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Mon Cinéma à Moi

Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

HENRI DECOIN : TOUCHE À TOUT

Un des côtés attachants de l’œuvre d’Henri Decoin aura été une curiosité toujours éveillée, en quête d’arguments neufs. Cela jusque dans ses derniers films. Ce dernier fit triompher en France le cinéma des âmes sensibles. Avec ses attendrissements de bon aloi, il est l’Alphonse Daudet des studios. Cinéaste du second rayon, reflet des années perdues, rayons du projecteur où palpitent les grains de poussière…

L’ÉTRANGE MONSIEUR VICTOR – Jean Grémillon (1938)

C’est l’un des films les plus passionnants de Jean Grémillon, de par les multiples tensions qui le nourrissent. Tension, d’abord, entre le réalisme documentaire des extérieurs, tournés à Toulon, et la stylisation quasi expressionniste des intérieurs, réalisés aux studios de Berlin. Entre le pittoresque provençal des scènes de groupe avec les bons mots du dialoguiste Charles Spaak, digne de Marcel Pagnol, et la noirceur d’une intrigue de roman noir. Tension, enfin, entre les comédiens eux-mêmes, dont les interprétations respectives semblent provenir d’époques différentes : à l’emphase de Pierre Blanchar, qui donne parfois l’impression de se croire encore dans un film muet, s’oppose le jeu plus naturel, déjà tellement moderne, de Viviane Romance en fausse femme fatale et de Georges Flamant en truand beau parleur. Raimu, tour à tour bonhomme et rusé, attendri et cruel, fait la synthèse de tous ces styles dans un numéro d’acteur sidérant, qui entretient le doute en permanence sur les motivations de son personnage. [Samuel Douhaire – Télérama (mars 2021)]

[rediffusion] LA MÔME VERT-DE-GRIS – Bernard Borderie (1953)

La passion des Français pour la Série noire va de pair avec leur goût démesuré pour les films de gangsters sombres qu’ils ont découverts après la guerre. En 1946, le critique Nino Frank utilise l’expression film noir pour qualifier ces films, dont les Français ne tardent pas à donner leur interprétation, à commencer par André Hunebelle avec sa trilogie Mission à Tanger (1949), Méfiez-vous des blondes (1950) et Massacre en dentelles (1952). Sur les premiers scénarios de Michel Audiard, qui en écrira plus d’une centaine d’autres – dont de nombreux noirs – ces films projettent le spectateur des lieux exotiques ciblés pour le marché français (Tanger, Londres, Venise) et racontent le quotidien mouvementé du journaliste Georges Masse, incarné par Raymond Rouleau. Comme l’expliquent Raymond Borderie et Étienne Chaumeton dans leur « Panorama du film noir américain » (1955), «le héros du film est un journaliste d’investigation avec un sérieux penchant pour le whisky et les femmes. Il rappelle ces détectives décontractés dont William Powell fut un temps le prototype ». [Film Noir 100 All-Time Favorites – Paul Duncan, Jürgen Müller – Edition Taschen – (2013)]

HENRI DECOIN : SANG ET OR

Il faut éviter avant tout de se référer à l’histoire de Mathilde Carré, dite la Chatte, agent de l’Abwehr, alias « Micheline », alias « la dame au chapeau rouge », alias « Victoire » selon les différents réseaux, condamnée, traînée de prison en prison, graciée finalement. Les deux films de Decoin: La Chatte et La Chatte sort ses griffes prennent toute distance à ce sujet. « Il ne peut être question de retrouver dans ce film la personne qui a défrayé la chronique » lit-on en fin de générique. On joue sur un titre raccrocheur, l’opinion ayant été sensibilisée par les équivoques aventures de Mathilde Carré.

LES SECONDS RÔLES DU CINÉMA FRANÇAIS DANS LES FILMS DE JULIEN DUVIVIER

Dans la volumineuse filmographie de Julien Duvivier, on évoque principalement les acteurs et actrices de premier plan en oubliant, parfois, les seconds rôles. Or, leur place est essentielle et leur talent a contribué, en donnant la réplique aux plus grandes stars, à la réussite des films du réalisateur. Voici quelques exemples de seconds rôles du cinéma français ayant joué dans les films de Duvivier. La liste n’est pas exhaustive et sera enrichie au fil du temps.  

