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SOME LIKE IT HOT (Certains l'aiment chaud) – Billy Wilder (1959)

Nobody’s perfect ! (personne n’est parfait !). Et voilà gravée à jamais la plus célèbre réplique de dialogue du cinéma mondial avec les « Bizarre, bizarre » de Jacques Prévert ou les « Atmosphère, atmosphère ! » d’Henri Jeanson ! Cette phrase est le triomphe de l’équivoque et de l’ambiguïté, armes absolues de subversion pour Billy Wilder qui, dans ce jeu du chat et de la souris avec la censure (terme générique englobant toutes les ramifications morales et économiques d’un système social), va ici peut-être encore plus loin, avec plus d’audace, que dans The Seven yeay itch (Sept ans de réflexion).

IRMA LA DOUCE – Billy Wilder (1963)

Gardien de la paix intègre et naïf, Nestor Patou embarque toutes les prostituées des Halles. Son supérieur – client de ces dames – le félicite… en le limogeant ! A la rue, Nestor s’éprend d’Irma, la plus douce des filles de joie du quartier ; il devient son souteneur, mais n’a qu’un but : retirer Irma du trottoir. Il élabore un stratagème complexe… C’est un film mineur dans l’oeuvre de Wilder : intrigue à l’eau de rose, quasiment à deux personnages, étirée sur deux heures. Mais il y a autre chose : Wilder exploite l’ensemble des idées reçues que les Américains ont sur la France pour réinventer un Paris de légende, aux couleurs criardes comme celles des marchandises qu’on vend aux Halles, quartiers de viande bien rouge, choux bien verts. Ça devrait être ridicule, façon poulbot-Montmartre, mais ce décor (signé Trauner) est bourré de charme et appuie les choix délibérément non réalistes du cinéaste. C’est un véritable enchantement plastique, l’irréalisme frisant l’abstraction et, donc, l’avant-garde. Les comédiens sont remarquables : Shirley MacLaine, mignonne comme un coeur et plutôt sobre ; Jack Lemmon, jouant à merveille les simplets. Manque l’insolence, malgré un joli couplet sur la prostitution comme base du capitalisme ! [Aurélien Ferenczi – Télérama]