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Mon Cinéma à Moi

Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

FRITZ LANG À HOLLYWOOD

Fritz Lang de studio en studio cherche ses nouveaux Mabuse dans la réalité sociale de l’Amérique. « A revoir l’œuvre de Lang, on est frappé par ce qu’il y a d’hollywoodien dans ses films allemands et d’expressionnisme dans ses films américains ». Si ce jugement critique de François Truffaut insiste à bon droit sur l’unité de l’œuvre de Lang, il convient de préciser les termes un peu vagues d’« hollywoodien » et d’ « expressionnisme ».

LA GRANDE VADROUILLE – Gérard Oury (1966)

Deuxième comédie de Gérard Oury après Le Corniaud, La Grande vadrouille se déroule en France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film raconte les mésaventures de deux Français très différents, interprétés par Bourvil et Louis de Funès, qui doivent aider des aviateurs britanniques à rejoindre la zone libre tout en étant poursuivis par les Allemands. Artisan honnête et consciencieux, Gérard Oury limite ses ambitions à divertir le public sans céder à la facilité et à la vulgarité. De ce point de vue, il accomplit parfaitement sa tâche et ce n’est pas le moindre de ses mérites.

LOUIS DE FUNÈS

Avec ses tics et ses colères de vieux gamin incorrigible qui lui valurent le surnom mérité de « l’homme aux quarante visages/minute », Louis de Funes était le plus populaire des comiques français. Il lui aura pourtant fallu près de vingt ans pour imposer son personnage.

HENRI DECOIN : LE ROI DU SPORT

1933, Henri Decoin va réaliser enfin son premier film sans entraves. Direc­teur de versions françaises en Allemagne et en Italie, maître de la technique, sûr de bien conduire sa troupe de comédiens, il choisit comme thème : l’aviation. Il veut servir la propagande de l’aviation civile et, par la même occasion, exalter la jeunesse. Il atteint la quarantaine, proclame que « les metteurs en scène français sont des as, mais qu’ils ne sont pas libres, parce-qu’ils ont trop de métier » et conclut qu’« il faudrait des jeunes avec l’étincelle ».

LAURENCE OLIVIER

Laurence Olivier, considéré comme l’un des plus grands acteurs et cinéastes britanniques, est célèbre pour ses adaptations de Shakespeare, dont « Henry V », « Hamlet » et « Richard III ». Malgré un début difficile à Hollywood, il s’affirme au cinéma, alliant talent théâtral et innovation cinématographique, tout en faisant face à des défis personnels et professionnels tout au long de sa carrière.

LE FACTEUR A SONNÉ… QUATRE FOIS !

Deux hommes et une femme : le premier est jeune, il n’a que vingt-quatre ans, le second ne l’est plus, il est déjà gros et n’a jamais eu une grande séduction ; sa jeune femme, « sa petite colombe » comme il l’appelle, ne l’a épousé, émue par sa gentillesse, que pour sortir de la misère : loin de l’ame­ner à la gloire d’Hollywood, un concours de beauté ne lui avait fait connaître que la médiocrité des cantines. Entre les deux jeunes gens, l’attirance est immédiate ; un flamboiement de la chair qui n’a d’autre issue que désespérée : le crime passionnel. Le décor est une banale auberge de route de Californie, entre Santa Barbara et la frontière mexicaine. Il y aura deux procès, et la mort.

THE BIG SLEEP – THE MALTESE FALCON : NAISSANCE DU FILM NOIR (par Stéphane Michaka)

Un détective privé qui n’a aucun goût pour les orchidées est introduit dans une serre qui en regorge. Là, un vieux général aux jambes paralysées lui confie une enquête impliquant ses deux filles. Le privé est mis en garde : ces demoiselles en détresse n’ont guère plus de sens moral qu’on en trouve chez un chat. Le détective, un rien cynique, se nomme Philip Marlowe. Vous avez reconnu le début du Grand sommeil (The Big sleep). Même détective, changement de décor: un bureau qui donne sur le Golden Gate Bridge. A travers une vitre en verre dépoli, notre privé aperçoit une silhouette spectrale. Encore une demoiselle en détresse. Elle vient supplier qu’on retrouve sa sœur. Le détective, un rien cynique, se nomme Sam Spade. Vous avez reconnu le début du Faucon maltais.

[rediscover] 42nd STREET – Lloyd Bacon (1933)

42ème rue est l’une des comédies musicales les plus célèbres de l’avant-guerre. Le film ausculte la mécanique dramatique implacable des répétitions conduisant à métamorphoser le labeur des esclaves de Broadway en un triomphe du divertissement populaire. Mais il s’agit d’une intrigue assez typique, centrée sur le suspens entourant la préparation d’un show, la mise en scène de Lloyd Bacon et le duo qu’il forme avec le chorégraphe Busby Berkeley, lui donnent un ton particulièrement original et audacieux.

LA « LUBITSCH’S TOUCH » EN HUIT FILMS

Le style Lubitsch se caractérisait surtout par l’élégance des idées, la manière très originale d’engager une scène, ou un dialogue. On pense que son secret consistait à piquer la curiosité du public par quelques sous-entendus afin qu’il se sente complice. En d’autres termes, Lubitsch ne déclarait pas catégoriquement 2 + 2 = 4, mais il posait l’opération 1 + 3, laissant aux spectateurs le soin de trouver la solution, et le charme agissait…

5 FINGERS (L’Affaire Cicéron) – Joseph L. Mankiewicz (1952)

Diello, un serviteur jadis congédié qui lui propose une association, la comtesse Staviska réplique par une gifle. « Parce que vous m’avez parlé en domestique. Comme un être qui se croirait inférieur et qui essaierait d’acheter ce qu’il penserait ne pas mériter. » Scène qui donne le ton des rapports passionnants entre James Mason et Danielle Darrieux (splendides l’un et l’autre). Dialogues étincelants et mise en scène d’une élégance ironique, qui fait de cette Turquie neutre un immense jeu de dupes, que le héros croit, en vain, pouvoir dominer.