JULES BERRY, L’ART DE L’EXCÈS MAÎTRISÉ
Lorsque Le Monde annonça en avril 1951 la mort de Jules Berry, il rappela qu’il avait été ce « joli garçon, Parisien par excellence, vaguement débauché, joueur dans l’âme », comme si cette formule suffisait à résumer une trajectoire faite d’éclats et de vertiges. Acteur de théâtre adulé, puis figure incontournable du cinéma des années 1930 et 1940, Berry a façonné une galerie de personnages où la duplicité, l’ironie et la grâce se mêlent avec une virtuosité unique. Du boulevard parisien aux studios de Carné, Renoir ou Siodmak, il a imposé une présence magnétique, portée par une voix et un style qui n’appartenaient qu’à lui. À travers ses rôles de crapules, de séducteurs ou de démons, c’est tout un pan du cinéma français qui continue de battre au rythme de son cœur fantasque.

