Le Film étranger

CASABLANCA – Michael Curtiz (1942)

Il est une légende tenace parmi les cinéphiles, qui veut que chaque soir sans exception, il y ait au moins un cinéma, à Paris, à Londres ou à New York, qui affiche Casablanca. Légende certes, mais qui traduit bien l’engouement de générations successives de spectateurs. Incontestable chef-d’œuvre, Casablanca échappe à l’analyse, en recréant une sorte d’atmosphère magique, qui constitue pour le public l’essence même des grands genres hollywoodiens disparus : romantisme exotique et grouillement cosmopolite, onirisme typique du film noir, situations délirantes, personnages secondaires fortement typés et enfin un héros moderne, lucide et désenchanté. Toutes les conditions sont réunies pour créer une œuvre véritablement mythologique. Néanmoins le succès de Casablanca n’est pas purement nostalgique. Qu’il suffise de rappeler les trois Oscars obtenus en 1943 : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario !

Au début du tournage, cependant, chacun est sceptique. Pourtant les producteurs font confiance à Michael Curtiz, qui a déjà prouvé amplement son efficacité – surtout lorsqu’il disposait de moyens suffisants. A cinquante-quatre ans, cet émigré hongrois, né à Budapest la nuit de Noël 1888 a derrière lui une carrière bien remplie. Formé d’abord à l’Académie des beaux-arts et au Théâtre national de son pays natal, il s’est ensuite perfectionné pendant un an à la Nordisk, qui est alors le porte-drapeau du cinéma européen (il sera assistant de Stiller et de Sjöström). Il tournera ensuite en Hongrie et dans presque toute l’Europe avant de connaître la consécration hollywoodienne. Curtiz, qui tourne au moins trois films par an, a déjà signé quelques-uns des plus grands succès commerciaux des années 1930, comme Capitaine Blood ou Les Aventures de Robin des bois. S’il a déjà travaillé avec Bogart, il n’a jamais dirigé Ingrid Bergman, qui attend encore le rôle décisif qui la lancera aux États-Unis : ce sera Casablanca, bientôt suivi de For Whom the Bell Tolls (Pour qui sonne le glas, 1943).

Le scénario de Casablanca est inspiré d’une pièce de Murray Burnett et Joan Alison, « Everybody Comes to Rick’s », ce qui confère au film une certaine unité de temps et de lieu, chacun des personnages ayant déjà une longue histoire derrière lui.

Rick, incarné par Bogart, est le propriétaire du « café américain », à la fois night-club et tripot, où se retrouve, comme en terrain neutre, toute la société cosmopolite de la ville marocaine. Cet homme cynique et amer est un solitaire : « Une solitude fière, douloureuse, sombre et terriblement attirante. » Seul il le restera, sans vaines illusions, jusqu’à la mémorable scène finale, où les notes lancinantes de « As Time Goes By », qui l’accompagnent tout au long du film, se mêlent aux mesures de la « Marseillaise ». Bogart vient juste de faire ses adieux à Ingrid Bergman : « Là où je vais tu ne pourrais pas me suivre ; tu ne pourrais pas m’aider dans ce que j’ai à faire. Je n’aime guère à me poser en héros, mais tu dois bien comprendre que nos petits problèmes personnels ne pèsent pas lourd dans la balance au milieu de tout ce gâchis. » Il a enlevé sa veste blanche de smoking et a revêtu son légendaire imperméable fatigué. Son visage est redevenu impénétrable. Les temps seront durs pour les nazis.

Bogart est pour beaucoup dans la fascination exercée par CasabIanca. Fidèle à son image de « dur » et d’aventurier désabusé, il porte sur ses épaules le poids d’un passé mystérieux et trouble. Mais il est capable de sentiments derrière son masque impassible. Il affirme ne pas croire aux grandes causes, mais il acceptera de s’engager pour la seule femme qu’il ait jamais aimée, retournant ensuite à son destin de solitaire. Tous les éléments du mythe sont là.

Mais aucun des autres personnages n’est écrasé par Bogart. Ingrid Bergman, déchirée entre deux hommes, personnifie le charme nostalgique du bonheur perdu, tandis que Peter Lorre est une fois de plus excellent en escroc minable dépassé par les événements. Citons encore la musique, à laquelle Woody Allen rendra hommage dans Play it Again, Sam (Tombe les filles et tais-toi, Sam, 1972).

