TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944)

« Est-ce que tu crois qu’on pourrait créer un personnage féminin qui soit insolent, aussi insolent que Bogart, qui insulte les gens, qui le fasse en riant, et arriver à ce que le public aime ça ? » demanda Howard Hawks au scénariste Jules Furthman. Ainsi naquit le personnage de Marie Browning, la fille qui apprend à siffler à Bogart. Et ce n’est rien de dire que le public aima. Bogart, aussi, mais c’est une autre histoire.
Au départ, le film est un défi viril entre deux amis : Hawks achète les droits d’En avoir ou pas, d’Ernest Hemingway, parce que l’écrivain parie avec lui qu’il ne réussira jamais à l’adapter au cinéma ! Le cinéaste simplifie l’action, la déplace de l’Amérique latine à la Martinique, et se concentre sur les rapports entre une fille qui se comporte comme un mec et Harry Morgan, dont il fait un propriétaire de yacht individualiste, coincé dans la lutte entre Vichy et la France libre. Comme dans Casablanca ? Et alors ? Hawks est sûr de faire mieux ! Il fait différent, moins stylisé que Michael Curtiz, avec des scènes ­d’action sèches et tendues — comme lorsque Bogart abat le capitaine Renard à travers le tiroir de son bureau. Surtout, il laisse le champ libre à Lauren et à Humphrey, avec des dialogues improvisés et répétés quelques minutes avant les prises — une méthode louée par le coscénariste, William Faulkner.
Hawks lui-même se félicitait que l’intrigue ne soit qu’un « prétexte à certaines scènes » où Bogart, beau joueur et déjà amoureux, « regardait tranquillement une fille lui voler la vedette ». Coup de foudre en direct. Film mythique. [Guillemette Odicino / Télérama]

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall

Fort de France sous la tutelle du Gouvernement de Vichy durant l’été 1940. Harry Morgan est un aventurier américain qui gagne sa vie en louant son bateau pour des parties de pêche à l’espadon. Bien que la cause des résistants français de Martinique lui soit sympathique, Morgan refuse d’être mêlé de quelque façon à leur lutte clandestine. Aussi leur refuse-t-il de mettre son si précieux bateau à leur disposition. Mais lorsque son dernier client, Johnson, est abattu dans une rafle avant d’avoir pu payer sa dette, Morgan, désormais sans le sou, se trouve contraint de déroger à ses principes…

 

Fils d’un riche entrepreneur du papier de l’Indiana, Howard Hawks, parfois surnommé « le Renard gris », écrivait et réalisait depuis son arrivée à Hollywood dans les années 20.
Dans les années 40, il était un des talents les plus respectés du milieu. Pendant des années, Hawks avait voulu adapter à l’écran un roman d’Hemingway. Il se vantait de pouvoir tirer un film de la pire chose qu’Hemingway ait écrite. «Laquelle est-ce ?» a demandé Hemingway. Le Renard gris a répondu : «Ce ramassis de bêtises : To Have and Have Not ». Hawks a passé le roman à Jules Furthman, scénariste du studio et associé de longue date. Ses différentes versions ressemblaient beaucoup au roman qui se révélait problématique : Un contrebandier de rhum à Cuba se lie à des braqueurs de banque révolutionnaires et se fait tuer à la fin. L’idée d’une adaptation à l’écran déplaisait à l’administration Roosevelt, celle-ci a tenté de forcer le studio à annuler le film en bloquant le permis d’exploitation car il décrivait la corruption et la violence de Cuba. Alors Hawks a eu une autre idée. Des repérages ont montré une île isolée des Caraïbes hors d’atteinte du gouvernement américain : la Martinique de Vichy, la solution était simple : changer l’emplacement. Hawks a passé la version de Furthman à son scénariste préféré, William Faulkner, c’était un rêve devenu réalité pour Faulkner qui était ravi de collaborer avec Hemingway, qui avait plus de succès. En une semaine, Faulkner a déplacé l’histoire en Martinique, éliminé des épisodes, en a créé de nouveaux, a changé les personnages et les a tous situés sous le même toit d’un hôtel. Le scénario, cependant, était le cadet des soucis de Hawks, il s’attachait plus à faire une star d’une totale inconnue.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Walter Brennan

