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GIGI – Vincente Minnelli (1958)

Dans le Paris de 1900, Gigi est une adolescente vive et malicieuse. Élevée par sa grand-mère, une ancienne mondaine, elle reçoit une éducation très stricte, qui lui interdit les sorties et les frivolités. La jeune fille n’a pas de camarades, et seules les visites de Gaston Lachaille, riche héritier et ami de la famille, apportent un peu de fantaisie dans sa vie bien réglée. Mais bientôt, sa grand-tante Alicia, qui fut elle aussi une célèbre cocotte, décide de prendre en main son éducation… Avec ses neufs Oscars, le film de Vincente Minnelli apparaît comme l’ultime chef-d’œuvre produit par Arthur Freed pour la Metro-Goldwyn-Mayer.

ÉDOUARD ET CAROLINE (1951) / RUE DE L’ESTRAPADE (1953) – Jacques Becker

Après un détour par les milieux prolétaires (Antoine et Antoinette) et intellectuels (Rendez-vous de juillet), Jacques Becker réussit au début des années 1950 deux comédies légères sur la bourgeoisie qui s’imposent en équivalents français des comédies de Hawks et Lubitsch : Edouard et Caroline et Rue de l’estrapade, toutes deux interprétées par Daniel Gélin et la délicieuse Anne Vernon.

MADAME BOVARY – Vincente Minnelli (1949)

Fasciné par Flaubert, Vincente Minnelli ne pouvait qu’être touché par Emma, personnage illogique et complexe, tiraillé entre un monde imaginaire et une réalité médiocre. Le film s’attache aux miroirs et à leurs reflets, qui témoignent de la lente dégradation du rêve : miroir terne dans une ferme, miroirs luxueux qui voient le triomphe d’Emma au bal (sur une valse de Miklós Rózsa). Et, à la fin, miroir brisé dans la chambre d’hôtel du médiocre adultère. Les mouvements d’appareil sophistiqués, dignes de Max Ophuls, accompagnent l’accession illusoire d’Emma à un autre monde.

CAN-CAN – Walter Lang (1960)

Depuis ses débuts, la comédie musicale hollywoodienne a fait de Paris l’une de ses destinations privilégiées. Dans Can-Can, c’est la période « Fin de siècle » qui est mise à l’honneur, avec ses danseuses en guêpières et ses marlous de la Butte. Entièrement tourné en studio en Californie, le film de Walter Lang [There’s No Business Like Show Business (La Joyeuse Parade), The King and I (Le Roi et moi)…] s’évertue à faire revivre la grande époque du Cancan, sans s’embarrasser de scrupules historiques. Dans ce film, c’est la vision enchantée et fantaisiste de la comédie musicale d’origine qui prévaut, et les nombreuses chansons de Cole Porter sont évidemment les morceaux de choix du film. « Let’s Do It », « C’est Magnifique », « Apache Dance » (hommage aux mauvais garçons de Montmartre) et, bien sûr, « I Love Paris » forment une longue déclaration d’amour à la capitale française. Tous ces titres ne proviennent pas de la version scénique de Can-Can, Cole Porter ayant intégré à la partition du film d’autres chansons fétiches. S’il n’apparaît pas lui-même à l’écran, le compositeur de Broadway est donc la vraie star de cette adaptation, n’en déplaise à Frank Sinatra et Shirley MacLaine. Aux États-Unis, le titre complet du film est d’ailleurs Cole Porter’s Can-Can…

THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine) – Alfred Hitchcock (1947)

Les créations d’Hitchcock ont toujours été étroitement liées aux producteurs qui l’ont fait travailler, parfois même très étroitement. C’est particulièrement vrai pour The Paradine case (Le Procès Paradine), qu’Hitchcock réalisa pour David O. Selznick. Bien que surveillé de très près par son producteur, qui garda la main mise sur le film du début à la fin de la production, le réalisateur parvint néanmoins à signer une œuvre qui, indéniablement, porte sa marque. 
Accusée de meurtre, la belle Mrs Paradine n’a pas de mal à convaincre son avocat de son innocence. Le procès semble gagné d’avance. C’est sans compter avec les sentiments des uns et des autres…

PREMIER RENDEZ-VOUS – Henri Decoin (1941)

Micheline (Danielle Darrieux) rencontre l’homme avec lequel elle correspond depuis l’orphelinat, et dont elle est tombée amoureuse. Voyant sa déception, celui-ci, un vieux professeur (Fernand Ledoux) prétend être venu en lieu et place de son neveu (Louis Jourdan). Mis dans la confidence, d’abord réticent, celui-ci finira par épouser Micheline. D’une certaine manière, le scénario résume la forme. Premier Rendez-vous sera un film d’apparences.