Cinquante ans après la disparition de Jean Gabin, il apparaît de plus en plus clairement que son œuvre ne se limite pas à une filmographie prestigieuse, mais qu’elle constitue une véritable charpente du cinéma français. Ce constat s’impose d’autant plus que, lorsqu’on revisite ses films, on voit se dessiner une continuité qui dépasse les périodes, les genres et les courants, comme si Gabin avait su, mieux que quiconque, traverser les mutations du cinéma tout en conservant une ligne intérieure qui, elle, ne s’est jamais déformée. Ainsi, pour comprendre ce qui demeure aujourd’hui, il faut revenir à l’entre-deux-guerres, moment où le cinéma français cherche sa voix et où Gabin devient, presque malgré lui, le point de convergence de forces esthétiques qui, jusque-là, coexistaient sans se rencontrer pleinement.

Car c’est bien dans les années 1930 que se forme l’acteur, celui qui, chez Duvivier, acquiert une densité morale, chez Carné une mélancolie atmosphérique, et chez Renoir une lucidité politique. Ces trois dimensions ne s’additionnent pas : elles se nourrissent, se répondent, se prolongent. Ainsi, la noblesse silencieuse de La Grande Illusion éclaire la noirceur de La Bête humaine, tandis que la fragilité de Gueule d’amour prépare la dureté de Pépé le Moko. À travers ces rôles, Gabin devient un acteur de tension, un homme dont le visage porte déjà le conflit, et dont la manière de ne jamais surligner l’émotion fonde une éthique du jeu qui, aujourd’hui encore, demeure l’une des plus modernes du cinéma français. Cette capacité à incarner un tragique débarrassé de ses ornements, à laisser la fatalité se déposer sur lui sans jamais la commenter, fait de Gabin un acteur profondément contemporain, même lorsqu’il joue dans des films qui appartiennent à une autre époque.

Lorsque la guerre éclate, cette tension intérieure trouve un prolongement dans le réel. L’engagement de Gabin dans les Forces françaises combattantes n’est pas un épisode périphérique : il constitue une fracture biographique qui, paradoxalement, renforce la continuité esthétique de son jeu. Car, lorsqu’il revient au cinéma, son regard a changé. Il est plus lourd, plus opaque, plus silencieux, et ce silence, loin d’être un retrait, devient une matière dramatique. La période creuse qui suit n’est pas un effacement : elle est un temps de recomposition, où le cinéma français se cherche et où Gabin doit trouver une nouvelle place. Il ne peut plus être le jeune homme tragique : il doit devenir autre chose, et c’est précisément cette nécessité qui ouvre la voie à la refondation de 1954.

Avec Touchez pas au grisbi, Gabin inaugure une seconde carrière qui n’est pas un prolongement, mais une transformation profonde. Il devient un acteur de verticalité, un homme qui impose sans démontrer, qui tranche sans s’expliquer, qui stabilise les films autour de lui. Le “pacha” n’est pas un surnom : c’est une posture, une manière d’habiter le cadre en occupant l’espace sans le conquérir. Son corps se fait massif, son visage se ferme, sa voix se creuse, et cette métamorphose, loin d’être un simple vieillissement, constitue une réorientation du jeu. Avec Audiard, il trouve une langue qui lui permet de consolider cette posture : les dialogues deviennent des structures morales, des instruments de pouvoir, des vecteurs de mélancolie. Dans Le Président, la parole devient une arme politique ; dans Un singe en hiver, elle devient une musique intérieure ; dans Le Clan des Siciliens, elle devient un outil de domination ; dans Le Chat, elle se réduit à l’essentiel, comme si Gabin atteignait enfin le point où le silence dit plus que les mots.