Casablanca était aussi une œuvre de circonstance. L’Amérique était entrée en guerre depuis un an et le film laisse transparaître une propagande insidieuse en faveur de l’interventionnisme politique et militaire. Bogart se montre d’abord sceptique et railleur vis-à-vis de tout engagement politique : la seule cause qu’il entend servir est la sienne, malgré Sydney Greenstreet qui lui affirme que « dans le monde d’aujourd’hui, l’isolationnisme n’est plus possible ». Mais l’amour lui rendra sa dignité, en l’amenant à choisir le « bon camp », Le cœur de l’Amérique bat à l’unisson et chacun rêve de faire la guerre à Casablanca. Comme on le voit il n’est pas besoin de batailles spectaculaires et d’assauts héroïques pour soutenir efficacement l’effort de guerre. Sentiments nobles, passions et intrigues, telle est la contribution de Casablanca, qui s’insère ainsi parfaitement dans la production de l’époque. Mais l’analyse historique ne saurait venir à bout de la magie de l’œuvre. Cette réussite sans précédent est-elle due uniquement au savoir-faire de Michael Curtiz ? Ou faut-il l’attribuer à un concours inouï de circonstances ?



L’histoire

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Casablanca se présente comme une véritable plaque tournante de l’espionnage. Strasser, un commandant allemand, arrive pour enquêter sur la disparition de deux de ses hommes avec l’aide du capitaine français Renault. La solution de l’énigme se trouve peut-être au Rick’s, un night-club qui sert de point de chute aux exilés à la recherche de laissez-passer pour Lisbonne. Rick , le propriétaire de la boîte, amer et désabusé, affecte un total détachement vis-à-vis de la situation internationale . C’est ainsi qu’il n’intervient pas pour sauver Ugarte, un pourvoyeur de papiers. Le minable escroc a réussi pourtant à lui remettre deux sauf-conduits destinés à un important chef de la Résistance. L’attitude de Rick changera avec l’arrivée d’Ilsa qu’il a aimée à Paris, avant la guerre. C’est à elle et à son mari que sont précisément destinés les passeports qu’il détient. Au nom de son ancien amour qu’évoque pour lui au piano son ami Sam, avec la mélodie « As Time Goes By », Rick accepte de favoriser la fuite du couple et renonce a retenir la jeune femme. Tandis qu’il assiste au décollage de l’avion qui l’emporte avec son mari, Rick, rejoint par le capitaine Renault qui vient de changer de camp, décide de se battre désormais aux côtés des AIliés.


Les extraits

MICHAEL CURTIZ
Vétéran du septième art, le Hongrois Michael Curtiz abordera avec succès les genres les plus divers au cours de sa prolifique carrière et s’affirmera comme l’un des maîtres du film d’action hollywoodien.


Comment terminer le film ?

Initialement, il était prévu que Rick Blaine abatte dans le dos le major Strasser, une solution qui déplaisait autant à Humphrey Bogart qu’à Conrad Veidt car elle ne convenait pas à la personnalité du héros. Ingrid Bergman raconte : « Nous devions tourner deux fins différentes parce que nous ne savions pas si je devais partir en avion avec mon mari ou rester avec Humphrey Bogart. Nous tournâmes d’abord la première. Je devais dire adieu à Humphrey Bogart et m’envoler avec Paul Henreid. Alors, si vous vous en souvenez, Claude Rains et Bogie s’enfoncent dans le brouillard, prononçant la fameuse phrase : « Louis, je crois que c’est le début d’une belle amitié. » Tout le monde a alors dit : « Parfait ! C ‘est cela ! C ‘est inutile de tourner l ‘autre fin. Celle-ci est exactement ce qu’il faut, une merveilleuse phrase de conclusion. » »

Humphrey Bogart, Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

Le tournage commence donc sans scénario définitif Howard Koch et les jumeaux Epstein revendiquent chacun de leur côté la paternité de la plus grande partie du scénario. Howard Koch écrit ainsi : « Nous avons dû admettre que notre collaboration ne produisait pas l’effet souhaité et que le temps pressait. C’était comme si nous construisions une maison en ayant des briques et des bois de charpente mais pas de plans, ni de dessins pour l’ensemble. » Koch se réjouit du départ des Epstein sur un autre projet. L’un de deux jumeaux peut ajouter : « J’ai toujours aime Howard. Je pense seulement que sa mémoire le trahit et qu’il prend ses désirs pour des réalités. » Howard Koch reconnaît avoir toujours avoir  voulu que, dans le film, Rick ne parte pas avec Ilsa. « Sans cela, affirmait-il, il n’y aurait pas eu de légende.»

