La Comédie musicale

THE PIRATE – Vincente Minnelli (1948)

Avant-garde ! A l’issue d’une projection de travail organisée le 29 août 1947 à la MGM, Cole Porter fait part de ses craintes au producteur Arthur Freed : selon lui, The Pirate risque fort de dérouter le public. Et de fait, malgré son affiche prestigieuse, la sortie de cette comédie musicale atypique va constituer un désastre financier, les recettes atteignant à peine la moitié du budget initial… D’où vient que ce film, aujourd’hui culte, n’a pas séduit en 1948 ? Il est certain que la manière dont The Pirate flirte sans cesse avec le second degré a de quoi surprendre à l’époque. Oscillant entre fable et farce, le film de Minnelli s’amuse avec les codes du genre, même si romance et musique sont évidemment au programme. Composées sur mesure par Porter, les chansons permettent notamment à Gene Kelly de prouver une nouvelle fois qu’il est aussi doué comme danseur que comme chorégraphe. Mais l’audace stylistique d’un numéro comme le « Pirate Ballet », fantasmagorie qui mêle à la parodie de films de pirates un soupçon d’érotisme, s’avère sans doute trop en avance sur son temps, la comédie musicale classique n’ayant pas encore été régénérée par des œuvres novatrices comme On the Town (Un Jour à New York, 1949) ou Singin’ in the Rain (Chantons sous la pluie, 1952) …

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

L’histoire : Au milieu du siècle dernier, une jeune fille, Manuela (Judy Garland), vit dans la ville de Calvados, près de la mer des Caraïbes, avec sa tante Inez (Gladys Cooper) et son oncle Capucho (Lester Allen). Elle est promise au maire de la ville, le richissime Don Pedro Vargas (Walter Slezak). Mais Manuela rêve d’aventures et du mythique Macoco, le Pirate. La troupe d’artistes ambulants de Serafin (Gene Kelly) arrive dans l’île, le jour où Manuela vient y chercher son trousseau. Ebloui par la jeune fille, Serafin l’invite à son spectacle. Grâce à l’hypnose, il la fait chanter, danser et proclamer sa passion pour Macoco. Le jour du mariage de Manuela, Serafin et sa troupe viennent à Calvados. Serafin déclare son amour à Manuela, ce qui déclenche la fureur de Don Pedro. Serafin découvre que Don Pedro n’est autre que Macoco, mais pour séduire la jeune fille, décide de se faire passer pour le pirate. Sous ce travestissement, il terrifie la population et exige qu’on lui remette Manuela en otage. Victime consentante, Manuela est furieuse quand Serafin lui avoue la vérité. Don Pedro fait arrêter Serafin et le condamne à la pendaison en présence du vice-roi. Pour exaucer ses dernières volontés, on accorde à Serafin une dernière représentation : il hypnotise Don Pedro mais le charme est rompu. Manuela, pour sauver Serafin, chante alors son amour pour Macoco et Don Pedro, complètement transporté, se trahit. Il dévoile sa véritable identité et son arrestation est immédiate. Manuela rejoint Serafin et ses comédiens.

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Dirigeant Yolanda and The Thief (Yolanda et le Voleur, 1945), Minnelli en avait fait, à sa façon, un monument suprêmement sophistiqué, baroque, élégant et charmant, à la gloire de Fred Astaire, une sorte d’aboutissement de la « manière » d’un personnage qu’il fera redescendre quelque peu sur terre, des années plus tard, avec The Band Wagon (Tous en scène). The Pirate fait également « éclater » Gene Kelly, mais dans un registre totalement différent. C’est le triomphe de l’exubérance, du dynamisme, du rythme, une succession de prouesses athlétiques mises au service d’une « commedia dell’arte » frénétique et hautement jubilatoire. The Pirate est le plus « haut en couleur » des grands « musicals » de Minnelli. Le sujet même du film avait de quoi séduire Minnelli. Rarement il disposera d’un argument qui lui convienne aussi parfaitement. Rarement il consacrera autant d’efforts et de soins à un film qu’il avait souhaité réaliser. Rarement il bénéficiera d’autant de liberté et de moyens. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