Ce qui frappe, lorsqu’on observe cette seconde carrière, c’est la manière dont Gabin parvient à vieillir à l’écran sans perdre son axe. Il ne cherche pas à conserver la jeunesse : il assume la gravité, et cette gravité devient une force. Peu d’acteurs populaires ont su vieillir ainsi, en transformant leur corps en matière dramatique plutôt qu’en signe de déclin. Cette capacité à vieillir, à se réinventer sans se renier, explique en grande partie la permanence de Gabin aujourd’hui. Car, si les chiffres, 161 millions de spectateurs après-guerre, disent l’ampleur du phénomène, ils ne disent pas l’essentiel : Gabin n’a jamais cherché la séduction. Sa popularité repose sur une droiture implicite, une manière de ne pas flatter le public, une façon d’incarner une France qui doute, qui souffre, qui avance, qui ne s’excuse pas d’être grave.

Cinquante ans après sa disparition, Jean Gabin n’est pas un monument figé : il est un mouvement. Un mouvement intérieur, un mouvement du regard, un mouvement du cinéma. Il a fixé quelque chose : une manière d’être filmé, une manière d’habiter le cadre, une manière de dire le monde sans le commenter. Et ce mouvement, lui, n’a jamais cessé, comme en témoigne la présence continue de ses films sur les chaînes de télévision, où ils reviennent régulièrement, non par nostalgie mais parce qu’ils demeurent vivants, lisibles, nécessaires. Gabin continue de tenir l’écran, de tenir debout, de tenir le cinéma, et tant que ses films circuleront ainsi, dans les salles, sur les plateformes, à la télévision, il restera ce qu’il a toujours été : une force qui traverse les époques sans jamais perdre son socle.


JEAN GABIN
S’il est un acteur dont le nom est à jamais associé au cinéma de l’entre-deux-guerres, aux chefs-d’œuvre du réalisme poétique, c’est bien Jean Gabin. Après la guerre, il connait tout d’abord une période creuse en termes de succès, puis, à partir de 1954, il devient un « pacha » incarnant la plupart du temps des rôles de truands ou de policiers, toujours avec la même droiture jusqu’à la fin des années 1970.

GOLGOTHA – Julien Duvivier (1935)
Gabin l’a souvent raconté : c’est avant tout parce que Julien Duvivier tenait absolument à le faire jouer dans Golgotha qu’il a fini par accepter un rôle pour lequel il ne s’estimait pas fait. Cela se passait en 1934, et c’était peut-être la première fois que l’amitié éprouvée pour un réalisateur pesait son poids dans une décision professionnelle – mais ça n’était assurément pas la dernière.

LA BANDERA – Julien Duvivier (1935)
Après avoir tué un homme, Pierre Gilieth s’enfuit et passe en Espagne, où il s’engage dans la Légion étrangère… (…) Dans le cinéma français d’alors, la mode était aux films de légionnaires, et Le Grand Jeu, de Jacques Feyder, avec Pierre Richard-Willm (1934), était déjà un classique. Celui-ci aurait d’ailleurs dû tenir le rôle de Gilieth. Il revint à Gabin.

LA BELLE ÉQUIPE – Julien Duvivier (1936)
Pour son allant, son utopie réalisée (même si elle ne dure que le temps d’une saison) et son vin gai, cette Belle Equipe procure une griserie intacte. Cinq camarades, des ouvriers au chômage et un réfugié espagnol, partagent un pactole gagné à la Loterie nationale pour rénover un lavoir en ruine au bord de la Marne et le transformer en guinguette.

LES BAS-FONDS – Jean Renoir (1936)
L’action des Bas-fonds se situe à la fois dans la Russie des tsars et la France du Front populaire. Renoir n’a pas cherché à tricher. Seuls les noms, les costumes et quelques anecdotes de scénario rappellent le pays de Gorki. Le « réalisme extérieur » ne compte pas. L’auteur du Crime de monsieur Lange parle de la France en 1936.

