Née Frances Ethel Gumm le 10 juin 1922 dans une famille de vaudevillistes, Judy Garland monte très tôt sur scène avec ses sœurs dans le numéro des Gumm Sisters. Lorsqu’elle signe avec la M.G.M. en 1935, elle devient l’une des grandes voix du studio et débute au cinéma dans Every Sunday (1936). Les premiers films s’enchaînent, de Pigskin Parade à Broadway Melody of 1938, où elle impose déjà son timbre unique. Sa popularité explose grâce à sa série de films avec Mickey Rooney, puis surtout avec The Wizard of Oz (1939), où “Over the Rainbow” la fait entrer dans la légende. Elle confirme cette maturité émotionnelle dans Meet Me in St. Louis (1944), où sa voix révèle une profondeur nouvelle. Tout au long des années 1940, elle tourne plusieurs comédies musicales majeures : For Me and My Gal, The Harvey Girls, Easter Parade mais la pression du studio, les médicaments et l’épuisement fragilisent l’actrice.



Après un tournage difficile de Summer Stock (1950), elle quitte la M.G.M., même si elle y laisse l’un de ses numéros les plus célèbres, “Get Happy”. Grâce à Sidney Luft, elle renaît sur scène au Palladium de Londres et au Palace Theatre de New York, avant de revenir au cinéma dans A Star Is Born (1954), où elle incarne une femme vulnérable, proche de sa propre vérité. Plus rare à l’écran, elle brille encore dans Judgment at Nuremberg (1961), qui lui vaut une nomination à l’Oscar. Parallèlement, elle enregistre pour Decca puis Capitol, collabore avec Nelson Riddle et triomphe au Carnegie Hall en 1961, un concert devenu mythique. Elle anime ensuite The Judy Garland Show (1963-1964), avant de se consacrer presque exclusivement aux concerts. Minée par l’alcool, les médicaments et des difficultés personnelles, Judy Garland meurt à Londres le 22 juin 1969, à 47 ans. Elle laisse l’image d’une artiste bouleversante, dont la voix et la fragilité continuent de toucher des générations de spectateurs.

JUDY GARLAND
Judy Garland à l’instar d’un James Dean ou d’une Marilyn Monroe, est entrée trop tôt dans la légende du cinéma. Personnalité fragile et dépressive, elle n a pas pu surmonter les profondes crises qui entraînèrent sa fin prématurée. Par sa carrière exceptionnelle commencée dès sa plus tendre enfance aussi bien que par sa mort précoce, à quarante-sept ans à peine, Judy Garland est devenue un mythe du monde du spectacle.
Le Magicien d’Oz (The Wizard of Oz), Victor Fleming (1939)
Le rôle de Dorothy révèle la puissance émotionnelle de Judy Garland, immortalisée par Over the Rainbow, et fait d’elle l’icône absolue du musical hollywoodien.

THE WIZARD OF OZ (Le Magicien d’Oz) – Victor Fleming (1939)
Célèbre pour ses chansons, The Wizard of Oz (Le Magicien d’Oz) le fut aussi en son temps pour son budget inhabituel et son tournage mouvementé. La bande musicale, qui compte plusieurs chansons devenues très populaires, n’est pas en reste: elle a d’ailleurs valu au film deux Oscars – une troisième statuette étant attribuée à Judy Garland pour célébrer son statut de « révélation de l’année ». Car la jeune actrice révèle dans The Wizard of Oz un potentiel qui, comme on le sait, ne décevra pas ses fans de la première heure…
La Danseuse des Folies Ziegfeld (Ziegfeld Girl), Robert Z. Leonard (1941)
Judy Garland y incarne la jeune chanteuse sincère face aux mirages du spectacle, contrastant avec les figures plus glamour de Lana Turner et Hedy Lamarr.

ZIEGFELD GIRL (La Danseuse des Folies Ziegfeld) – Robert Z. Leonard (1941)
Ce n’est pas une comédie musicale au sens propre ; c’est un film d’amour(s) qui plante son décor dans l’univers étincelant mais impitoyable du music-hall. Trois grâces sont engagées comme girls par le tout-puissant imprésario Florenz Ziegfeld. Du jour au lendemain, ces étoiles (d’un jour ?) voient leur vie et leurs amours bouleversées par le mirage de la célébrité. Bien sûr, le film est ponctué de ballets, mais ce n’est pas ce que l’on retiendra : hormis les numéros chantés et dansés par Judy Garland, qui n’ont pas vieilli, les « pièces montées » de girls florales et satinées de Busby Berkeley ont un petit parfum suranné.
Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis), Vincente Minnelli (1944)
Un sommet de douceur et de mélancolie où Judy Garland, au cœur de la famille Smith, offre l’inoubliable Have Yourself a Merry Little Christmas.