BLACKMAIL (Chantage) – Alfred Hitchcock (1929)

Victime d’une tentative de viol, Alice White tue son agresseur d’un coup de couteau. Meurtrière, elle ne doit son salut qu’à son fiancé qui, pour elle, fait passer l’amour avant le devoir. Alors que le cinéma parlant ne s’était pas encore imposé en Grande-Bretagne, Hitchcock se lança dans la production d’un nouveau thriller : Blackmail. L’arrivée du matériel d’enregistrement sonore le conduisit à modifier son film, qui devint le premier film parlant britannique, une œuvre pionnière.

LESLIE CARON

Découverte par Gene Kelly et révélée à vingt ans par Un Américain à Paris, l’héroïne de Gigi a été la plus charmante ingénue de l’Âge d’or de la comédie musicale. Authentique danseuse devenue une véritable actrice, faisant preuve d’une espièglerie de femme-enfant considérée comme typiquement française, Leslie Caron a aussi ouvert la voie à l’emploi par Hollywood de comédiennes aux physiques non conventionnel, préparant le triomphe d’Audrey Hepburn.

[rediffusion] PARIS VU PAR HOLLYWOOD

Dans le cinéma hollywoodien, Paris est, de loin, la ville étrangère la plus représentée. On peut estimer à près de huit cents le nombre de films américains tournés à Paris, ou qui y sont situés par la reconstitution en décors. Plusieurs films par an assurément, parfois jusqu’à dix ou quinze dans la saison. En 1930 par exemple, un journaliste de Ciné-Magazine s’étonne en croyant avoir repéré un genre en soi : « Jamais plus qu’aujourd’hui, dans toute l’histoire du film, il n’y a eu en Amérique un tel engouement pour les atmosphères françaises, surtout parisiennes.

GIGI – Vincente Minnelli (1958)

Dans le Paris de 1900, Gigi est une adolescente vive et malicieuse. Élevée par sa grand-mère, une ancienne mondaine, elle reçoit une éducation très stricte, qui lui interdit les sorties et les frivolités. La jeune fille n’a pas de camarades, et seules les visites de Gaston Lachaille, riche héritier et ami de la famille, apportent un peu de fantaisie dans sa vie bien réglée. Mais bientôt, sa grand-tante Alicia, qui fut elle aussi une célèbre cocotte, décide de prendre en main son éducation… Avec ses neufs Oscars, le film de Vincente Minnelli apparaît comme l’ultime chef-d’œuvre produit par Arthur Freed pour la Metro-Goldwyn-Mayer.

HENRI DECOIN : LA VIE À DEUX

Au départ, « La Vérité sur Bébé Donge » n’eut pas la critique qu’on pouvait en attendre, et le succès en dépit des têtes d’affiche fut seulement honorable. Présenter Gabin en vaincu, Darrieux en victime justicière, c’était, peut-être, aller trop carrément à l’encontre des idées établies chez le spectateur.

[la collection] JULIEN DUVIVIER

Pour Jean Renoir, Julien Duvivier était plus qu’un homme de métier, et il devait lui rendre le plus beau, et, sans doute, le plus pertinent des hommages : « Ce grand technicien, ce rigoriste, était un poète. Ses films ne se limitent jamais à l’exposition d’un sujet, ils vous entraînent dans un monde à la fois réaliste et irréel. Ce monde n’est pas seulement le produit de son imagination, il est aussi le résultat de son sens aigu de l’observation. Ses personnages sont vrais, et pourtant il leur arrive d’être fantastiques. Ce maniaque de la précision était aussi un rêveur. »

[la collection] ROBERT SIODMAK

Le réalisateur allemand Robert Siodmak est connu notamment pour Les Mains qui tuent (Phantom Lady), Les Tueurs (The Killers) et Pour toi j’ai tué (Criss Cross). Avec d’autres cinéastes tels que Paul Leni ou Karl Freund, il fut l’un des introducteurs de l’expressionnisme dans le cinéma hollywoodien, en privilégiant le genre du film noir.