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WORDS AND MUSIC (Ma vie est une chanson) – Norman Taurog (1948)

En 1918, à l’université de Columbia, Richard Rodgers et Lorenz Hart, deux étudiants rêveurs, enthousiastes et passionnés de musique font connaissance. Ils s’associent pour écrire des spectacles musicaux joués par les étudiants, Rodgers écrivant les notes et Hart les paroles des chansons. Leurs productions font tant parler d’elles que, l’année suivante, ils parviennent à placer l’une de leurs chansons, Any Old Place With You, dans un spectacle de Broadway. Le morceau obtient un gros succès commercial à la suite duquel, pendant deux décennies, les deux hommes vont régner sur Broadway et écrire des dizaines de classiques de la musique populaire américaine… Film de prestige réunissant des plus grandes vedettes de la MGM, cette biographie musicale retrace de manière fort libre le compagnonnage de Richard Rodgers et Lorenz Hart.

A LETTER TO THREE WIVES (Chaînes conjugales) – Joseph L. Mankiewicz (1949)

Un samedi de mai, Deborah, Lora Mae et Rita délaissent leurs maris pour organiser un pique-nique sur les bords de la rivière avec un groupe d’enfants orphelins. Juste avant d’embarquer sur le bateau, elles reçoivent une lettre : Addie Ross leur apprend qu’elle a quitté la ville avec le mari de l’une d’entre elles. Pendant la promenade, chacune s’interroge pour savoir s’il s’agit du sien… Premier grand succès public de Joseph L. Mankiewicz, ce film est un jubilant jeu de piste dans la mémoire de trois femmes obsédées par la reconnaissance sociale. Addie Ross, la voleuse de mari, dont on n’entend que la voix, a passé son temps à parsemer la vie des braves épouses d’indices de sa présence : ici un disque, là une robe ou une photographie. Tout l’amusement du spectateur consiste à ramasser ces petits cailloux blancs pour mesurer cet atroce travail de sape et avancer vaillamment dans une intrigue pleine de suspense. Véritables joyaux de morgue et de vivacité, les flash-back qui retracent le passé du trio de « victimes » pourraient être découpés en trois courts métrages, impeccables et totalement indépendants. Mankiewicz commence sur un ton très nostalgique, puis sa plume se fait glaçante et ironique. Enfin, le cinéaste devient subitement tendre et raconte l’audacieuse passion d’une jolie femme pour un vieux colosse bougon. A Letter to three wives (Chaînes conjugales) n’est pas un banal film à sketchs : c’est un savant pamphlet contre la société américaine, que Mankiewicz clôt par une pirouette qui laisse pantois. [Marine Landrot – Télérama.fr]