MEET ME IN ST. LOUIS (Le Chant du Missouri) – Vincente Minnelli (1944)
En 1903, lu ville de Saint-Louis se prépare avec effervescence à l’Exposition Universelle qui doit célébrer le centenaire de la vente de la Louisiane aux États-Unis. La famille Smith attend elle aussi ce grand événement, même si certains de ses membres se passionnent pour d’autres questions. La jeune Esther s’inquiète notamment du fait que le prétendant de sa sœur aînée ne semble pas vouloir se déclarer… Premier des cinq films tournés par Vincente Minnelli avec Judy Garland, cette comédie musicale de 1944 est un hymne à l’amour et aux joies de la famille. Genèse d’un immense succès.
Ziegfeld Follies, Vincente Minnelli (1946)
Revue fastueuse où Judy Garland Garland apparaît dans un numéro satirique brillant, preuve de son sens du rythme comique autant que musical.

ZIEGFELD FOLLIES – Vincente Minnelli (1945)
Dans un paradis de coton et de marbre, Florenz Ziegfeld se remémore ses souvenirs terrestres. Il fut un très célèbre directeur de revue à Broadway. Un à un, ses numéros défilent dans sa mémoire. Ne vous laissez pas effrayer par les automates mal dégrossis qui ouvrent le film. Dans un Broadway cartonné façon école maternelle, Vincente Minnelli commence par évoquer la pré-histoire de la comédie musicale, avec toute sa mièvrerie archaïque.
Les Demoiselles Harvey (The Harvey Girls), George Sidney (1946)
Western musical lumineux où Judy Garland mène un groupe de serveuses intrépides, mêlant humour, romance et numéros entraînants.

THE HARVEY GIRLS (Les Demoiselles Harvey) – George Sidney (1946)
Lors de son voyage vers Sandrock, où elle doit épouser un beau jeune homme contacté par petite annonce, Susan Bradley sympathise avec un groupe de femmes qui se rendent elles aussi dans cette bourgade afin d’y travailler dans le nouveau restaurant Harvey. Mais arrivée à destination, Susan découvre que le « beau jeune homme » ne correspond pas du tout aux descriptions de ses lettres… Pur produit de la Freed Unit, le film de George Sidney offre à Judy Garland l’un de ses rôles les plus populaires. ainsi qu’un Oscar de la meilleure chanson. Genèse d’un western musical.
La Pluie qui chante (Till the Clouds Roll By), Richard Whorf (1946)
Biopic musical consacré à Jerome Kern, dans lequel Judy Garland illumine plusieurs séquences par sa présence et son phrasé unique.

TILL THE CLOUDS ROLL BY (La Pluie qui chante) – Richard Whorf (1946)
Le 27 décembre 1927, Jerome Kern assiste à la première de son spectacle Show Boat. À la fin de la représentation, qui s’avère un triomphe, le compositeur se fait conduire à une réception donnée en son honneur. Mais sur le chemin, il demande à son chauffeur de faire un détour pour revoir le quartier où, jeune homme, il est venu un jour frapper à une porte, le cœur battant… Véritable vitrine du savoir-faire de la MGM en matière de comédie musicale, ce film retrace de manière très libre la carrière de Jerome Kern.
Ma vie est une chanson (Words and Music), Norman Taurog (1948)
Film-hommage à Rodgers et Hart où Judy Garland apparaît dans un numéro musical marquant, témoin de son statut de star du studio.

WORDS AND MUSIC (Ma vie est une chanson) – Norman Taurog (1948)
En 1918, à l’université de Columbia, Richard Rodgers et Lorenz Hart, deux étudiants rêveurs, enthousiastes et passionnés de musique font connaissance. Ils s’associent pour écrire des spectacles musicaux joués par les étudiants, Rodgers écrivant les notes et Hart les paroles des chansons. Leurs productions font tant parler d’elles que, l’année suivante, ils parviennent à placer l’une de leurs chansons, Any Old Place With You, dans un spectacle de Broadway.
Le Pirate (The Pirate), Vincente Minnelli (1948)
Comédie musicale baroque et audacieuse où Judy Garland, face à Gene Kelly, explore un registre plus théâtral et sensuel.