En novembre 1942, The Pirate triomphait à Broadway. S. N. Behrman avait adapté pour le couple vedette Alfred Lunt et Lynn Fontanne, une comédie du dramaturge allemand Ludwig Fulda, Der Seerauber. La Metro en avait acheté les droits, Joe Pasternak devait produire le film, Henry Koster le réaliser, et Joseph L. Mankiewicz, producteur-scénariste de la firme, en avait écrit le scénario pour Judy Garland. Ce premier projet n’aboutit pas. En 1944, le décorateur Lemuel Ayers, qui avait rejoint la « Freed Unit », et qui avait conçu les décors de la pièce, en reparla à Arthur Freed. Minnelli était enthousiaste. Gene Kelly venait de remporter un gros succès personnel dans Anchors Aweigh (Escale à Hollywood, 1947), et la Metro était heureuse de pouvoir l’utiliser à nouveau dans un film chantant et dansant ; Judy Garland. était une Manuela idéale. The Pirate sera donc un « musical », avec des chansons de Cole Porter. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Il n’est plus question du scénario de Mankiewicz. Anita Loos et Joseph Than, tous deux sous contrat à la Metro, sont chargés d’une nouvelle adaptation. Ils y passeront plus de sept mois. La censure pose un premier problème : « II fallait modifier l’essence même de l’intrigue, écrit Minnelli. A la scène, Manuela (telle que l’interprétait Lynn Fontanne), épouse de Don Pedro, le maire sans relief d’un village des Antilles, imagine avoir une liaison avec Estramundo, pirate d’une certaine renommée. Serafin, l’acteur interprété par Alfred Lunt, prend connaissance des fantasmes de Manuela et prétend être Estramundo pour la conquérir. Mais Don Pedro révèle sa véritable identité : il est le pirate Estramundo. Pourtant Manuela le quitte pour Serafin et sa troupe de théâtreux…

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

…Judy, plus jeune que Lynn Fontanne, devait donner une interprétation plus naïve de Manuela. Elle ne pouvait évidemment pas être l’épouse de Don Pedro, car sa fuite aurait été jugée inadmissible par les censeurs ! Je n’avais pas pensé, à l’origine, à Gene Kelly pour le rôle de Serafino. Fred Astaire, même s’il n’était pas encore dans une semi-retraite, était trop intériorisé pour interpréter ce pirate haut en couleur, combiné et pastiche – tel que Gene et moi l’avions conçu – des cascades de Douglas Fairbanks et du cabotinage de haute voltige de John Barrymore… » A la demande de Cole Porter Estramundo devient Macoco : « Cole avait un ami de ce nom-là, qu’il surnommait Mack The Black, et avait toujours souhaité lui dédicacer un couplet comique … «  

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

La première version du scénario ne satisfaisant personne, Gene Kelly devait mettre tout son talent à prouver sa totale incompétence en tant qu’acteur. « Toute la dynamique du spectacle s’en trouvait anéantie », rapporte Minnelli . De nouveaux scénaristes, Albert Hackett et sa femme, Frances Goodrich sont immédiatement engagés. Leur premier traitement « s’avéra solide, bien qu’encore dépourvu de l’exotisme assez délirant de l’adaptation scénique ». Dans une série de notes volumineuses, je leur suggérai alors de se référer au travail de Behrman, suggestions qui furent à la base d’un effort intensif de restructuration, que les Hackett accomplirent avec beaucoup de patience et d’humilité. » Exemples de ces « notes » : « Nous souhaitons montrer que Macoco le légendaire a saisi, pénétré l’imagination de Manuela et qu’il incarne la matérialisation de ses rêves le désir amoureux et l’héroïsme… La crédulité de l’histoire dépend de cette vision romanesque de Manuela …  » Quant à Serafin, « il est séduit par l’aura romantique de Manuela, mais s’étonne que la jeune femme résiste à sa réputation d’irrésistible charmeur, qu’elle s’empresse de lui dire qu’elle va épouser quelqu’un d’autre, bien que sous l’effet de l’hypnose, elle réponde à l’un de ses baisers d’une façon inoubliable … Son côté acteur est excité par la façon dont elle chante et danse avec lui au cours du spectacle. Ensemble, ils créent une sorte de sensation. Le public applaudit, les coffres s’emplissent… Il imagine qu’ils deviennent les Lunt et Fontanne des Caraïbes … «  Si nous avons cité aussi longuement Minnelli, c’est qu’il est rare qu’il soit aussi précis sur un de ses films, ce qui confirme son attachement tout particulier au Pirate

