Découverte par Gene Kelly et révélée à vingt ans par Un Américain à Paris, l’héroïne de Gigi a été la plus charmante ingénue de l’Âge d’or de la comédie musicale. Authentique danseuse devenue une véritable actrice, faisant preuve d’une espièglerie de femme-enfant considérée comme typiquement française, Leslie Caron a aussi ouvert la voie à l’emploi par Hollywood de comédiennes aux physiques non conventionnel, préparant le triomphe d’Audrey Hepburn.



Née le 1er juillet 1931 d’un père chimiste français et d’une mère américaine danseuse de ballet, Leslie apprend la danse dès l’âge de onze ans. Après la guerre, elle entre au Conservatoire et débute dans la troupe de Roland Petit au Théâtre des Champs-Elysées, qu’elle rejoint alors qu’elle n’a que seize ans. C’est lors d’une représentation de La Rencontre, en 1948, que Gene Kelly la remarque, mais il ne peut lui parler car sa mère l’emmène sitôt les représentations terminées. Heureusement pour Leslie, l’acteur se souviendra d’elle lorsqu’il reviendra à Paris deux ans plus tard, à la recherche d’une inconnue pour la superproduction Un Américain à Paris. Ses talents de danseuse, mais aussi de comédienne, charment aussitôt le producteur Arthur Freed, qui la prend sous contrat à la MGM. Le film de Vincente Minnelli, avec son étonnant final de vingt minutes, est un triomphe : il remporte plusieurs Oscars et fait de Leslie une star internationale.



Hormis un film noir, L’Homme au manteau noir (The Man with a Cloak) avec Joseph Cotten et Barbara Stanwyck sorti également en 1951, la jeune fille tourne ensuite des comédies musicales. Elle danse dans La Ruelle du péché (Glory Alley), de Raoul Walsh, puis retrouve Minnelli en 1953 pour Histoire de trois amours (The Story of Three Loves). Viendront ensuite deux films de Charles Walters, autre spécialiste du genre à la MGM : Lili, qui vaut à l’actrice une nomination aux Oscars, et La Pantoufle de verre (The Glass Slipper). En 1955, elle a le plaisir de danser aux cotés de Fred Astaire dans Papa longues jambes (Daddy Long Legs), de Jean Negulesco, film pour lequel elle obtient de créer elle-même ses costumes. Puis Leslie joue dans Gaby (1956) une ballerine amoureuse d’un soldat à Londres pendant la Seconde Guerre. Mais c’est bien sûr Gigi qui va offrir à l’actrice le rôle pour lequel elle est encore aujourd’hui dans toutes les mémoires… Nommée aux Oscars en 1962 pour La Chambre indiscrète (The L-Shaped Room), Leslie poursuivra sa carrière à la fois à Hollywood et en Europe, jouant entre autres face à Cary Grant, Rock Hudson et Warren Beatty (elle a avec ce dernier une liaison fort commentée). Mariée à trois reprises, la comédienne aura deux enfants, dont l’actrice Jennifer Caron Hall, qui a joué le rôle de sa fille dans un épisode de La Croisière s’amuse… [Collection Comédies musicales – Gigi – Eric Quéméré (n°12)]




AN AMERICAN IN PARIS – Vincente Minnelli (1951)
Paris d’opérette, chansons de Gershwin et danse sur les bords de Seine : Un Américain à Paris joue résolument la carte de la légèreté. C’est pourquoi la MGM en a confié la mise en scène à l’un des grands spécialistes de la comédie musicale, Vincente Minnelli. Épaulé par Gene Kelly, qui signe avec son brio habituel les chorégraphies du film, le cinéaste livre en 1951 une œuvre appelée à faire date. Certes, Minnelli dispose à la fois de moyens très confortables et de collaborateurs précieux.

DADDY LONG LEGS (Papa longues jambes) – Jean Negulesco (1955)
Dans Daddy long legs (Papa longues jambes), les raffinements du ballet parisien se mêlent à l’énergie du music-hall américain. Servi par la musique de Johnny Mercer, le film de Jean Negulesco marque l’unique rencontre à l’écran de deux légendes de la comédie musicale : le géant Fred Astaire et l’étoile Leslie Caron.

GIGI – Vincente Minnelli (1958)
Dans le Paris de 1900, Gigi est une adolescente vive et malicieuse. Élevée par sa grand-mère, une ancienne mondaine, elle reçoit une éducation très stricte, qui lui interdit les sorties et les frivolités. La jeune fille n’a pas de camarades, et seules les visites de Gaston Lachaille, riche héritier et ami de la famille, apportent un peu de fantaisie dans sa vie bien réglée. Mais bientôt, sa grand-tante Alicia, qui fut elle aussi une célèbre cocotte, décide de prendre en main son éducation… Avec ses neufs Oscars, le film de Minnelli apparaît comme l’ultime chef-d’œuvre produit par Arthur Freed pour la MGM.






LA COMÉDIE MUSICALE
La comédie musicale a été longtemps l’un des genres privilégiés de la production hollywoodienne, et probablement le plus fascinant . Né dans les années 1930, en même temps que le cinéma parlant, elle témoigna à sa manière, en chansons, en claquettes et en paillettes, de la rénovation sociale et économique de l’Amérique. Mais c’est dix plus tard, à la Metro-Goldwyn-Mayer, que sous l’impulsion d’Arthur Freed la comédie musicale connut son véritable âge d’or, grâce à la rencontre de créateurs d’exception (Vincente Minnelli, Stanley Donen) et d’acteurs inoubliables (Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, Cyd Charisse, Debbie Reynolds). Par l’évocation de ces années éblouissantes à travers les films présentés, cette page permet de retrouver toute la magie et le glamour de la comédie musicale.
- GRETA GARBO : POUVOIR, AMBIGUÏTÉ ET SOLITUDE
- CAMILLE (Le Roman de Marguerite Gautier) – George Cukor (1936)
- [mémoire vive] JUDY GARLAND : LA VOIX QUI A FAÇONNÉ LA COMEDIE MUSICALE
- LE CINÉMA POPULAIRE DES ANNÉES 70
- ANATOMY OF A MURDER (Autopsie d’un meurtre) – Otto Preminger (1959)
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Catégories :Les Actrices et Acteurs


JE VOULAIS DEPUIS LONGTEMPS VOUS DIRE QUE J’APPRÉCIE BEAUCOUP VOS PARTAGES, VOS ANALYSES ET LA BEAUTÉ DE LEURS ILLUSTRATIONS. MERCI POUR CE TRAVAIL. JACQUES BOZON, FAN DE CINÉMA DEPUIS L’ÀGE DE 10 ANS ( ÀGE OÙ IL DÉCOUVRIT « PAIN AMOUR ET FANTAISIE »,PUIS, QUELQUES ANNÉES PLUS TARD, EUT UN CHOC DÉFINITIF DEVANT « HIROSHIMA MON AMOUR », PIERROT LE FOU, LE MÉPRIS » ETC…).
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