THE PIRATE – Vincente Minnelli (1948)
Avant-garde ! A l’issue d’une projection de travail organisée le 29 août 1947 à la MGM, Cole Porter fait part de ses craintes au producteur Arthur Freed : selon lui, The Pirate risque fort de dérouter le public. Et de fait, malgré son affiche prestigieuse, la sortie de cette comédie musicale atypique va constituer un désastre financier, les recettes atteignant à peine la moitié du budget initial… D’où vient que ce film, aujourd’hui culte, n’a pas séduit en 1948 ?
Parade de printemps (Easter Parade), Charles Walters (1948)
Grand succès populaire où elle forme avec Fred Astaire un duo d’une élégance irrésistible, porté par des numéros impeccablement chorégraphiés.

EASTER PARADE (Parade de printemps) – Charles Walters (1948)
Le film de Charles Walters mérite bien son titre de Easter Parade (Parade de Printemps). Même s’il se situe dans le monde du spectacle, la vision qu’il en donne est bien différente de celle révélée par un autre film de Judy Garland, A Star is born . Certes, les protagonistes du film éprouvent quelques difficultés dans leur vie professionnelle et amoureuse, mais le ton de l’ensemble reste résolument léger.
La Jolie fermière (Summer Stock), Charles Walters (1950)
Dernier film pour la M.G.M., sauvé par l’énergie de Judy Garland et son numéro mythique Get Happy, éclat final avant la rupture avec le studio.

SUMMER STOCK (La Jolie fermière) – Charles Walters (1950)
Dernière comédie musicale de Judy Garland à la MGM, Summer stock séduit aujourd’hui encore par sa fraîcheur. Certes, le film souffre un peu d’un scénario relativement prévisible, et de seconds rôles aussi envahissants que décalés par rapport à ses deux grandes stars. Mais il y a, justement, ces deux grandes stars, réunies à l’écran pour la troisième et dernière fois…
Une Etoile est née (A Star Is Born), George Cukor (1954)
Son grand retour au cinéma : un rôle déchirant, miroir de sa propre vie, qui révèle toute la puissance dramatique de son jeu et de sa voix.

A STAR IS BORN (Une Etoile est née) – George Cukor – 1954
Avec son titre repris régulièrement par la presse pour saluer l’avènement de la moindre vedette, A Star is born (Une Etoile est née) fait assurément partie des films les plus importants de l’histoire du cinéma américain. Il fut pourtant boudé à sa sortie, souffrant avant tout d’un montage tronqué par les exécutifs de la Warner. Mais peut-être le sujet du film lui-même a-t-il rebuté les spectateurs, tant il jette sur les coulisses de l’usine à rêves un éclairage peu reluisant…


LA COMÉDIE MUSICALE
La comédie musicale a été longtemps l’un des genres privilégiés de la production hollywoodienne, et probablement le plus fascinant . Né dans les années 1930, en même temps que le cinéma parlant, elle témoigna à sa manière, en chansons, en claquettes et en paillettes, de la rénovation sociale et économique de l’Amérique. Mais c’est dix plus tard, à la Metro-Goldwyn-Mayer, que sous l’impulsion d’Arthur Freed la comédie musicale connut son véritable âge d’or, grâce à la rencontre de créateurs d’exception (Vincente Minnelli, Stanley Donen) et d’acteurs inoubliables (Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, Cyd Charisse, Debbie Reynolds). Par l’évocation de ces années éblouissantes à travers les films présentés, cette page permet de retrouver toute la magie et le glamour de la comédie musicale.

[mémoire vive] DE LA SWEATER GIRL À L’ICÔNE : LA TRAJECTOIRE FULGURANTE DE LANA TURNER
Icône absolue du glamour hollywoodien, Lana Turner incarne l’ascension fulgurante d’une jeune fille issue d’un milieu modeste devenue l’une des plus grandes stars de la MGM. Entre légende dorée des studios, rôles emblématiques dans les films noirs et mélodrames, et une vie personnelle marquée par les drames et le scandale, elle demeure une figure fascinante dont la destinée semble épouser les excès du cinéma qui l’a consacrée.
- [mémoire vive] JUDY GARLAND : LA VOIX QUI A FAÇONNÉ LA COMEDIE MUSICALE
- LE CINÉMA POPULAIRE DES ANNÉES 70
- ANATOMY OF A MURDER (Autopsie d’un meurtre) – Otto Preminger (1959)
- MARIUS – Marcel Pagnol (1931)
- DIX ANS DE CINÉMA, DIX ANS DE REGARDS, DIX ANS DE FIDÉLITÉ
En savoir plus sur mon cinéma à moi
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
Catégories :Les Actrices et Acteurs

