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ANATOMY OF A MURDER (Autopsie d’un meurtre) – Otto Preminger (1959)

Film de procès parmi les plus célèbres de l’histoire du cinéma, Autopsie d’un meurtre ne se contente pas de dérouler une enquête : il dissèque, avec une précision presque clinique, les zones d’ombre où se mêlent vérité, désir et stratégie. Sous la rigueur apparente du prétoire, Otto Preminger orchestre un ballet de forces contraires, porté par un James Stewart d’une ambiguïté souveraine et une Lee Remick magnétique. Entre classicisme et modernité, le cinéaste transforme le tribunal en théâtre moral et signe l’un de ses sommets : un film qui interroge moins le crime que la manière dont une société choisit de le raconter.

EXPERIMENT IN TERROR (Allô, brigade spéciale) – Blake Edwards (1962) 

Le film noir est généralement associé aux milieux urbains et Edwards a en effet choisi pour décors les ponts élancés et les charmants tramways de San Francisco. En faisant sourdre la menace d’un paysage sophistique, il ne la rend que plus terrible et obéit à une des constantes du film noir : même si la ville parait sereine et respectable, elle renferme d’indicibles dangers qui peuvent se manifester dans les moments les plus inattendus. On ne peut comparer son traitement de la baie qu’avec celui de Don Siegel dans The Lineup (Le Ronde du crime) et Dirty Harry (L’inspecteur Harry). « Laisser son cœur à San Francisco » n’est plus, dans tous ces films, un thème lyrique mais une sinistre éventualité.