En 1944, Humphrey Bogart a enfin atteint la célébrité qui lui avait si longtemps fait défaut. Il lui avait fallu 20 années difficiles pour rencontrer le succès et il était déterminer à la préserver. Sa vie privée, cependant, était une autre histoire. Ses problèmes domestiques s’amplifiaient car sa femme, Mayot Methot, devenait de plus en plus instable physiquement et mentalement. A l’autre bout du pays, un jeune mannequin, Betty Perske, entamait le même voyage de New York à Hollywood que Bogart avait entrepris 10 ans plus tôt. L’écrivain Hemingway et le réalisateur Hawks formeront le duo improbable qui réunira Bogart et Perske, donnant naissance à l’une des romances les plus légendaires d’Hollywood.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Marcel Dalio, Dolores Moran, Walter Surovy

Contrairement à Bogart, Betty Perske n’était pas riche quand elle est venue au monde en 1924, fille d’une pauvre famille juive du Bronx, ses parents avaient divorcé quand elle est était petite et elle voyait rarement son père. Elevée par sa grand-mère, dont le nom était Bacall, elle fréquentait l’Académie d’arts dramatiques et adulte, elle obtint quelques rôles à Broadway. Elle était aussi mannequin et sa photo en couverture d’Harper’s Bazaar en 1943 a attiré l’œil de Nancy « Slim » Gross, la femme d’Howard Hawks, elle lui a montré la couverture et il a tout de suite été captivé par le regard oppressant qui le fixait.

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Hawks a amené le mannequin à Hollywood, signant avec elle un contrat exclusif de sept ans qui démarrait à 100 dollars par semaine. Hawks a commencé à transformer Betty Perske en Lauren Bacall, mais le studio n’était pas sûr qu’elle corresponde au personnage de Marie, une femme endurcie par la vie. Pour gagner du soutien, Hawks lui a présenté Bogart sur le tournage de Passage to Marseille, mais il n’y a pas eu d’entente immédiate, comme elle l’a dit. Pour l’essai de Bacall pour To Have and Have Not , on dit que Hawks a écrit la célèbre « scène du sifflet », même si on n’est pas sûr qu’il fut le véritable auteur. Pendant le tournage, Faulkner a trouvé le moyen d’insérer cette scène qui n’était pas dans le scénario original. L’essai a gommé les derniers doutes que le studio pouvait avoir et Hawks a organisé une seconde rencontre avec Bogart.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Dolores Moran, Walter Surovy

Comme le remarque Jacques Lourcelles, To Have and Have Not est une sorte de remake de Casablanca où Humphrey Bogart s’engage dans une action qu’au départ il dédaignait ou traitait à la légère. Mais dit-il « à l’inverse de Casablanca, les personnages ne songent guère au passé, et l’avenir les tourmente peu. Ils vivent au présent et y évoluent à l’aise. Hawks est dans son classicisme, le cinéaste du présent et, par extension, le cinéaste du bonheur (…) Les personnages coulent, sans se prendre au sérieux, leur envie d’action et leur goût du bonheur. Pas plus qu’ils ne songent à composer sur le plan moral, à accepter tel ou tel compromis, les acteurs qui les incarnent n’ont à se soucier de la composition. Hawks est à la recherche de la dimension minimale entre ses personnages et ses interprètes, au moins en ce qui concerne leur caractère, et il l’a trouvée ici au-delà de toutes ses espérances. L’ironie l’insolence tranquille de Lauren Bacall faisaient d’elle dès l’origine un personnage « hawksien » à part entière et Hawks a rassemblé autour d’elle, comme dans tant de ses films, un groupe de personnages qui se comprennent, s’estiment, se ressemblent et font de cette communauté de vues et de caractères la base de leur action.»

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Marcel Dalio, Sheldon Leonard

Jacques Lourcelles rappelle que le film et né d’une blague et d’un défi. Hawks avait assuré à Hemingway qu’il pourrait tirer un bon film même de sa plus mauvaise histoire. Hemingway proposa son roman « To have and have not ». Le film fut refait deux fois, la première par Michael Curtiz avec The Breaking Point (Trafic en haute mer) en 1950 puis par don Siegel avec The gun runners en 1958.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall

La distribution du film se fit rapidement. Comme le rôle de Sylvia / Hélène devait être aussi important, ou plus, que celui de Marie, on avait envisagé Ann Sheridan, que Hawks avait recommandée à Warner après son essai pour The Road to Glory (Les Chemins de la gloire,1936) des années plus tôt. Mais l’idée fut abandonnée, le rôle ayant perdu de l’importance (de plus, Sheridan était « suspendue » par le studio à l’époque). N’ayant plus besoin d’un grand nom, Hawks s’intéressa, de plus d’une façon, à Dolores Moran, et décida que son apparence plus charnelle et voluptueuse contrasterait efficacement avec la sveltesse de Bacall. Walter Brennan, seul choix possible pour Eddie l’ivrogne, fut emprunté, non sans les difficultés d’usage, à Goldwyn. Dan Seymour, un ancien artiste de night-club qui venait de jouer le rôle du portier du Perroquet Bleu, la boîte de nuit de Sydney Greenstreet dans Casablanca, fit d’abord un essai pour le rôle d’un des révolutionnaires cubains, qu’il trouva absurde. Un peu plus tard, dit-il, « je reçus un scénario, et ça n’avait rien à voir avec la scène que j’avais tournée. La couverture disait « Dan Seymour, capitaine Renard ». Je l’ai lu et ai découvert qu’il s’agissait du policier de Vichy ». Hawks le coiffa lui-même d’un béret, demanda qu’on le rembourre pour accentuer encore ses cent soixante kilos, et lui dit de n’utiliser qu’un très léger accent français. Marcel Dalio, le génial acteur français qui lui aussi avait un rôle dans Casablanca, s’imposait pour jouer Gérard, ou « Frenchy ». [Hawks – Todd McCarthy – Institut Lumière / Actes Sud (1999)]

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Lauren Bacall, Hoagy Carmichael

Quant à Hoagy Carmichael, ce sympathique compositeur de chansons à succès avait écrit des airs pour de nombreux films et avait tenu un petit rôle dans l’un d’eux, mais n’avait jamais eu la moindre ambition d’être acteur. Slim et la femme de Carmichael, Ruth, étaient presque voisines, et se lièrent d’amitié. Bientôt les Carmichael furent de fréquents invités à Hog Canyon. « J’étais assez fasciné par Hawks parce qu’il avait ce qu’on appelle de la classe, il était compréhensif et intelligent, a dit Carmichael. J’étais enchanté que nous soyons amis. Soudain, alors que j’étais à New York, je reçois un télégramme de lui me demandant si j’aimerais être dans le film.» Quand Carmichael revint en Californie, Hawks le mit à l’aise en lui faisant jouer « How Little We Know » au piano pour son essai. Carmichael était chez lui devant un clavier, et nul n’aurait pu être plus naturel dans le rôle d’un sympathique musicien de saloon qu’un pianiste véritable. [Hawks – Todd McCarthy – Institut Lumière / Actes Sud (1999)]

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall

Le scénario inachevé, le tournage a démarré le 29 février 1944,  avec Lauren Bacall qui demande : « Quelqu’un a une allumette ? » Elle était si nerveuse qu’elle tremblait de frayeur, Bogart essayait de l’aider à se détendre, mais elle comprit que la seule façon de cacher son tremblement était de rester tête basse, de baisser le menton et de lever le regard, c’était la naissance du « regard » qui l’a rendue célèbre. Avec Bogart, Bacall a pris confiance et a commencé à s’imposer dans le film, Hawks a réduit les scènes de Dolorès Moran et a consolidé le rôle de Bacall.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall

Trois semaines de tournage et la célèbre romance de Bogey et Bacall a commencé, il est allé lui dire bonne nuit dans sa loge, s’est penché impulsivement lui a mis la main sous le menton et l’a embrassé sur les lèvres. Il lui a fait écrire son numéro sur une boîte d’allumettes, elle l’a fait avec joie. C’était un comportement inhabituel pour Bogart qui était connu pour sa fidélité quand il s’agissait de mariage.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Marcel Dalio, Dolores Moran, Walter Surovy

Leur romance a eu un effet positif sur le tournage qui est devenu irrévérencieux et détendu, Hawks était le seul à ne pas être content, il était furieux et jaloux de leur relation, vexé que Bacall n’est pas craqué pour lui… Il avait une histoire avec Dolores Moran et une figurante, Dorothy Davenport. Si Hawks n’était pas content, la femme de Bogart l’était encore moins, elle a commencé à venir au studio , l’équipe avertissait Bogart et Bacall et disait à Mayo que Bogart était sorti avec les acteurs pour l’éloigner. Mais une fois le film dans la boîte après 62 jours de tournage, Bacall est allée chez les Hawks et Bogart retourna auprès de Mayo. Moins d’un an auparavant, Betty Perske n’était qu’une aspirante actrice et mannequin, mais durant les semaines précédant la première de To Have and Have Not, Hawks et la Warner l’ont mise sous le feu des projecteurs, réinventant son passé pour la remodeler en Lauren Bacall, star.

