L’AVÈNEMENT DU PARLANT
Après plus de trente ans de mutisme, le cinéma est sur le point de parler. Commence alors une passionnante compétition pour trouver le meilleur système de synchronisation entre son et image…
Après plus de trente ans de mutisme, le cinéma est sur le point de parler. Commence alors une passionnante compétition pour trouver le meilleur système de synchronisation entre son et image…
Après de retentissants débuts dans le sonore, le western connut une alarmante baisse de popularité au cours des années 1930. Mais dès la fin de la décennie, il redevint un des genres préférés du public.
Dans les années 1950, Hollywood se penche sur les problèmes de la jeunesse : alibi sociologique qui permet d’exploiter avec profit les engouements de la nouvelle génération de teenagers, représentant un public non négligeable.
A la fin de la guerre, le cinéma français fut profondément réorganisé. Les institutions vichyssoises, dont la principale était, dans ce domaine, le C.O.I.C., étaient condamnées à disparaître. La nécessité d’une réorganisation du cinéma ne fut en elle-même jamais remise en cause, et il ne s’agissait que de procéder à un changement des structures. Encore ce changement ne fut-il pas immédiat et s’opéra-t-il en plusieurs temps.
En difficulté pendant les années 1930, la Paramount battra tous les records de recettes au lendemain de la guerre : un redressement spectaculaire dû à une gestion aussi avisée que clairvoyante.
The Great Dictator, To Have and Have Not, Casablanca, To be or not to be : on oublie parfois qu’avant de devenir des monuments de l’histoire du cinéma, ces films furent réalisés pour inciter l’Amérique à combattre de toutes ses forces le péril nazi.
Vampires, monstres créés par de diaboliques savants, loups-garous, mutants, toute cette effroyable engeance s’échappa des studios hollywoodiens au cours des années 1930 pour terroriser des millions de spectateurs ravis.
Quand l’Italie déclare la guerre à la France et à l’Angleterre, le 10 juin 1940, Cinecittà semble ne pas vouloir se rendre à l’évidence de la gravité de la situation. Sur le plan cinématographique, la bataille contre l’invasion américaine a été gagnée dès 1938. Grâce à la loi Alfieri (du 6 juin) et à la loi sur le monopole (du 20 septembre de la même année), la production étrangère a été bloquée et, sur le plan intérieur, on a vu se développer, par voie de conséquence, ce que certains ont appelé une « véritable orgie de production ».
Après des années d’effort, demeurés à peu près vains depuis 1945, de jeunes réalisateurs français réussirent enfin à se faire remarquer en faisant irruption dans le monde cinématographique avec une énergie sans précédent. L’apparition soudaine en 1959 de la nouvelle vague mit le monde cinématographique en émoi. Ce fut une extraordinaire explosion d’activité créatrice : en dix-huit mois, une quarantaine de jeunes metteurs en scène accédèrent à la réalisation. On put même croire qu’une approche originale et des techniques nouvelles allaient révolutionner l’industrie du cinéma. Il s’agissait sinon d’un malentendu, du moins d’une exagération.
Véritable pépinière de talents, les studios Ealing ont créé un style inimitable et spécifiquement anglais, contribuant ainsi brillamment au prestige du cinéma britannique de l’après-guerre.
Les années 1960 furent cruciales pour Hollywood : un contrôle sévère des budgets, la relève inéluctable de la vieille garde et une nouvelle génération de spectateurs favorisèrent l’éclosion d’idées et de talents nouveaux.
En Europe comme à Hollywood, des fantômes très freudiens envahissent les écrans. Emanations du subconscient collectif, ange et démons incarnent les angoisses et les incertitudes des années d’après-guerre.
La dépression apporta la misère et le chômage. Pour faire oublier au public américain la triste réalité quotidienne, Hollywood lui proposa du rêve qu’il pouvait acheter pour quelques cents. Au cours des années qui suivirent la crise de 1929, les magnats de Hollywood n’eurent guère à faire d’efforts d’imagination pour dérider un public totalement abattu.
Au début du New Deal. Hollywood réagit à la période noire de la crise économique par des films ou le réalisme. les sentiments forts et l’esprit d’aventure composaient une sorte d’« optimisme de la volonté ». L’arrivée du parlant, qui coïncida aux Etats-Unis avec la Dépression, favorisa la popularité de vedettes incarnant des personnages « quotidiens » avec lesquels les spectateurs pouvaient s’identifier. Très différents des inaccessibles stars du muet, les jeunes vendeuses et les vaillants garçons de province qui peuplaient désormais les écrans vivaient la crise, montrant parfois comment résoudre les problèmes de l’heure.
Au cours des années 1950, la guerre froide favorisa, aux États-Unis, l’essor de la science-fiction cinématographique. L’invasion des extra-terrestres sur les écrans répondait, en quelque sorte, à l’obsession du péril rouge. r Wars. On peut s’interroger sur les raisons de leur succès – car ces films « marchaient » fort bien – tant leur naïveté, que ce soit sur le plan technique ou dramatique, est désarmante. Peut-être est-ce précisément cette naïveté même qui fait le charme, à des décennies de distance, de cette première vague de schlock (onomatopée évoquant le son produit par des objets métalliques jetés dans une poubelle).