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Minnelli sait très bien où il veut aller : Une fantaisie, une fantasmagorie même, haute en couleur, théâtrale, flamboyante, plus tourbillonnante que la vie même » , ainsi définit-il sa conception première du film avant le tournage. Tout dépendra du traitement visuel. La Metro vit encore des jours fastes et ne lui refuse rien : The Pirate est peut-être le plus gros budget de la carrière de Minnelli. Son coût dépasse celui de Ziegfeld Follies, et très largement celui de An American in Paris ou de Gigi qui n’ont pourtant pas l’air pauvres. Il y entre plus de 550 000 dollars (de l’époque … ) de dépassements, dus en grande partie, il est vrai, aux absences répétées de Judy Garland. Mais quelques-uns des chiffres cités par Hugh Fordin laissent, une fois de plus, rêveurs : 3 462 dollars pour une des huit robes de Judy Garland, même si c’est une réplique fidèle d’un modèle de 1830, exécutée par la célèbre Karinska, collaboratrice de Picasso au temps de Diaghilev et des Ballets russes, cela témoigne d’une conception du cinéma définitivement disparue. Cela explique aussi pourquoi les « musicals » vont se raréfier pour devenir, petit à petit, des événements exceptionnels et un peu « monstrueux ». Une des grandes qualités du Pirate est de ne jamais donner cette impression de démesure dont souffrent les Sound of Music, Hair et même New York, New York. Et si désordre il y a (ou plutôt apparence de désordre), il est savamment organisé. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Le tournage commence le 17 février 1947. Le décor a été entièrement construit en studio, question de style : on ne quitte jamais ici l’univers du spectacle, d’une perpétuelle représentation qui exige une stylisation aussi poussée que possible. Il n’y a qu’un plan d’extérieur, dans The Pirate, un plan de mer, d’un bleu totalement immatériel, beaucoup plus irréaliste encore que le petit port des Caraïbes, ou le village de « Calvados », entièrement reconstitués sous la direction artistique, très compétente, de Jack Martin Smith, un des collaborateurs les plus réguliers et les plus précieux de Minnelli. Visuellement, le film sera une très grande réussite. Une partie du mérite en revient à son chef opérateur, Harry Stradling, que Minnelli citera toujours comme un des plus grands : « Ruttenberg mis à part, John Alton et Harry Stradling me semblent être les plus doués, chacun avec des qualités totalement opposées. Alton est très souple, il n’a pas de parti pris et est capable de modifier sa manière selon les indications du metteur en scène. Stradling, par contre, a des partis pris, mais il est génial : souvenez-vous de The Pirate. » La splendeur de la lumière et des couleurs du film lui doit beaucoup. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Le tournage fut très difficile. Judy Garland était certainement angoissée et fatiguée au moment de commencer un film particulièrement difficile pour elle : le personnage de Manuela est très différent (beaucoup plus sophistiqué et adulte) de ses rôles précédents ; elle est davantage, pourrait-on dire, une créature « minnellienne ». Minnelli avoue également que Judy devint jalouse de sa collaboration avec Gene Kelly : « Gene et moi, tout en réglant les séquences musicales avec le chorégraphe Robert Alton, étions parvenus à une étroite collaboration. C’était la première fois que je me découvrais une telle affinité avec un acteur : nos idées étaient parfaitement complémentaires, ce que Gene résumait ainsi : ‘Ma conception, mon approche des choses est moins ésotérique, plus viscérale … La tienne est évanescente, éthérée. »Judy Garland lui en veut de l’exclure de leurs discussions, de ne pas tenir compte d’elle, d’axer davantage le film sur le personnage de Serafino A voir le film, c’est en partie exact : les grands numéros reviennent à Kelly et, à l’exception de « Be a Clown », Judy n’a pas l’occasion de danser. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Le 14 août 1947, The Pirate est en principe terminé, mais en principe seulement. Un des numéros de Judy, « Voodoo », est éliminé pour de mystérieuses raisons et à la demande de Louis B. Mayer, qui le jugeait, paraît-il, trop érotique. Minnelli doit retourner une des séquences les plus importantes du film, « The Pirate Ballet », Judy Garland, enregistrer également une nouvelle version de « Mack The Black ». Ce n’est que le 19 décembre que tout est finalement « en boîte ». Chacun garde le souvenir d’un travail difficile, et éprouvant. The Pirate sera le dernier film de Minnelli avec Judy Garland. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Le film se ressent de ces problèmes. Judy Garland y semble par moments un peu crispée, elle n’a plus tout à fait la merveilleuse spontanéité de Meet Me in Saint-Louis ou The Clock ; Minnelli joue une autre carte, celle du baroque échevelé, où elle se sent moins à l’aise, moins en confiance. Ce qui explique peut-être aussi, en partie, l’échec financier du film. « Nous avions vingt ans d’avance, disent Minnelli, Freed et Kelly, le public n’était pas encore prêt à accepter cette image nouvelle de l’adolescente qu’il avait adorée et cette forme de spectacle totale. » 