PÉPÉ LE MOKO – Julien Duvivier (1937)
Des ruelles, un dédale grouillant de vie, où Julien Duvivier filme des pieds, des pas, des ombres portées : la Casbah est un maquis imprenable par la police, où Pépé le Moko (« moco » : marin toulonnais en argot) a trouvé refuge. Ce malfrat au grand cœur (Gabin) s’y sent comme chez lui. Il y étouffe aussi. Quand ses rêves de liberté, sa nostalgie de Paname prennent les traits d’une demi-mondaine, Pépé, on le sait, est condamné…

LA GRANDE ILLUSION – Jean Renoir (1937)
« La Grande Illusion, écrivait François Truffaut, est construit sur l’idée que le monde se divise horizontalement, par affinités, et non verticalement, par frontières. » De là l’étrange relation du film au pacifisme : la guerre abat les frontières de classe. Il y a donc des guerres utiles, comme les guerres révolutionnaires, qui servent à abolir les privilèges et à faire avancer la société. En revanche, suggère Renoir, dès que les officiers, qui n’ont d’autre destin que de mourir aux combats, auront disparu, alors les guerres pourront être abolies : c’est le sens de la seconde partie, plus noire, qui culmine dans les scènes finales entre Jean Gabin et Dita Parlo, à la fois simples et émouvantes.

GUEULE D’AMOUR – Jean Grémillon (1937)
En attendant le feu vert pour L’Etrange Monsieur Victor, Jean Grémillon a eu le temps de réaliser Gueule d’amour, adapté par Charles Spaak d’un roman d’André Beucler. Nous sommes en 1937, et ce film qui devait être une parenthèse, une œuvre de circonstance, marquera au contraire un tournant dans la carrière du réalisateur : grâce au succès commercial qu’il obtient, il permet à Grémillon d’entamer la période la plus féconde de son œuvre et de produire régulièrement jusqu’en 1944, des films qui marquent une synthèse réussie entre ses exigences artistiques et les contraintes d’un cinéma populaire.

LE QUAI DES BRUMES – Marcel Carné (1938)
« T’as de beaux yeux, tu sais ! ». D’une simplicité presque banale, ces quelques mots suffisent pourtant à faire ressurgir tout un pan du cinéma français, et avec lui les figures qui l’ont bâti. À commencer par Jean Gabin, dont la célèbre phrase est devenue l’un des signes distinctifs. Les imitateurs du comédien l’ont d’ailleurs tellement galvaudée qu’en revoyant le film, on est presque surpris d’entendre Gabin la murmurer d’un ton si juste. Mais la réplique évoque évidemment aussi celle à qui s’adresse ce compliment, et dont le regard, dans la lumière irréelle du chef-opérateur Eugen Schufftan, brille de manière admirable.

LA BÊTE HUMAINE – Jean Renoir (1938)
Deux ans après leur première collaboration pour Les Bas-fonds, Gabin et Renoir se retrouvent pour porter à l’écran le roman d’Émile Zola. À la fois drame social et romance tragique, La Bête humaine s’avérera l’un des chefs-d’œuvre de l’immédiat avant-guerre.

LE JOUR SE LÈVE – Marcel Carné (1939)
Le Jour se lève raconte la destruction d’un homme, d’un homme simple pris au piège, humilié, condamné à mort par un salaud. Il fallait cette architecture rigoureuse, du coup de feu initial du meurtre au coup de feu final du suicide, pour que se mettent en place les mâchoires du piège qui broie François (Jean Gabin). On ne lui laisse pas une chance. Le combat est inégal, il n’y a pas de justice. Un pouvoir aveugle et brutal vient parachever ce que le cynisme de Valentin (Jules Berry) avait commencé : le peloton anonyme des gardes mobiles repousse les ouvriers solidaires et piétine la fragile Françoise (Jacqueline Laurent).

