LE BARON DE L’ÉCLUSE – Jean Delannoy (1960)

Jean Gabin, après avoir tourné avec des actrices renommées, rêve de collaborer avec Micheline Presle dans ce film proposé par Jean Delannoy. Ce film léger, adapté d’un roman de Simenon, reforme le trio gagnant du premier Maigret : Gabin, Delannoy et Audiard. Gabin doit changer de registre pour un rôle plus tendre et doux-amer. Gabin joue Jérôme-Napoléon Antoine, un baron désargenté et mythomane qui, après avoir gagné le yacht Antarès au jeu, décide de profiter de la vie. Coincé à une écluse champenoise avec la charmante Perle, il va découvrir le monde des mariniers.

LINDA DARNELL

Linda Darnell, actrice marquante mais fragile, fut propulsée vers la gloire par sa mère ambitieuse. Travaillant pour la 20th Century-Fox, elle lutta pour être reconnue comme une grande comédienne. Sa carrière, marquée par des rôles dans des films de Preminger, Sirk, Mankiewicz et Brahm, reflète sa capacité à incarner la souffrance. Bien que sous-estimée, elle laisse une filmographie riche et intéressante.

THE LOST WEEKEND (Le Poison) – Billy Wilder (1945)

Avant ce film, le cinéma américain n’avait jamais tenté de véritable étude clinique de l’alcoolisme, généralement abordé de manière superficielle et anecdotique ou comme un élément du mélodrame social. C’était pourtant là un pro­blème qui devait préoccuper un pays capable d’instaurer la prohibi­tion… Même s’il a vieilli aujourd’hui, le film de Billy Wilder a le mérite d’une approche plus mûre et plus consciente de ce sujet scabreux pour le code moral hollywoodien. Écartant tout préjugé puritain, Wil­der dépeint les alcooliques comme des malades qui doivent être entou­rés de soins vigilants et non traités comme des parias.

[flash-back] VINCENTE MINELLI : ENTRE RÊVE ET FOLIE

Des maîtres de la comédie musicale hollywoodienne de l’après-guerre, Minnelli est le seul à avoir affronté avec bonheur, non pas à la suite, comme le fit Stanley Donen, mais de front, les registres de la comédie légère et du drame symbolique. Peut-être son importance dans l’histoire du film musical a-t-elle masqué en partie la véritable place de l’artiste, qui s’est interrogé lucidement sur la création cinématographique dans plusieurs de ses films.

SUZY DELAIR

Après avoir appris le métier de modiste, Suzy Delair se tourne vers le théâtre et le cinéma, où sa voix remarquable lui ouvre les portes du music-hall et du cabaret. Pendant l’Occupation, elle devient une figure emblématique du cinéma français. Son enthousiasme affiché lors d’un voyage à Berlin auprès de Joseph Goebbels lui vaut des sanctions après la guerre. Sa carrière alterne entre succès au théâtre, à la télévision et rôles secondaires au cinéma.

LE RÉALISME DU CINÉMA FRANÇAIS (1930-1940)

Entre 1927 et 1936, le cinéma français connaît une transformation majeure avec l’avènement du cinéma sonore. ​ Alors que l’avant-garde est déjà dépassée et que certains regrettent la disparition du cinéma muet, de nouveaux cinéastes comme Luis Buñuel, Jean Vigo, Jean Cocteau et Jean Renoir émergent sans préjugés face au parlant. Durant cette période, le cinéma français devient un art populaire, reflétant fidèlement l’élan de la conscience populaire en pleine évolution. ​

[autour d’un film] QUAND HAWKS RÉALISE UNE COMÉDIE MUSICALE

Après le tournage de Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir, 1952), Howard Hawks devait encore un film à la Twentieth Century Fox. Darryl Zanuck, le patron du studio, lui proposa l’adaptation cinématographique d’un spectacle à succès de Broadway, lui-même transposé d’une pièce, elle-même tirée d’un roman d’Anita Loos paru en 1925. Hawks y voit l’occasion d’aborder un genre auquel il n’a pas encore touché : la comédie musicale.

MARILYN MONROE : RÊVES D’AMOUR

Toute sa vie et bien au-delà, Marilyn fut une star vénérée telle une déesse, et désirée comme peu le furent. Mais la femme, elle, ne se sentit jamais aimée. Ces manques affectifs, s’ils participèrent pourtant à son talent, firent d’elle un être totalement désespéré, qui  quelquefois se prenait à rêver !

[autour d’un film] L’ART DU SCANDALE

Dans un intérieur bourgeois, une jeune femme à la longue chevelure blonde et aux reins cambrés s’appuie contre un bureau, la jupe outrageusement relevée : face à elle, un quinquagénaire élégant la fixe. Cette image, l’une des plus célèbres du cinéma français des années 1950, est si frappante que, près d’un demi-siècle plus tard, tout le monde la connaît encore (le plus souvent sans avoir vu le film dont elle est extraite)

FRIC-FRAC – Maurice Lehmann – Claude Autant-Lara (1939

Marcel, un employé de bijouterie naïf et amoureux fournit sans le savoir de précieuses informations à un couple de malfaiteurs, Loulou et Jo, qui préparent un casse. Voilà un film typique de ces adaptations de pièces de théâtre qui furent légion dans les années 1930 et laissaient la part belle aux acteurs. Le scénario, bien mince, est sublimé par le trio magique des interprètes. Les comédiens prononcent des dialogues savoureux qui mêlent parler populaire et langage plus châtié.

JULIEN DUVIVIER : UNE MYTHOLOGIE DE L’ÉCHEC

David Golder révélait pour la première fois, à travers une fiction pourtant étrangère, son pessimisme quant aux rapports des êtres entre eux. Ici, le destin d’un brasseur d’affaires bafoué par sa femme et sa fille pour lesquelles il avait lutté. C’est vers cette noirceur volontiers tragi­que que Duvivier orientera les sujets qu’il adapte souvent assez librement et c’est dans ce ton-là qu’il donnera ses meilleures réalisations.