[prise de vue] MARCEL CARNÉ

Marcel Carné est né à Paris en 1906. Après avoir été critique de cinéma, il tourne un premier film – un documentaire – en 1929 : Nogent, Eldorado du dimanche. Avec Le Quai des Brumes et Le jour se lève, il va devenir une figure clé du « réalisme poétique ». Durant la Seconde Guerre mondiale, Les Visiteurs du soir et Les Enfants du paradis marquent l’apogée de sa carrière, en même temps qu’ils traduisent une inflexion certaine de l’œuvre. Après la guerre, malgré des réussites certaines, Carné ne parvient pas à renouer avec la créativité de ces deux périodes.

PSYCHO (Psychose) – Alfred Hitchcock (1960)

Lorsque Marion Crane s’effondra lentement sur les carreaux lisses et blancs de la salle de bains de son motel, l’Amérique, abasourdie, n’en crut pas ses yeux. Quarante-six minutes seulement étaient passées, et l’héroïne était morte. Quand, finalement, la caméra se fige sur l’œil inamovible de la femme assassinée, les mâchoires tombent – autant par incrédulité que par l’horreur dont témoigne la scène. Jamais auparavant un réalisateur n’avait bousculé son audience aussi rapidement et avec autant d’efficacité. C’était en 1960, le film était Psychose et son réalisateur, le génial Alfred Hitchcock.

DAVID LYNCH

Né en 1946 dans le Montana, David Lynch offre l’image d’un « college boy » sans âge, à l’air studieux et sage. Une apparence qui contraste violemment avec l’univers d’inquiétante étrangeté qu’il a construit depuis Eraserhead (1976). Surnommé « le James Stewart de la planète Mars » par Mel Brooks, qui fut le producteur de son deuxième film, Elephant Man (1980), David Lynch passe le plus souvent pour être anglais et ses films, qui trouvent un meilleur écho en Europe qu’aux États-Unis, le rendent de fait insituable parmi les autres cinéastes américains, tellement il échappe aux oppositions entre cinéma commercial et cinéma de création, entre films de genre et films d’auteurs commercial et cinéma de création, entre films de genre et films d’auteurs.

MULHOLLAND DRIVE – David Lynch (2001)

La blonde Bet­ty Elms vient tout juste d’ar­ri­ver à Hol­ly­wood pour deve­nir une star de ciné­ma lors­qu’elle ren­contre une énig­ma­tique brune amnésique… Entre rêves et réa­li­té, les des­tins en miroir de deux jeunes actrices dans un Hol­ly­wood en prise à des forces obscures. Relecture du film noir, roman d’amour entre une blonde et une brune et cauchemar éveillé au mystère envoûtant, Mulholland Drive est une route à plusieurs voies. Au sommet de son art, Lynch l’illusionniste invite le spectateur à se perdre dans un labyrinthe apte à susciter de nombreuses interprétations.

D’UN CINÉMA NOIR… par Michel Devillers

La noirceur du cinéma de la « qualité française » n’est-elle qu’apparente, l’idéalisation quasi-constante de la  représentation laissant entrevoir une réversibilité possible de  la narration ? Noirceur des caractères, des situations, des atmosphères : le cinéma des français d’avant-guerre est indissociable de cette coloration souvent violemment pessimiste de Carné à Clouzot et à Duvivier. C’est le reproche souvent  fait à Clouzot de ne prendre que des galeries de monstres, c’est la description d’espaces clos noyés dans les brouillards de Quai des brumes à Dédée d’Anvers, qui obnubilent la possibilité d’une libération par l’ouverture de l’espace.

FRITZ LANG À HOLLYWOOD

Fritz Lang de studio en studio cherche ses nouveaux Mabuse dans la réalité sociale de l’Amérique. « A revoir l’œuvre de Lang, on est frappé par ce qu’il y a d’hollywoodien dans ses films allemands et d’expressionnisme dans ses films américains ». Si ce jugement critique de François Truffaut insiste à bon droit sur l’unité de l’œuvre de Lang, il convient de préciser les termes un peu vagues d’« hollywoodien » et d’ « expressionnisme ».

LA GRANDE VADROUILLE – Gérard Oury (1966)

Deuxième comédie de Gérard Oury après Le Corniaud, La Grande vadrouille se déroule en France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film raconte les mésaventures de deux Français très différents, interprétés par Bourvil et Louis de Funès, qui doivent aider des aviateurs britanniques à rejoindre la zone libre tout en étant poursuivis par les Allemands. Artisan honnête et consciencieux, Gérard Oury limite ses ambitions à divertir le public sans céder à la facilité et à la vulgarité. De ce point de vue, il accomplit parfaitement sa tâche et ce n’est pas le moindre de ses mérites.

LOUIS DE FUNÈS

Avec ses tics et ses colères de vieux gamin incorrigible qui lui valurent le surnom mérité de « l’homme aux quarante visages/minute », Louis de Funes était le plus populaire des comiques français. Il lui aura pourtant fallu près de vingt ans pour imposer son personnage.

HENRI DECOIN : LE ROI DU SPORT

1933, Henri Decoin va réaliser enfin son premier film sans entraves. Direc­teur de versions françaises en Allemagne et en Italie, maître de la technique, sûr de bien conduire sa troupe de comédiens, il choisit comme thème : l’aviation. Il veut servir la propagande de l’aviation civile et, par la même occasion, exalter la jeunesse. Il atteint la quarantaine, proclame que « les metteurs en scène français sont des as, mais qu’ils ne sont pas libres, parce-qu’ils ont trop de métier » et conclut qu’« il faudrait des jeunes avec l’étincelle ».

LAURENCE OLIVIER

Laurence Olivier, considéré comme l’un des plus grands acteurs et cinéastes britanniques, est célèbre pour ses adaptations de Shakespeare, dont « Henry V », « Hamlet » et « Richard III ». Malgré un début difficile à Hollywood, il s’affirme au cinéma, alliant talent théâtral et innovation cinématographique, tout en faisant face à des défis personnels et professionnels tout au long de sa carrière.

LE FACTEUR A SONNÉ… QUATRE FOIS !

Deux hommes et une femme : le premier est jeune, il n’a que vingt-quatre ans, le second ne l’est plus, il est déjà gros et n’a jamais eu une grande séduction ; sa jeune femme, « sa petite colombe » comme il l’appelle, ne l’a épousé, émue par sa gentillesse, que pour sortir de la misère : loin de l’ame­ner à la gloire d’Hollywood, un concours de beauté ne lui avait fait connaître que la médiocrité des cantines. Entre les deux jeunes gens, l’attirance est immédiate ; un flamboiement de la chair qui n’a d’autre issue que désespérée : le crime passionnel. Le décor est une banale auberge de route de Californie, entre Santa Barbara et la frontière mexicaine. Il y aura deux procès, et la mort.