REMORQUES – Jean Grémillon (1941)
Marin dans l’âme, Grémillon chérissait la mer, qu’il avait déjà célébrée dans Gardiens de phare en 1928. Remorques, situé à la pointe de la Bretagne, du côté de Crozon, fut un film compliqué à faire : scénario remanié, tournage interrompu à cause de la guerre, etc. Il tangue un peu comme un rafiot. On y retrouve néanmoins ce lyrisme sobre qu’on aime tant. Au fond, Remorques est l’envers de Quai des brumes, auquel on pense forcément : point de « réalisme poétique » ici, plutôt une poésie réaliste, sans effets ni chichis.

THE IMPOSTOR (L’Imposteur) – Julien Duvivier (1944)
En 1943, la nouvelle se propage parmi les Français d’Hollywood : Gabin et Duvivier, le célèbre tandem de Pépé le Moko, tournent ensemble un film de propagande gaulliste. Une œuvre qui sera diversement appréciée des deux côtés de l’Atlantique.

LA MARIE DU PORT – Marcel Carné (1950)
Des retrouvailles entre Marcel Carné et Jean Gabin naît un film qui impose l’acteur dans un nouvel emploi et marque sa renaissance au cinéma français. L’association avec Prévert est terminée – même si le poète, sans être crédité au générique, signe encore quelques dialogues de haute volée. Carné adapte un beau « roman dur » de Simenon, tourné in situ, entre Port-en-Bessin et Cherbourg…

LA VERITÉ SUR BÉBÉ DONGE – Henri Decoin (1952)
Si le public de 1952 boude la sortie de La Vérité sur Bébé Donge, le film ne sombre pas pour autant dans l’oubli, et les générations suivantes répareront cette injustice en le considérant comme l’un des titres les plus marquants de la période. Même les pourfendeurs de la fameuse « qualité française », tant décriée par François Truffaut et ses amis des Cahiers du cinéma, se sentiront tenus de faire une exception dans la filmographie d’Henri Decoin pour La Vérité sur Bébé Donge.

TOUCHEZ PAS AU GRISBI – Jacques Becker (1954)
Classique par son sujet, le film tire son originalité et son phénoménal succès du regard qu’il porte sur ces truands sur le retour. Nulle glorification de la pègre ne vient occulter la brutalité d’hommes prêts à tout pour quelques kilos d’or. Délaissant l’action au profit de l’étude de caractère, Jacques Becker s’attarde sur leurs rapports conflictuels, sur l’amitié indéfectible entre Max et Riton. Et puis il y a la performance magistrale de Jean Gabin. Il faut le voir, la cinquantaine séduisante et désabusée, prisonnier d’un gigantesque marché de dupes, regarder brûler la voiture qui contient les lingots et quelques minutes plus tard apprendre, au restaurant, la mort de son ami.

L’AIR DE PARIS – Marcel Carné (1954)
A l’automne 1953, le nouveau film de Marcel Carné, Thérèse Raquin, reçoit un excellent accueil. C’est donc avec confiance que le réalisateur se lance avec le scénariste Jacques Viot dans un nouveau projet : l’histoire d’un entraîneur de boxe qui jette son dévolu sur un jeune ouvrier pour en faire son poulain. Carné est à l’époque un passionné de boxe.

FRENCH CANCAN – Jean Renoir (1954)
Le film dont Jean Gabin attaque le tournage à l’automne 1954 est, à plusieurs titres, placé sous le signe du renouveau. Tout d’abord parce qu’il s’agit de son tout premier film en couleurs. Ensuite, parce que l’aventure de French Cancan marque la fin d’une des bouderies les plus regrettables du cinéma français : en froid depuis la Seconde Guerre suite à des choix de vie divergents, Gabin et Jean Renoir trouvent dans ce projet le prétexte à des retrouvailles sans doute espérées de part et d’autre depuis longtemps.

