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GAS-OIL – Gilles Grangier (1955)

Gilles Grangier capture la France des années 1950, une époque de routes nationales et de vies dures. Jean Gabin incarne Jean Chape, un homme ordinaire dont la vie bascule après un accident. Le film, avec des dialogues de Michel Audiard, se distingue par sa sobriété et son attention aux détails. Jeanne Moreau apporte une touche de douceur dans ce monde rude. Gas-oil dépeint une France disparue, celle des relais routiers et des solidarités entre hommes. Grangier filme avec modestie, rendant le film puissant par sa simplicité. C’est moins un polar qu’un portrait d’un pays, d’un métier et d’un homme, avançant lentement mais sûrement, comme un camion sur une nationale.

LES MISÉRABLES – Jean-Paul Le Channois (1958)

En 1957, Jean-Paul Le Chanois se voit confier les rênes de sa première superproduction. Une aubaine qu’il doit en partie à Jean Gabin, avec qui il a collaboré quelques mois plus tôt, et qui va lui permettre de signer l’une des plus grandes adaptations du célèbre roman. L’adaptation du chef-d’œuvre de Victor Hugo donne lieu à un tournage fleuve, au cours duquel Gabin a le plaisir de côtoyer des acteurs de la trempe de Bourvil, Danièle Delorme et Bernard Blier. Genèse d’un succès.

LE BARON DE L’ÉCLUSE – Jean Delannoy (1960)

Jean Gabin, après avoir tourné avec des actrices renommées, rêve de collaborer avec Micheline Presle dans ce film proposé par Jean Delannoy. Ce film léger, adapté d’un roman de Simenon, reforme le trio gagnant du premier Maigret : Gabin, Delannoy et Audiard. Gabin doit changer de registre pour un rôle plus tendre et doux-amer. Gabin joue Jérôme-Napoléon Antoine, un baron désargenté et mythomane qui, après avoir gagné le yacht Antarès au jeu, décide de profiter de la vie. Coincé à une écluse champenoise avec la charmante Perle, il va découvrir le monde des mariniers.

[autour d’un film] L’ART DU SCANDALE

Dans un intérieur bourgeois, une jeune femme à la longue chevelure blonde et aux reins cambrés s’appuie contre un bureau, la jupe outrageusement relevée : face à elle, un quinquagénaire élégant la fixe. Cette image, l’une des plus célèbres du cinéma français des années 1950, est si frappante que, près d’un demi-siècle plus tard, tout le monde la connaît encore (le plus souvent sans avoir vu le film dont elle est extraite)

JULIEN DUVIVIER : UNE MYTHOLOGIE DE L’ÉCHEC

David Golder révélait pour la première fois, à travers une fiction pourtant étrangère, son pessimisme quant aux rapports des êtres entre eux. Ici, le destin d’un brasseur d’affaires bafoué par sa femme et sa fille pour lesquelles il avait lutté. C’est vers cette noirceur volontiers tragi­que que Duvivier orientera les sujets qu’il adapte souvent assez librement et c’est dans ce ton-là qu’il donnera ses meilleures réalisations.

HENRI DECOIN : LA VIE À DEUX

Au départ, « La Vérité sur Bébé Donge » n’eut pas la critique qu’on pouvait en attendre, et le succès en dépit des têtes d’affiche fut seulement honorable. Présenter Gabin en vaincu, Darrieux en victime justicière, c’était, peut-être, aller trop carrément à l’encontre des idées établies chez le spectateur.