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

En effet, si Yolanda était, quoi qu’en dise Minnelli, délicieusement « rétro », The Pirate surprend aujourd’hui par sa modernité. Le film entier est un prodigieux jeu de miroirs, un rebondissement perpétuel, auquel le sujet même se prête exemplairement. L’Art, Minnelli le répète de film en film, plus ou moins gravement, mais ici plus clairement que jamais, est la plus haute forme du rêve. Manuela rêve d’exotisme et de poésie. Son rêve prend les traits d’un pirate de légende, Macoco. Qu’un comédien, un bateleur, s’empare de ce rêve pour séduire Manuela, rien de plus naturel. Son jeu est la pure mise en scène (c’est pourquoi Minnelli tenait tant à ce que les scénaristes respectent le point de départ original). Serafin détient la clé qui permet de passer, à volonté, du monde imaginaire dont rêve Manuela au monde réel, le spectacle, qui bouleverse et réconcilie les formes du décor pour y substituer celles de l’artifice. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)

Il ne s’agit plus seulement d’interroger, comme la Camilla du Carrosse d’or de Jean Renoir, auquel la critique a inévitablement fait référence: « Où finit le théâtre, où commence la vie « , mais de proclamer haut et fort, en chantant, en dansant et en jouant la comédie : « Le monde entier est une scène ; hommes et femmes, tous, n’y sont qu’acteurs. » C’est la leçon des comédies de Shakespeare, ce sera aussi celle de The Band Wagon : « The world is a stage, the stage is a world of entertainment ! » (le monde est une scène, la scène est un monde de spectacle!). The Pirate est le triomphe du spectacle, le triomphe de la mise en scène. Serafin joue pour séduire Manuela, pour la faire entrer dans sa vie. A la fin du film, il joue à nouveau, mais, cette fois, pour sauver sa vie. Ce n’est qu’en forçant Don Pedro à entrer dans son jeu, dans l’univers du théâtre, qu’il pourra lui faire avouer sa vérité ; ce n’est qu’en jouant, à son tour, la comédie, que Manuela sauve Serafino La conclusion est inévitable et parfaitement heureuse, au risque de contredire Jean Douchet qui veut que les films de Minnelli aient tous une fin pessimiste : Manuela rejoint Serafin sur scène comme dans la vie, dans l’éblouissement des couleurs, dans le pur plaisir du chant et de la danse : « Be a clown, be a clown, all the world loves the clowns. » Il ne reste plus qu’à éclater de rire, et à saluer. [Minnelli « De Broadway à Hollywood » – Patrick Brion, Dominique Rabourdin, Thierry de Navacelle – ED.  5 continents Hatier (1985)]

