Étiquette : western

HIGH NOON (Le train sifflera trois fois) – Fred Zinnemann (1952)

Will Kane (Gary Cooper) quitte son poste de shérif pour épouser Amy. Le jour de leur mariage, il apprend qu’un criminel qu’il a autrefois arrêté revient par le train de midi afin de se venger. Malgré l’opposition de sa femme, il choisit de reprendre ses fonctions. Ce western, récompensé par plusieurs Oscars et écrit par Carl Foreman, critiquerait en filigrane le maccarthysme à travers la lâcheté des habitants de Hadleyville, symbole de la passivité face à la chasse aux sorcières. Le film se distingue aussi par son suspense en temps réel, renforcé par les nombreux plans d’horloges qui accentuent la tension et la solitude croissante du shérif. La mise en scène, notamment dans la rue désertée avant l’affrontement final, souligne son isolement. L’œuvre se démarque également par la richesse de ses personnages féminins, notamment Amy (Grace Kelly),  tiraillée entre ses convictions pacifistes et son amour pour son mari, et une « commerçante » (Katy Jurado) lucide face à l’hypocrisie masculine.

LES NOUVEAUX HORIZONS DU WESTERN

Dans les années 1950, le western atteint son apogée en renouvelant ses mythes grâce aux innovations techniques et à une profondeur psychologique accrue. Il reflète les inquiétudes de l’Amérique de l’après‑guerre tout en valorisant ses idéaux traditionnels, offrant ainsi un équilibre entre spectacle et maturité narrative.

RIO BRAVO – Howard Hawks (1959)

Western mythique, « Rio Bravo » montre un équilibre remarquable entre une histoire simple mais solide et une belle étude de caractères. Les relations entre les personnages et le groupe semblent être l’objet principal, chacun refusant de se laisser enfermer dans un schéma. Howard Hawks crée une relation particulière, pleine d’attentes et de sous-entendus, entre le shérif et la jeune Feathers, aidé par le fait que John Wayne était mal à l’aise face au charme et à la sensualité d’Angie Dickinson, beaucoup plus jeune que lui. Ce jeu de séduction, ainsi que les nombreuses touches d’humour, contribuent à cet équilibre quasi parfait.

JOHNNY GUITAR – Nicholas Ray (1954)

Ce film, que les années ont transformé en « western classique », certains le considéraient en son temps comme un « faux western », ou bien comme un « super western », le genre n’étant là que prétexte pour mieux déguiser un manifeste contre le maccarthysme. Avoué ou implicite, le critère de jugement est la fidélité au western. Or ce que fait la qualité spécifique de Johnny Guitar est précisément ce qui embarrasse les maîtres du classement : la liberté que prend Nicholas Ray avec les règles d’un genre et du cinéma qu’il recrée avec amour et ironie.