RAZZIA SUR LA CHNOUF – Henri Decoin (1954)
Rebondissant sur le succès surprise de Touchez pas au grisbi, Gabin se lance en 1954 dans l’aventure de Razzia sur la chnouf. Un polar qui, grâce à l’habileté du cinéaste Henri Decoin, rejoindra tout naturellement la liste des grands films de l’acteur. Dans ce film, Gabin peaufinera le personnage qui dominera la seconde partie de sa carrière : le dur à cuire impitoyable mais réglo.

CHIENS PERDUS SANS COLLIER – Jean Delannoy (1955)
Chiens perdus sans collier fait partie d’une catégorie un peu à part dans la filmographie de Gabin, mais néanmoins importante : celle puisant dans un certain réalisme social. L’expression est à prendre au sens large, Gabin n’ayant pas réellement participé à des films « militants ».

GAS-OIL – Gilles Grangier (1955)
Gilles Grangier capture la France des années 1950, une époque de routes nationales et de vies dures. Jean Gabin incarne Jean Chape, un homme ordinaire dont la vie bascule après un accident. Gas-oil dépeint une France disparue, celle des relais routiers et des solidarités entre hommes. Grangier filme avec modestie, rendant le film puissant par sa simplicité. C’est moins un polar qu’un portrait d’un pays, d’un métier et d’un homme, avançant lentement mais sûrement, comme un camion sur une nationale.

VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS – Julien Duvivier (1956)
Dans Voici le temps des assassins, le personnage de Chatelin est l’occasion d’une grande composition pour Gabin, parfait en grand chef, permettant à Duvivier de donner à son film une épaisseur réaliste, dans laquelle il l’installe dès les scènes d’ouverture, où la caméra se déplace avec fluidité en accompagnant Gabin dans son travail (ouverture du restaurant, marché aux Halles, préparation des plats) tout en exposant les personnages et les situations.

LE SANG À LA TÊTE – Gilles Grangier (1956)
Drame conjugal sur fond de lutte des classes, le film de Gilles Grangier contribue au renouvellement du registre de Gabin, deux ans après le succès de Touchez pas au grisbi. Adapté du roman magistral de Georges Simenon « Le Fils Cardinaud », il livre un portrait sans concession d’une certaine bourgeoisie de province.

LA TRAVERSÉE DE PARIS – Claude Autant-Lara (1956)
En 1956, Claude Autant-Lara jette un pavé dans la mare avec une sombre comédie sur fond d’Occupation. L’occasion de diriger pour leur première rencontre deux monstres sacrés, Jean Gabin et Bourvil, qui vont s’en donner à cœur joie dans ce registre inédit.

CRIME ET CHÂTIMENT – Georges Lampin (1956)
Une fois n’est pas coutume, Gabin fait en 1956 une infidélité à son auteur de chevet, Georges Simenon, pour se plonger dans l’univers d’un des plus grands noms de la littérature russe, Fedor Dostoïevski. L’acteur avait déjà eu l’occasion de découvrir les tourments de « l’âme slave » en jouant vingt ans plus tôt dans Les Bas-fonds, film tiré par Jean Renoir d’une œuvre de Maxime Gorki.

LE CAS DU DOCTEUR LAURENT – Jean-Paul Le Chanois (1957)
Gabin en défenseur de l’accouchement sans douleur ? Dans la société française des années 1950, le pari de Jean-Paul le Chanois semble audacieux. Mais la qualité de la mise en scène, ajoutée à la stature de l’acteur, permettront au film de s’imposer avec évidence.

LE ROUGE EST MIS – Gilles Grangier (1957)
Sous la couverture du paisible garagiste Louis Bertain (Gabin) se cache « Louis le blond », roi du hold-up flanqué en permanence de Pépito le gitan, Raymond le matelot et Fredo le rabatteur. Un jour, ce dernier « lâche le morceau » à la police ce qui laisse planer le doute sur la trahison de Pierre, le frère du patron. Dès lors, tout s’emballe jusqu’au mortel affrontement avec Pépito. Comme au temps d’avant-guerre, Gabin meurt une fois encore une fois dans cette « série noire » au final tragique.