Michael CurtizCASABLANCA – (1942)

C’est alors que deux autres scénaristes font leur apparition Lenore Coffee et surtout Casey Robinson. Ce dernier aurait été appelé pour calmer Bogart qui, semble-t-il, ne trouve pas que le film soit la grande histoire d’amour qu’il espère… Parallèlement, les jumeaux Epstein continuent à imaginer la meilleure fin possible. On leur doit celle que nous connaissons avec la mort de Strasser abattu par Rick, Renault demandant – comme toujours – d’« arrêter les suspects habituels », la phrase sur l’amitié de Rick et de Renault étant de Hal Wallis. Casey Robinson sera particulièrement furieux de ne pas être crédité au générique final du film. Seuls, en effet, les frères Epstein et Howard Koch y apparaissent.

Humphrey Bogart, Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

Le tournage commence enfin le 25 mai 1942 mais la bonne humeur ne règne pas. Hal Wallis constate : « Le 10 juillet, nous avions toujours affaire à un metteur en scène récalcitrant, à une distribution qui détestait en partie son dialogue, à des acteurs surpayés attendant sans rien faire et sans être sûrs qu’on aurait besoin d ‘eux et à une actrice qui rêvait d’être libre pour jouer dans Pour qui sonne le glas. Mike Curtiz et Bogey se disputaient si fréquemment que je devais venir sur le plateau pour arbitrer leurs querelles. » Le scénario n’étant pas définitif les acteurs reçoivent parfois le matin même le texte des dialogues qu’ils doivent interpréter dans la journée. Plus grave, il y a parfois des versions différentes de la même scène. Michael Curtiz et Howard Koch continuent à s’opposer, le cinéaste privilégiant l’aspect romanesque de l’histoire alors que le scénariste préfère au contraire son contexte politique.

Dooley Wilson Humphrey Bogart – CASABLANCA – (1942)

Le 3 août 1942, le tournage est enfin achevé. Il a duré cinquante-neuf jours, onze de plus que prévu. Le film a coûté 950 000 dollars, pour un devis prévisionnel de 878 000 dollars. Il en rapportera 3,5 millions… En moins de neuf mois à partir du moment où le lecteur du studio a fait son rapport, le studio a été capable d’avoir un scénario, une distribution, des techniciens et de tourner le film! Bel exemple de l’exceptionnelle efficacité hollywoodienne. De toutes les hésitations, erreurs et modifications qui ont pu se faire jour pendant la production, rien ne transparaît dans le film achevé, un évident chef-d’œuvre. Le service de presse de la Warner avait indiqué que trente-quatre nationalités différentes se trouvaient rassemblées sur le plateau de Casablanca et Michael Curtiz avait su administrer en main de maître cette véritable « tour de Babel ».

Humphrey Bogart, Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

Que Casablanca ait été le film préféré de John Fitzgerald Kennedy n’a rien d’étonnant. Comment oublier Humphrey Bogart voyant apparaître Ingrid Bergman, la lettre d’adieu mouillée par la pluie ou les larmes, Paul Henreld faisant jouer et chanter « La Marseillaise » face au « Die Wacht am Rhein » de Conrad Veidt et des Allemands, Claude Rains et ses « suspects habituels », et naturellement Dooley Wilson attaquant « As Time Goes By » ? Sans compter de superbes dialogues (…) Pourtant, comme le rappelait malicieusement le scénariste Julius Epstein : « Pour la Warner Bros, Casablanca n’est qu’un des cinquante films qu’elle produisait chaque année.» [Les Secrets d’Hollywood – Patrick Brion – Ed. La Librairie Vuibert (2013)]


Michael Curtiz – CASABLANCA – (1942)

Michael Curtiz a 54 ans. Sa carrière, commencée en Hongrie – il a été obligé de fuir le pays à l’arrivée de Bela Kun -, s’est poursuivie en Autriche, puis évidemment à Hollywood où il devient l’un des principaux cinéastes de la Warner Bros, accumulant les réussites. Passant avec la même habilité du drame social au western, du film d’époque au film de pirates, Curtiz a dirigé toutes les vedettes de la Warner Bros, Errol Flynn et Humphrey Bogart, Olivia de Havilland et Bette Davis, Paul Muni et Edward G. Robinson. Il est l’homme sur qui on peut compter. Jack Warner le sait. Curtiz est en plus Austro-Hongrois, parfaitement à l’aise, selon Hollywood, pour ce sujet qui mêle des héros de multiples nationalités.

Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

Il reste à engager les acteurs. Le service de presse annonce début janvier 1942 que Casablanca – le titre initial de Everybody Cornes to Rick’s a été abandonné – sera joué par Dennis Morgan, Ann Sheridan et Ronald Reagan dans le rôle de Victor Laszlo. Le personnage d ‘Ilsa n’étant plus une Américaine mais une Européenne, Ann Sheridan est vite oubliée au profit d’Hedy Lamarr qui avait été la vedette d’Algiers (Casbah), remake de Pépé le Moko de Julien Duvivier. D’Alger à Casablanca, il n’y a qu’un pas… Mais Louis B. Mayer refuse de prêter/louer Hedy Lamarr qui est sous contrat à la MGM, ce qui retarde le début du tournage. On parle alors de Michèle Morgan qui fait même un bout d’essai sous la direction de Michael Curtiz le 9 avril. Elle n’est pas retenue mais, deux ans plus tard, Michael Curtiz la dirige aux côtés d’Humphrey Bogart dans Passage to Marseille (Passage pour Marseille). On envisage aussi Tamara Toumanova dont Casey Robinson est tombé amoureux, jusqu’à ce que Wallis révèle que son choix est fait : Ingrid Bergman. « Je pensais qu’elle était la seule actrice possédant l’aura, la chaleur et la tendresse nécessaires pour le rôle. » Auréolée de ses succès suédois, notamment Intermezzo, Ingrid Bergman est devenue une actrice hollywoodienne depuis qu’elle a été l’héroïne aux côtés de Spencer Tracy et Lana Turner de Dr. Jekyll an Mr. Hyde sous la direction de Victor Fleming. Mais Ingrid Bergman est sous contrat avec David O. Selznick. Hal Wallis négocie alors non sans difficulté avec Selznick : « Sachant que je voulais Bergman et que j’avais besoin d’elle, Selznick m’évita et ne m’appela plus au téléphone. » Finalement, Wallis obtient Ingrid Bergman en échange d’Olivia de Havilland, prêtée à Selznick, qui la loue à la RKO. Les jumeaux Epstein ont servi d’intermédiaires.

Humphrey Bogart – CASABLANCA – (1942)

Hal B. Wallis a désormais sa vedette féminine ; mais qui jouera Rick Blaine face à elle ? Le charisme de Dennis Morgan, dont la principale qualité est d’être sous contrat à la Warner Bros, semble insuffisant ; il est donc éliminé. On parle alors de George Raft, lui aussi sous contrat et qui vient de refuser successivement High Sierra (La Grande Évasion) de Raoul Walsh et Le Faucon maltais de John Huston. Il décline le premier parce qu’il refusait de mourir et le second parce qu’il ne voulait pas jouer avec un cinéaste débutant tel que John Huston. Jack Warner, le patron de la Warner Bros, a une préférence pour George Raft même s’il estime que ce dernier a  tort de refuser sans cesse des rôles intéressants, ce qui fait diminuer sa notoriété. Hal B. Wallis est, de son côté, peu enthousiaste à l’idée d’un couple formé par Ingrid Bergman et George Raft. Il est donc ravi lorsque Raft commet une nouvelle erreur et refuse le rôle… Wallis préférait en effet Humphrey Bogart : « Je pensais que Bogey serait superbe en héros au grand cœur, cynique et las du monde, mais il était , irrité à l’idée de jouer encore un rôle refusé par George Raft. » Ce sera pourtant Bogart ! Michael Curtiz retrouve donc un acteur qu’il a déjà dirigé à plusieurs reprises, notamment , dans Black Fury, Angels with Dirty Faces et Virginia City.

Claude Rains, Paul Henreid, Humphrey Bogart, Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

Il faut encore choisir le reste de la distribution. Otto Preminger est un moment pressenti pour interpréter le rôle du major Strasser – en tant qu’acteur, il était spécialisé dans les rôles de nazis ! – mais il ne l’obtient pas et ce sera Conrad Veidt qui a déjà été opposé à Humphrey Bogart dans All Through the Night (Échec à la Gestapo) de Vincent Sherman. Peter Lorre, Claude Rains, ex-homme invisible et interprète du rôle du prince Jean dans Les Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz et William Keighley ; S. Z. Sakall, Sydney Greenstreet et Marcel Dalio complètent la distribution.

