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LE CINÉMA BRITANNIQUE DES ANNÉES 1940

Pour le cinéma anglais, la période de l’après-guerre s’annonce faste. Grâce au dynamisme de producteurs comme Rank et Korda, la production nationale va concurrencer Hollywood sur le marché anglo-saxon. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale les producteurs britanniques peuvent à bon droit se montrer optimistes ; en 1946, on n’enregistre pas moins de 1 milliard 635 millions d’entrées ! Un record d’autant plus remarquable que de nombreuses salles ont été détruites ou endommagées par les bombardements et que les restrictions en vigueur freinent la reconstruction. Ce n’est qu’en avril 1949 que les exploitants seront à nouveau autorisés à allumer les traditionnelles enseignes lumineuses. L’austérité règne encore, et pourtant le public afflue dans les salles : dans ce climat de pénurie générale, le cinéma reste la distraction favorite, le moyen d’évasion qui fait oublier le rationnement et la crise énergétique.

Autour de Pépé le Moko : RÊVES D’EXOTISME

Très tôt, le cinéma a rêvé d’horizons lointains. À la suite des opérateurs Lumière, lancés dès 1897 dans la chasse aux vues « pittoresques », certains réalisateurs partent aux quatre coins du monde pour en rapporter des images jusque-là inconnues. En 1922, Robert Flaherty signe ainsi avec Nanouk l’Esquimau le premier grand documentaire du septième art (il cosignera ensuite avec Murnau le magnifique Tabou). De son côté, Léon Poirier retrace dans La Croisière noire la célèbre expédition Citroën en Afrique. Mais la fiction n’est pas en reste : dès 1921, Jacques Feyder crée l’événement en tournant L’Atlantide non pas en studio, mais dans le Sahara. Le film remporte un énorme succès, et le public va s’avérer désormais friand de contrées mystérieuses – un goût encore accentué par l’Exposition coloniale de Paris en 1931.