique se toquait d’un nouveau tandem comique. A Abbott et Costello, les vedettes d’Universal, succédèrent, de 1946 à 1956, Jerry Lewis et Dean Martin, qui rapportèrent des sommes fabuleuses à la Paramount. A la radio, à la télévision, dans les boîtes de nuit et au cinéma, leur dynamisme et leurs bouffonneries déclenchaient des avalanches de rire, et, dans le monde entier, constituaient le divertissement n° 1 du samedi soir. Les seize films qu’ils firent ensemble avant de se séparer définitivement en 1956 leur apportèrent la consécration internationale.