Marcel Dalio et Humphrey Bogart – CASABLANCA – (1942)

Et Victor Laszlo ? Ronald Reagan qui avait été envisagé pour le rôle est lieutenant de réserve dans la cavalerie. Il quitte Hollywood pour Fort Mason où l’appelle son devoir. Des noms circulent : Jean-Pierre Aumont, Herbert Marshall, Joseph Cotten, Ian Hunter, Philip Dorn et finalement Paul Henreid, à la mode depuis qu’il a allumé dans Now, Voyager (Une femme cherche son destin) une cigarette pour Bette Davis en même temps qu’une pour lui. Mais Paul Henreid est devenu très exigeant depuis cette soudaine notoriété et il refuse de n’être que le second rôle masculin après Humphrey Bogart ! « Non seulement c’est un horrible scénario, vraiment pourri, dit-il, mais en plus je ne veux pas être second après Humphrey Bogart. » Il finit pourtant par accepter, exigeant par contrat que le scénario qu’il a lu ne soit pas modifié et qu’à la fin son personnage parte bien avec celui d’Ingrid Bergman. Il est d’ailleurs à ce moment-là le seul à être convaincu par cette fin. Le rôle du pianiste noir est lui aussi l’objet de diverses hypothèses. Et si c’était une pianiste ? On évoque alors Lena Horne ou Ella Fitzgerald. Si c’est un homme, Dooley Wilson ou Clarence Muse. C’est le premier qui est choisi.

Dooley Wilson, Humphrey Bogart, Ingrid Bergman – CASABLANCA – (1942)

MILDRED PIERCE (Le Roman de Mildred Pierce) – Michael Curtiz (1945)
La triste intrigue de Mildred Pierce rappelle les nombreux films féminins produits pendant les années de guerre par Hollywood pour les mères et les épouses de soldats partis au combat. Joan Crawford, jusque-là quasiment inconnue, se mesure une nouvelle fois à des stars comme Bette Davis ou Olivia de Havilland, cette fois dans un mélodrame classique sur la mauvaise éducation et les hommes qu’il vaudrait mieux ne pas fréquenter. 

NIGHT AND DAY (Nuit et jour) – Michael Curtiz (1946)
Après Till the clouds roll by (La Pluie qui chante), film consacré à Jerome Kern, et Words and Music (Ma vie est une chanson), évocation du tandem formé par Rodgers et Hart, nous continuons notre exploration d’un genre très en vogue à Hollywood dans les années 40 et 50 : la « vraie fausse » biographie de compositeur. Cette fois, c’est le brillant Cole Porter qui est à l’honneur. 

THE UNSUSPECTED (Le Crime était presque parfait) – Michael Curtiz (1947)
Ne pas confondre avec le célèbre huis clos d’Alfred Hitchcock, réalisé sept ans plus tard. Ici, le concepteur du « crime presque parfait » n’est pas un ex-champion de tennis, mais un animateur de radio spécialisé dans les récits policiers — le cousin américain de Pierre Bellemare, qui, une fois le micro coupé, se transformerait en génie du mal.

WHITE CHRISTMAS (Noël blanc) – Michael Curtiz (1954)
L’automne 1954 a sans doute été une période difficile pour les responsables de la comédie musicale à la MGM. Non que leurs productions de l’année, comme Brigadoon ou Seven Brides for Seven Brothers (Les Sept Femmes de Barbe-Rousse), aient été des échecs. Mais tout d’un coup, deux concurrents semblent vouloir saper leur suprématie sur le genre musical. 



HUMPHREY BOGART : INSOLENT ET ROMANTIQUE
Humphrey Bogart naquit à New York le 25 janvier 1899. Son père, le docteur Belmont De Forest Bogart, était un des chirurgiens les plus renommés de la ville. Sa mère, Maud Humphrey, travaillait comme illustratrice pour des magazines. Après avoir fait ses études à la Trinity School, Bogart s’inscrit à la Philipps Academy d’Andover (Massachusetts) et prépare Yale. Expulsé pour mauvaise conduite, il s’engage en 1918 dans la marine, où il sert durant quelques mois. De retour à la vie civile, il entre au service du producteur de théâtre William A. Brady qui l’encourage à tenter une carrière d’acteur.




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