THE PIRATE (Vincente Minnelli, 1948)
Programme musical
Nina
Written by Cole Porter
Performed by Gene Kelly
Mack the Black
Written by Cole Porter
Sung by Judy Garland
Danced by Gene Kelly
Be a Clown
Written by Cole Porter
Sung by Gene Kelly
Danced by Gene Kelly and The Nicholas Brothers
Also performed by Gene Kelly and Judy Garland
Love of My Life
Written by Cole Porter
Performed by Judy Garland
Pirate Ballet
Written by Cole Porter, Roger Edens and Conrad Salinger

JUDY GARLAND
Judy Garland à l’instar d’un James Dean ou d’une Marilyn Monroe, est entrée trop tôt dans la légende du cinéma. Personnalité fragile et dépressive, elle n a pas pu surmonter les profondes crises qui entraînèrent sa fin prématurée. Par sa carrière exceptionnelle commencée dès sa plus tendre enfance aussi bien que par sa mort précoce, à quarante-sept ans à peine, Judy Garland est devenue un mythe du monde du spectacle. Perfectionniste et tourmentée, elle fut la victime de son propre succès, payant de sa santé et, pour finir, de sa vie l’adulation qu’elle suscita. Sans la moindre pitié. elle fut, toute sa vie durant, jetée en pâture au public avide de tout savoir sur elle.

VINCENTE MINNELLI
Véritable magicien du cinéma, Vincente Minnelli a porté la comédie musicale à son point de perfection, ce qui ne doit pas faire oublier qu’il est l’auteur de quelques chefs-d’œuvre du mélodrame.


THE WIZARD OF OZ (Le Magicien d’Oz) – Victor Fleming (1939)
Célèbre pour ses chansons, The Wizard of Oz (Le Magicien d’Oz)  le fut aussi en son temps pour son budget inhabituel et son tournage mouvementé. La bande musicale, qui compte plusieurs chansons devenues très populaires, n’est pas en reste: elle a d’ailleurs valu au film deux Oscars – une troisième statuette étant attribuée à Judy Garland pour célébrer son statut de « révélation de l’année ». Car la jeune actrice révèle dans The Wizard of Oz un potentiel qui, comme on le sait, ne décevra pas ses fans de la première heure…

MEET ME IN ST. LOUIS (Le Chant du Missouri) – Vincente Minnelli (1944)
En 1903, lu ville de Saint-Louis se prépare avec effervescence à l’Exposition Universelle qui doit célébrer le centenaire de la vente de la Louisiane aux États-Unis. La famille Smith attend elle aussi ce grand événement, même si certains de ses membres se passionnent pour d’autres questions. La jeune Esther s’inquiète notamment du fait que le prétendant de sa sœur aînée ne semble pas vouloir se déclarer… Premier des cinq films tournés par Vincente Minnelli avec Judy Garland, cette comédie musicale de 1944 est un hymne à l’amour et aux joies de la famille. Genèse d’un immense succès.

THE HARVEY GIRLS (Les Demoiselles Harvey) – George Sidney (1946)
Lors de son voyage vers Sandrock, où elle doit épouser un beau jeune homme contacté par petite annonce, Susan Bradley sympathise avec un groupe de femmes qui se rendent elles aussi dans cette bourgade afin d’y travailler dans le nouveau restaurant Harvey. Mais arrivée à destination, Susan découvre que le « beau jeune homme » ne correspond pas du tout aux descriptions de ses lettres…  Pur produit de la Freed Unit, le film de George Sidney offre à Judy Garland  l’un de ses rôles les plus populaires. ainsi qu’un Oscar de la meilleure chanson. Genèse d’un western musical.

