GENE TIERNEY, L’ART DE DEVENIR UNE IMAGE
Figure de lumière et d’ombre, Gene Tierney traverse l’histoire du cinéma comme une apparition dont la beauté semble toujours sur le point de basculer dans le mystère. Des plateaux de la Fox aux atmosphères stylisées de Lang, Sternberg, Preminger ou Mankiewicz, elle incarne tour à tour l’icône, la femme-énigme, la psyché fissurée que Hollywood magnifie autant qu’il redoute. Sa carrière, faite de métamorphoses, de rôles exotiques, de portraits fantasmés et de héroïnes dangereusement ambiguës, épouse les lignes de force du cinéma classique américain : l’âge d’or du Technicolor, la naissance du film noir, les fantômes du mélodrame. À travers elle, c’est tout un imaginaire qui se cristallise, celui d’une actrice dont la photogénie, presque surnaturelle, ne cessera de révéler ce que le cadre, la lumière et les récits hollywoodiens savent faire d’un visage.

