Archives d’Auteur

Mon Cinéma à Moi

Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

SPELLBOUND (La Maison du docteur Edwardes) – Alfred Hitchcock (1945)

En préparant Spellbound (La Maison du docteur Edwardes), Hitchcock était certain de deux choses : il voulait réaliser le premier film sur la psychanalyse, et il voulait travailler avec Ingrid Bergman. Du premier impératif naquit une œuvre mêlant avec brio conflit psychologique et intrigue policière, grâce notamment à la collaboration du peintre Salvador Dali. Du second jaillit une magnifique histoire d’amour galvanisée par l’attention toute particulière que le réalisateur portait à son actrice. Il en résulta une des plus grandes œuvres d’Hitchcock et un extraordinaire succès auprès du public comme de la critique.

LES ARTISANS DE LA NOUVELLE VAGUE

Après des années d’effort, demeurés à peu près vains depuis 1945, de jeunes réalisateurs français réussirent enfin à se faire remarquer en faisant irruption dans le monde cinématographique avec une énergie sans précédent. L’apparition soudaine en 1959 de la nouvelle vague mit le monde cinématographique en émoi. Ce fut une extraordinaire explosion d’activité créatrice : en dix-huit mois, une quarantaine de jeunes metteurs en scène accédèrent à la réalisation. On put même croire qu’une approche originale et des techniques nouvelles allaient révolutionner l’industrie du cinéma. Il s’agissait sinon d’un malentendu, du moins d’une exagération.

HOMMAGE À MARILYN MONROE

Le 06 août 1962, Marilyn Monroe disparaissait à l’âge de 36 ans. 60 ans après, la star fascine toujours et reste toujours une figure emblématique. Certains aspects indûment médiatisés de la vie Marilyn, tels que l’image de « blonde stupide » et le mystère entourant sa mort, ont souvent éclipsé d’autres aspects de l’héritage laissé. Elle est plus que jamais restée une icône. Durant tout le mois d’août, Mon cinéma à moi lui a rendu hommage à travers de nouvelles publications dont une sur son dernier long-métrage de John Huston sorti en 1961, The Misfits, que certains qualifient de film maudit, et une sur un film noir réalisé par Fritz Lang en 1952, Clash by night. Séance de rattrapage…

THE MISFITS (Les désaxés) – John Huston (1961)

Après son divorce, Roslyn rencontre Gay, un cow-boy désabusé qui lui propose de partir à la campagne. Une fois au vert, ils retrouvent Perce, un champion de rodéo aussi fêlé qu’eux. Roslyn comprend alors avec horreur que les hommes ne sont là que pour tuer des chevaux sauvages… Arthur Miller a composé la partition de cette tragédie pour son épouse, Marilyn Monroe, qu’il s’apprêtait à quitter. Autobiographie se confond ici avec autodafé. Alors que l’écrivain ne frémit plus devant sa femme mythique, il lui offre paradoxalement le plus beau rôle de sa vie.

CLASH BY NIGHT (Le Démon s’éveille la nuit) – Fritz Lang (1952)

Clash by night est un film au scénario sans prétention, mais la banale histoire du triangle amoureux est rehaussée par l’étude subtilement graduée des personnages complexes qui ne sont jamais manichéens. Barbara Stanwyck, dans le rôle de Mae, campe une femme libre au passé douteux, trompant son mari, mais douée d’une grande liberté d’imagination et capable de reconnaître les failles de son propre système.

ODD MAN OUT (Huit heures de sursis) – Carol Reed (1947)

Il ne faut manquer aucune occasion de (re)découvrir les films de Carol Reed, un cinéaste maintenu dans un oubli incompréhensible. Voici l’un des plus prenants et surprenants. Situé en Irlande à une époque volontairement imprécise, il commence sur les chapeaux de roues, en pleine réunion d’un groupe d’hommes préparant un coup pour « l’organisation ». Dans cette attaque d’une usine, dont les coffres sont vidés, le chef du groupe, Johnny, est blessé, et ses camarades s’enfuient sans lui. Une chasse à l’homme commence alors. Qui retrouvera Johnny, la police ou l’organisation ? Tout en menant un récit haletant, Carol Reed livre ainsi une fable politique sur l’engagement, la solidarité. Tourné juste après la guerre, le film évoque bien sûr la Résistance, mais aussi tous les combats pour la liberté. Dans sa dernière partie, il prend même des allures de conte de Noël, dans un décor de neige aussi poétique qu’émouvant.

KIND HEARTS AND CORONETS (Noblesse oblige) – Robert Hamer (1949)

Pour les spectateurs d’aujourd’hui, Kind Hearts and Coronets (Noblesse oblige) représente sans doute la quintessence de l’humour britannique et l’œuvre peut-être la plus représentative d’une époque où le cinéma anglais a brillé de tous ses feux. Quant aux réserves qu’ont pu émettre certains critiques, à propos de l’importance prépondérante des dialogues, elles nous paraissent aussi dénuées d’objet que la vieille querelle des théoriciens soucieux de trancher entre ce qui appartient à la littérature et ce qui est d’essence purement cinématographique.

ORSON WELLES

C’est grâce à quelques hommes comme Orson Welles que le cinématographe est resté un art, à une époque où il menaçait de n’être plus qu’une industrie. Souvent incomprise, parfois mutilée, son œuvre demeure aujourd’hui un exemple esthétique et moral pour les créateurs dignes de ce nom.

STAGE FRIGHT (Le Grand Alibi) – Alfred Hitchcock (1950)

Eve est prête à tout pour prouver l’innocence de son ami Jonathan, surtout s’il s’agit de jouer la comédie. N’est-elle pas actrice ? Mais elle n’est pas la seule et le monde ressemble à un grand théâtre… Après un mélodrame en costumes d’époque, Under Capricorn (Les Amants du Capricorne), Hitchcock revient en cette fin des années 1940 à ses amours de jeunesse. Sa nouvelle œuvre a pour cadre Londres et s’inscrit dans la droite ligne des grandes comédies de sa période anglaise. Au-delà de son caractère léger, Stage Fright (Le Grand Alibi) s’offre à nous comme une réflexion sur le théâtre, galvanisée par une distribution brillante, où le rire est rythmé par le suspense.

L’HOMME À L’IMPERMÉABLE – Julien Duvivier (1957)

Sorti avec succès sur les écrans français le 27 février 1957, L’Homme à l’imperméable a été réalisé par Julien Duvivier d’après le roman Tiger by the Tail, écrit par James Hadley Chase en 1954 et publié la même année dans la « Série Noire » sous le titre de Partie fine. Le roman se présente comme un thriller dans lequel l’existence d’un homme ordinaire, Ken Rolland, vire au cauchemar lorsqu’il décide de profiter de l’absence de sa femme pour satisfaire ses pulsions sexuelles en passant la nuit avec une prostituée, et que celle-ci est mystérieusement assassinée par un tiers en sa présence. Il est aussi, très explicitement, une satire grinçante de l’American way of life et de l’aliénation des hommes dans l’univers impersonnel des suburds l’action se déroule en Californie, dans une ville « aussi propre qu’une clinique ».