LES MISÉRABLES – Jean-Paul Le Channois (1958)
En 1957, Jean-Paul Le Chanois se voit confier les rênes de sa première superproduction. Une aubaine qu’il doit en partie à Jean Gabin, avec qui il a collaboré quelques mois plus tôt, et qui va lui permettre de signer l’une des plus grandes adaptations du célèbre roman. L’adaptation du chef-d’œuvre de Victor Hugo donne lieu à un tournage fleuve, au cours duquel Gabin a le plaisir de côtoyer des acteurs de la trempe de Bourvil, Danièle Delorme et Bernard Blier. Genèse d’un succès…

LE DÉSORDRE ET LA NUIT – Gilles Grangier (1958)
Sorti en mai 1958, ce film de Gilles Grangier met en scène un inspecteur de police qui, pour avoir du flair, n’en est pas moins très éloigné de la rigueur d’un Maigret. L’occasion pour Gabin d’une composition inédite, face à deux actrices d’exception. Tout est osé pour l’époque dans ce polar dur et tendre qui s’ouvre sur le visage en sueur d’un batteur de jazz noir dont le solo enflamme un cabaret du 8e arrondissement.

EN CAS DE MALHEUR – Claude Autant-Lara (1958)
Réunissant les noms de Gabin, Bardot, Feuillère et Autant-Lara, cette adaptation d’un roman de Simenon avait tout d’un succès annoncé. Le résultat sera à la hauteur des espérances, et le film figure aujourd’hui parmi les classiques du cinéma français.

LE BARON DE L’ÉCLUSE – Jean Delannoy (1960)
Jean Gabin, après avoir tourné avec des actrices renommées, rêve de collaborer avec Micheline Presle dans ce film proposé par Jean Delannoy. Ce film léger, adapté d’un roman de Simenon, reforme le trio gagnant du premier Maigret : Gabin, Delannoy et Audiard. Gabin doit changer de registre pour un rôle plus tendre et doux-amer. Gabin joue Jérôme-Napoléon Antoine, un baron désargenté et mythomane qui, après avoir gagné le yacht Antarès au jeu, décide de profiter de la vie. Coincé à une écluse champenoise avec la charmante Perle, il va découvrir le monde des mariniers.

LE CAVE SE REBIFFE – Gilles Grangier (1961)
En 1960, Jean Gabin est au sommet de sa popularité. C’est la star du cinéma français. Depuis Gas-oil (1955), Michel Audiard lui peaufine des dialogues gouleyants, truffés de répliques qui tuent, de saillies imparables : les interrogatoires serrés de l’inspecteur Maigret, les enguelades mythiques du Président, les invectives d’Archimède. Le Cave se rebiffe est leur douzième collaboration.

LE TONNERRE DE DIEU – Denys de La Patellière (1965)
Tournée en 1965, cette comédie amère marque les retrouvailles de Jean Gabin et du réalisateur Denys de La Patellière. L’occasion pour l’acteur de collaborer également avec deux jeunes vedettes en pleine ascension, Michèle Mercier et Robert Hossein.

DU RIFIFI À PANAME – Denys de La Patellière (1966)
Pour leur quatrième collaboration, Jean Gabin et le réalisateur Denys de La Patellière arrêtent le choix sur un roman d’Auguste Le Breton, matériau idéal pour un polar « de prestige ». Cosmopolite et brillant, le résultat fera partie des réussites du tandem.
- GABIN, 50 ANS APRÈS : L’HOMME QUI NE DISPARAÎT PAS
- CABARET – Bob Fosse (1972)
- GENE TIERNEY, L’ART DE DEVENIR UNE IMAGE
- LES BONNES CAUSES – Christian‑Jaque (1963)
- SYMPHONIE POUR UN MASSACRE – Jacques Deray (1963)
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Catégories :Les Actrices et Acteurs