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Marcel Dalio

Pendant tout le tournage, Hawks limita les contacts de Bacall avec la presse, préparant soigneusement un lent crescendo publicitaire qui atteindrait son point culminant avec la sortie du film. L’énorme succès des deux avant-premières convainquit le studio que Le Port de l’angoisse n’était pas un film ordinaire. Le chef de la publicité, Charles Einfeld, s’enthousiasma quand il vit le film avec le public : « On n’a rien vu de semblable à Bacall au cinéma depuis Garbo et Dietrich. C’est une des plus formidables attractions que nous ayons jamais eues ». Pendant des mois, journaux et magazines stimulèrent l’intérêt du public pour « The Girl with The Look », Au même moment, à Hollywood, Bacall dut endurer un été pendant lequel elle ne put passer que quelques brefs et furtifs moments avec Bogart, qui était avec sa femme sur son yacht à Newport. Hawks était convaincu d’avoir eu raison de faire en sorte que Bogart ne quitte pas sa femme pour Bacall. Et il était si satisfait de l’interprétation de Bacall dans le film qu’il décida de lui pardonner ses frasques et d’accepter l’offre de Jack Warner de préparer immédiatement un autre film pour Bogart et Bacall, certain qu’elle continuerait à subir sa judicieuse influence. [Hawks – Todd McCarthy – Institut Lumière / Actes Sud (1999)]

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ON SET – TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944)

«C’est le meilleur et le seul véritable metteur en scène de cinéma avec qui j’ai jamais travaillé, a dit Bacall .. Je pense qu’il était totalement en avance avec cette façon pleine d’esprit de montrer les hommes et les femmes. Ses films n’ont pas vieilli ils sont complètement modernes. Il trouvait que les femmes devaient se comporter comme les hommes. Avec lui, on se sentait en sécurité. Et on s’amusait ». Les farces étaient à l’ordre du jour. Hoagy Carmichael joua tout le film avec un cure-dent à la bouche, ce qui ajouta un aspect mémorable à son personnage. « C’était un truc, comme George Raft et sa pièce de monnaie. C’était mon idée et Howard n’a pas dit que ça lui plaisait, mais il n’a pas dit le contraire ». Bien que n’étant pas le bienvenu sur le plateau, Jack Warner annonça un jour qu’il amenait l’échotière Louella Parsons. Dan Seymour se souvient que le premier assistant, Jack Sullivan, « informa Hawks, qui prit la porte, monta dans sa voiture et quitta le studio. Sullivan nous renvoya tous chez nous. Quand Warner arriva avec Louella, Hawks, Bogie et Bacall étaient partis. Jack Sullivan dit à Warner qu’on avait fini pour la journée. Michael Curtiz en entendit parler et essaya de faire la même chose, mais en vain. Warner et les autres avaient peur de Hawks parce qu’il était tellement froid ». [Hawks – Todd McCarthy – Institut Lumière / Actes Sud (1999)]

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Lauren Bacall, Hoagy Carmichael

Bacall était surprise que Hawks veuille qu’elle chante dans le film. Elle prenait des leçons, mais personne ne savait si elle pourrait chanter elle-même et Hawks chercha une chanteuse qui pourrait éventuellement la doubler ce qui n’était pas facile étant donné la voix de Bacall. Il en essaya plusieurs, dont Lillian Randolph, une chanteuse noire à la voix grave, Dolores Hope, et le jeune adolescent Andy Williams. C’est ce dernier que Hawks choisit, et ce fut sa voix, qui sortit du play-back le 1er mai quand il filma finalement How Little We Know. Bacall chantait en même temps, tandis que Carmichael pianotait silencieusement. Hawks aima ce qu’elle faisait et lui dit de continuer. Finalement, il décida de la réenregistrer chantant la chanson, et c’est ainsi qu’en dépit de la légende selon laquelle Andy Williams double Bacall (légende si généralement acceptée qu’elle est devenue la réponse juste au jeu télévisé Jeopardy), la vérité est que Bacall chante bel et bien ses chansons dans Le Port de l’angoisse. [Hawks – Todd McCarthy – Institut Lumière / Actes Sud (1999)]

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TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944) – Humphrey Bogart, Lauren Bacall

Quand le film est enfin sur les écrans, le public a adoré le couple Bacall-Bogart. Avec l’agitation suscitée par To Have and Have Not,  Bogart a fait face à une crise, il voulait divorcer de Mayo mais elle sombrait de plus en plus dans l’alcoolisme. A l’automne 1944, commençait le tournage du projet suivant de Hawks : The Big Sleep (Le Grand sommeil).  Les choses avaient changé, on ne s’amusait plus autant sur le plateau. La vie privée et agitée de Bogart le rendait lunatique, réputé professionnel, il commençait à arriver mal préparé, Bacall était son seul rayon de soleil. A Noël, il est venu avec un sifflet en or avec l’inscription : « Si tu as bseoin, siffle », trois jours après la fin du tournage, on annonçait leurs fiançailles.

Les extraits

Fiche technique du film

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