L’AVENTURE CRIMINELLE par Nino Frank

Il est d’usage de signaler la première apparition du terme : film noir dans un article du numéro 61, d’août 1946, de L’Ecran français. Sous le titre : « Un nouveau genre policier : l’aventure criminelle », Nino Frank définissait ainsi quelques films américains, venant de sortir en France, qui lui semblaient montrer autrement la violence physique et les actes criminels. Il les désignait comme des oeuvres de psychologie criminelle et insistait sur leur manière d’exploiter brillamment un dynamisme de la mort violente. Nommer film noir des productions tournées à Hollywood entre 1943 et 1945 n’était pas frivole. Le sentiment de malaise, l’angoisse et la peur avaient régné dans le cinéma américain pendant la seconde guerre mondiale. Ils infiltraient les films policiers et d’espionnage tout autant que les mélodrames sociaux.  Peu solaire et rarement optimiste, ce cinéma de l’ombre dominante et de la traversée douloureuse des apparences était d’une nature oppressante, dure et souvent opaque. La noirceur de ses sujets et de ses personnages fascinait  le public jusqu’au vertige. Un réalisme âpre s’y mariait avec une atmosphère de cauchemar. [Le film Noir (Vrais et faux cauchemars) – Noël Simsolo – Cahiers du Cinéma Essais – (2005)]