Catégorie : Les Actrices et Acteurs

BLANCHETTE BRUNOY

À l’écart des femmes fatales des années 1930, Blanchette Brunoy s’impose par un naturel lumineux qui séduit aussi bien Renoir que Becker ou Cayatte. Révélée en 1937 par Claudine à l’école, elle devient l’une des jeunes premières les plus marquantes de sa génération. Ingénue sans mièvrerie, elle incarne une jeunesse franche, souvent prête au sacrifice, de La Bête humaine à Goupi mains rouges. Sa carrière traverse l’avant‑guerre, l’Occupation et l’après‑guerre avec une constance discrète mais solide. Le théâtre puis la télévision prolongent ensuite son parcours, avant un retour tardif au cinéma dans les années 1980.

LANA TURNER

À la fin des années 1930, la MGM façonne Lana Turner en icône moderne, star de films noirs et de mélodrames. Souvent vue comme un simple sex‑symbol, elle est pourtant reconnue par plusieurs grands réalisateurs, tandis que sa vie finit par rappeler les drames qu’elle jouait à l’écran.

JEAN GABIN 

S’il est un acteur dont le nom est à jamais associé au cinéma de l’entre-deux-guerres, aux chefs-d’œuvre du réalisme poétique, c’est bien Jean Gabin. Après la guerre, il connait tout d’abord une période creuse en termes de succès, puis, à partir de 1954, il devient un « pacha » incarnant la plupart du temps des rôles de truands ou de policiers, toujours avec la même droiture jusqu’à la fin des années 1970. 

FRANK SINATRA

Frappé d’ostracisme par Hollywood et les sociétés de disques, abandonné même par ses agents, Sinatra, dans le début des années 50, faillit bien être mis aux oubliettes du monde du spectacle. Il ne fallut qu’un film, et un Oscar, pour le conduire au sommet de la gloire.  

AVA GARDNER, DE LA RÉALITÉ AU MYTHE

Ava… Ce beau prénom, qu’un romancier cinéphile, Pierre-Jean Rémy, a donné comme titre à un livre où il reconnaissait, par mille ruses, l’avoir emprunté à la vedette de Pandora, ce prénom qui n’appartient qu’à elle semblait fait, depuis toujours, pour être celui d’une star, tout comme ceux de Greta, MarIene, Ingrid, Rita, Marilyn ou Audrey. Et de la star, Ava Gardner a, en effet, tous les attributs : beauté sans pareille, amours tapageuses et malheureuses et surtout l’aura magique, moitié physique, moitié morale qui constitue ce qu’on appelle, depuis Delluc, la photogénie, et dont s’alimentent les rêves bizarres des cinéphiles.

MIREILLE BALIN, OU VOUS AVEZ AIMÉ CETTE FEMME… (par Pierre Philippe)

Comment parler de ce visage, de ce corps ? les mots ne viennent pas, et s’ils viennent, on les refuse, d’instinct. Et si l’on va plus loin, si l’on pense qu’après tout, toute leçon est bonne à prendre, toute horreur porte sa part d’édification, on résiste à l’angoisse, on analyse. Qu’est-il arrivé à notre vamp frémissante, après que nous l’ayons laissée, ou détour de quelque film, assurément seule, parée de satin clair et de fourrure blanche ? Elle dit, la maladie, et il faut la croire. Mais la maladie ne détruit pas seule, de cette façon, un être humain « beau, riche, célèbre, heureux »…

MIREILLE BALIN

Mireille Balin fut l’une des étoiles les plus éclatantes de l’entre-deux-guerres, avant que la fatalité ne vienne briser son ascension. De mannequin à icône du grand écran, elle incarna tour à tour l’ingénue lumineuse et la femme fatale dont la beauté semblait porter en elle une menace. Révélée par Duvivier, magnifiée par Grémillon, elle grava dans la mémoire du cinéma des figures inoubliables, de Gaby à la mystérieuse Gueule d’amour. Mais la guerre, puis l’épuration, précipitèrent sa chute, la laissant seule, ruinée, vieillie avant l’heure. À sa mort, presque oubliée de tous, il ne resta que le silence et l’éclat persistant d’une trajectoire brisée.

LE DUO GABIN-VENTURA

En 1954, le héros de Touchez pas au grisbi fait la connaissance d’un jeune catcheur, sans savoir qu’il deviendra son « parrain de cinéma ». Partenaires dans six films, Jean Gabin et Lino Ventura connaîtront pendant vingt ans une amitié indéfectible.

GRACE KELLY OU L’ANTI-MARILYN 

En même temps que, grâce à l’assouplissement de la censure, déferlait sur les écrans la première vague, encore assez timide, d’érotisme, de scandale et de laisser-aller, en même temps que ce relâchement nouveau s’incarnait dans un certain nombre d’actrices provocantes, dont Marilyn Monroe fut le type achevé, et Jayne Mansfield la caricature, Hollywood sécrétait également leur parfait antidote sous les traits de Grace Kelly.