GEORGE CUKOR
On a toujours tendance en évoquant Cukor à ne se souvenir que des actrices qu’il a remarquablement « servies » en oubliant sa fabuleuse originalité.
Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.
On a toujours tendance en évoquant Cukor à ne se souvenir que des actrices qu’il a remarquablement « servies » en oubliant sa fabuleuse originalité.
Henri Decoin promenait un regard vif et intéressé sur les méthodes de travail américaines. Déjà, au temps de la U.F.A. et des studios de Neubabelsberg, il était séduit par cette organisation bien huilée du travail d’équipe qui aboutit à la perfection technique. Il s’ingénie à saisir également le tour de main, les secrets de fabrication, qui, assimilés, digérés, donnent aux films cette sensation euphorique de mécanique admirablement réglée, de fini, de poli. On pourra constater, dès son retour en France, qu’il saura appliquer intelligemment à la production française, le fruit de ses observations.
A la fin des années 1950, les films d’aventures ont cédé la place aux fastueuses superproductions historiques. Mais, dans les années 1960, c’est la violence qui va envahir westerns et films de guerre.
L’avocat Andrew Morton choisit de défendre l’affaire de Nick Romano, un jeune homme dérangé des quartiers pauvres sans doute car il s’en sent proche, ayant lui-même vécu là bas. Nick est accusé d’avoir tué un policier et son avocat est persuadé de son innocence. Knock on Any Door est le deuxième film de Nicholas Ray, sorti en 1949, le scénario est adapté du roman de Willard Motley.
Un ancien GI, travaillant comme détective privé à Singapour est engagé par la femme d’un ami pour enquêter sur son mari. Ce dernier est impliqué avec un groupe de trafiquants dans le kidnapping d’un physicien renommé. Film noir merveilleusement discret qui parodie tous les films d’espionnage et d’aventure à gros budget et rend un meilleur travail pour aller au fond des choses de ce genre.
Trois grands films avaient suffi à faire de James Dean l’interprète inspiré des angoisses et des inquiétudes de la jeunesse américaine. Guidé par un instinct tragique et capricieux, son talent n’a jamais été égalé. Sa mort brutale l’a fait entrer dans la mythologie du septième art.
Les cinéphiles n’ont pas oublié la créatrice de Laura et de Lucy Muir, « l’étrange fascination se dégageant de son visage, cette allure à la fois meurtrie et mystérieuse, déchirée et distante » ( Bertrand Tavernier). Au Panthéon du septième art, Gene Tierney a sa place inscrite et personne ne peut prétendre la lui disputer.
Ancien « mataf », comme il se définit lui-même dans son livre de souvenirs, le héros de L’Air de Paris fut l’acteur fétiche de Marcel Carné : de Juliette ou la clé des songes à La Merveilleuse visite, le cinéaste dirigera l’acteur dans onze de ses films.
Père comblé dans la vie, Jean Gabin ne tiendra que peu souvent ce rôle à l’écran, lui préférant des personnages plus romanesques de mauvais garçon ou de justicier. Et lorsqu’il le fera, ce sera souvent pour explorer des formes diverses de paternité.
Après un début de carrière triomphal, l’auteur de Quai des brumes connaît au sortir de la guerre une inexplicable traversée du désert. Il lui faudra attendre 1950 pour prouver qu’il est encore, et pour longtemps, l’un des meilleurs cinéastes français.
Dernier des sept films en couleurs photographiés par AIton et réalisés par Dwan pour le producteur Benedict Bogeaus, ce drame psychologique et policier est une fulgurante et lyrique composition qui permet au génial chef opérateur de Silver Lode et de Tennessee’s Partner de créer, grâce aux couleurs, un univers baroque fascinant. À ce titre, Slightly Searlet est certainement, avec Party Girl, Leave Her to Heaven et Niagara, le plus beau des « films noirs » en couleurs.
En 1981, mourait un vieux cinéaste américain, quasi-centenaire (il avait exactement quatre-vingt-seize ans) et à peu près oublié de tous : Allan Dwan. Sa carrière, une des plus fécondes et une des plus longues de l’histoire du cinéma américain, coïncidait avec l’histoire de Hollywood, et commençait même avant elle.
Première comédie en cinémascope de l’histoire du septième art, le film du roumain Jean Negulesco sera aussi un immense succès populaire. En grande partie grâce au talent conjugué de trois irrésistibles sirènes, atout majeur de cette délicieuse histoire de chasse aux maris.
Avant d’être une charge antinazie, ce chef-d’œuvre d’intelligence est une variation hilarante sur « Être ou ne pas être… ». Telle est la question dès le début, où Hitler se balade, seul, dans les rues de Varsovie en 1939, au milieu des passants ébahis. Hitler ? Non, un acteur de second plan qui teste la crédibilité de son personnage ! Dans ce Lubitsch, où une troupe de comédiens va aider un résistant à déjouer un plan des nazis, tout repose, plus que jamais, sur les apparences trompeuses.
C’est bien à tort que l’on a qualifié Robert Bresson de cinéaste abstrait. Sensible et même sensuel, son art vise au contraire à la présence et à l’incarnation. Par les seuls moyens du cinématographe.