[50e anniversaire de la disparition de…] MIREILLE BALIN

Des éclats du firmament jusqu’au ruisseau de l’oubli, la vie de Mireille Balin s’inscrit dans une suite logique d’événements à laquelle il lui fut pourtant impossible d’échapper.

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MIREILLE BALIN

« Je ressemblais à une vitrine de bijoutier, mais je n’ai pas été heureuse. Je me faisais peur. Au fond, je n’étais pas faite pour cette vie-là. » Mireille Balin

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MIREILLE BALIN

Mireille Balin est une actrice française, née le 20 juillet 1909 à Monte-Carlo. Elle fait des études secondaires à Marseille, où sa famille s’est fixée, puis « monte » à Paris où elle devient modèle pour des photographies de mode et ensuite mannequin de Haute Couture. « Un jour, il faut gagner sa vie… Je savais quatre langues, j’ai pensé trouver une place de vendeuse. Mais (…) on m’a convaincue rapidement qu’avec la silhouette que j’avais, je gagnerais beaucoup plus comme mannequin… et puis j’ai posé pour des publicités, des machines à écrire, des bas (…) Je n’ai jamais pensé à faire du cinéma, qu’est-ce qu’on aurait dit à la maison ! »

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MIREILLE BALIN

C’est le réalisateur Maurice Cammage qui la « découvre » et lui fait tourner un petit rôle dans un film, en 1932 (Vive la classe !). Pabst, qui cherchait une Dulcinée pour son Don Quichotte, lui fait jouer ce rôle aux côtés du célèbre chanteur d’opéra Fedor Chaliapine (1933).

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MIREILLE BALIN

La jeune comédienne est lancée : elle a à peine plus de vingt ans et sa silhouette impeccable, son visage juvénile est mis au service de personnages de ravissantes ingénues dans quelques films oubliés. C’est Julien Duvivier qui va pressentir en elle un talent encore inexploité. Il lui propose d’abord le rôle d’Aïcha dans La Bandera (1935) ; mais Mireille tombe malade et Annabella la remplace. L’année suivante, Duvivier lui confie le soin d’incarner Gaby, la créature de rêve dont l’amour sera fatal à Pépé le Moko, la femme du monde pour laquelle Pépé le Moko (Jean Gabin) se suicide. (Dans le « remake » américain de ce film réalisé par John Cromwell, a peine deux ans plus tard, en 1938, le rôle de Gaby était tenu par Hedy Lamarr. La comparaison est nettement en faveur de l’actrice française. Le titre du film américain était Algiers, et le rôle de Pépé le Moko tenu par Charles Boyer). Après Pépé le Moko, c’est une autre grande réussite : Gueule d’amour, de Jean Grémillon (1937), où elle est encore la partenaire de Gabin. Dans ce film, elle est « l’instrument de l’inéluctable car de ce traits sans défauts sourd la mort, de ce visage acéré, de ces sourcils arqués, de ces paupières profondes, de cette bouche parfaite mais ironique, à la lisière du mépris, de ces mains fines aux phalanges démesurées. » (« Inoubliables ! » par R. Chirat et O. Barrot, Calmann-Levy, 1986)

 

Devenue une grande vedette, Mireille Balin est alors appelée à Hollywood… pour rien ! De retour en France, où elle se trouve cantonnée dans des rôles de femme fatale Macao, l’enfer du jeu, Menaces, Dernier atout. Mais, en même temps que ces films de qualité, elle ne cesse de tourner dans des productions moins flamboyantes, du genre Le Roman d’un Spahi (1936), ou Naples au baiser de feu (1937), qui la rendent très populaire mais étouffent – en la limitant aux rôles de « femme fatale » – son talent de comédienne.

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MIREILLE BALIN

« Les jeux sont faits, rien ne va plus, Balin aborde les emplois de femme fatale, et devient « celle par qui le scandale arrive »  Frank Bertrand « Mireille Balin, la star foudroyée »

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MIREILLE BALIN

Inoubliable star de l’entre-deux guerres et après avoir été la vedette d’une trentaine de films, Mireille Balin, subit, en 1945, les foudres des comités d’épuration pour avoir trop aimé un bel officier de la Wehrmacht. Malade, ruinée, prématurément vieillie, l’actrice fera une ultime apparition dans La Dernière chevauchée, de Léon Mathot en 1946 et, jusqu’à sa mort, elle mènera une vie solitaire, partagée entre l’errance et la réclusion, il ne lui restera plus rien de la grande fortune qui avait été la sienne au temps de sa splendeur.

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Mireille Balin et Tino Rossi

Mireille Balin est décédée le 9 novembre 1968, Pour ses adieux, il y avait peu de monde… Tino Rossi qui, avant de l’abandonner, avait partagé quelques années avec elle, s’était rendu à son enterrement en faisant une entrée spectaculaire accompagnée de photographes. Les anciens partenaires de la star, Gabin, Simon, Gravey, Romance…n’étaient pas présents. Carlos W l’impresario, auquel Balin avait rapporté des millions, devait être trop débordé pour sacrifier un moment à l’une de ses vedettes, et aucun metteur en scène, à l’exception de Jean Delannoy, n’est venu rendre un dernier hommage à Mireille Balin. Tous les employés  de La Roue Tourne, eux, étaient bien là ; c’était et c’est toujours une association crée par Paul Azaïs qui est chargée d’aider les artistes tombés dans l’oubli et dans le besoin.

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MIREILLE BALIN

« Finalement de tout mon beau passé, il ne me reste rien matériellement, mais il y a plus triste : il me reste rien, moralement, qui puisse avoir de l’importance tant dans ma vie privée, que ma vie professionnelle… » Mireille Balin

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Les extraits

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MIREILLE BALIN, ou vous avez aimé cette femme… (par Pierre Philippe)
Comment parler de ce visage, de ce corps ? les mots ne viennent pas, et s’ils viennent, on les refuse, d’instinct. Et si l’on va plus loin, si l’on pense qu’après tout, toute leçon est bonne à prendre, toute horreur porte sa part d’édification, on résiste à l’angoisse, on analyse. Qu’est-il arrivé à notre vamp frémissante, après que nous l’ayons laissée, ou détour de quelque film, assurément seule, parée de satin clair et de fourrure blanche ? Elle dit, la maladie, et il faut la croire. Mais la maladie ne détruit pas seule, de cette façon, un être humain « beau, riche, célèbre, heureux »…
Article rédigé par Pierre Philippe lors sa rencontre avec Mireille Balin en 1961, publié dans la revue Cinéma 61.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. princecranoir dit :

    Terrible destin que celui de Mireille Balin dont je garde un souvenir fort dans Pépé le Moko. Une carrière à revisiter donc, à la lumière de ces 2 biographies visiblement bien documentées. Merci du conseil.

    J'aime

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