ZIEGFELD FOLLIES – Vincente Minnelli (1945)
Dans un paradis de coton et de marbre, Florenz Ziegfeld se remémore ses souvenirs terrestres. Il fut un très célèbre directeur de revue à Broadway. Un à un, ses numéros défilent dans sa mémoire. Ne vous laissez pas effrayer par les automates mal dégrossis qui ouvrent le film. Dans un Broadway cartonné façon école maternelle, Vincente Minnelli commence par évoquer la pré-histoire de la comédie musicale, avec toute sa mièvrerie archaïque.

TILL THE CLOUDS ROLL BY (La Pluie qui chante) – Richard Whorf (1946)
Le 27 décembre 1927, Jerome Kern assiste à la première de son spectacle Show Boat. À la fin de la représentation, qui s’avère un triomphe, le compositeur se fait conduire à une réception donnée en son honneur. Mais sur le chemin, il demande à son chauffeur de faire un détour pour revoir le quartier où, jeune homme, il est venu un jour frapper à une porte, le cœur battant… Véritable vitrine du savoir-faire de la MGM en matière de comédie musicale, ce film retrace de manière très libre la carrière de Jerome Kern. Retour sur l’un des grands succès de 1946.

EASTER PARADE (Parade de printemps) – Charles Walters (1948)
Le film de Charles Walters mérite bien son titre de Easter Parade (Parade de Printemps). Même s’il se situe dans le monde du spectacle, la vision qu’il en donne est bien différente de celle révélée par un autre film de Judy GarlandA Star is born (Une Etoile est née). Certes, les protagonistes du film éprouvent quelques difficultés dans leur vie professionnelle et amoureuse, mais le ton de l’ensemble reste résolument léger. Comme dans beaucoup de comédies musicales, les coulisses de Broadway sont ici prétextes à introduire de nombreux numéros, et de ce point de vue, le spectateur est servi : Fred Astaire interprète déjà deux chansons avant de prononcer les premières répliques du film !

WORDS AND MUSIC (Ma vie est une chanson) – Norman Taurog (1948)
En 1918, à l’université de Columbia, Richard Rodgers et Lorenz Hart, deux étudiants rêveurs, enthousiastes et passionnés de musique font connaissance. Ils s’associent pour écrire des spectacles musicaux joués par les étudiants, Rodgers écrivant les notes et Hart les paroles des chansons. Leurs productions font tant parler d’elles que, l’année suivante, ils parviennent à placer l’une de leurs chansons, Any Old Place With You, dans un spectacle de Broadway. 

A STAR IS BORN (Une Etoile est née) – George Cukor – 1954
Avec son titre repris régulièrement par la presse pour saluer l’avènement de la moindre vedette, A Star is born (Une Etoile est née) fait assurément partie des films les plus importants de l’histoire du cinéma américain. Il fut pourtant boudé à sa sortie, souffrant avant tout d’un montage tronqué par les exécutifs de la Warner, qui voulaient réduire la dimension psychologique du film et y injecter plus de grand spectacle (la version que nous connaissons aujourd’hui a rétabli, tant bien que mal, ces passages, dont on peut imaginer à quel point ils manquaient à l’époque). Mais peut-être le sujet du film lui-même a-t-il rebuté les spectateurs, tant il jette sur les coulisses de l’usine à rêves un éclairage peu reluisant…

SUMMER STOCK – Charles Walters (1950)
Dernière comédie musicale de Judy Garland à la MGM, Summer stock séduit aujourd’hui encore par sa fraîcheur. Certes, le film souffre un peu d’un scénario relativement prévisible, et de seconds rôles aussi envahissants que décalés par rapport à ses deux grandes stars. Mais il y a, justement, ces deux grandes stars, réunies à l’écran pour la troisième et dernière fois…


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