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FRANK CAPRA

Frank Capra fut le cinéaste de l’ère rooseveltienne. Ses films utopiques et optimistes participèrent à l’effort de l’Amérique pour sortir » de la crise. « Je voulais chanter le chant des ouvriers opprimés, des exploités, des affligés, des pauvres. Je voulais être aux côtés des éternels rêveurs et partager les outrages de tous ceux qui étaient méprisés pour des raisons de race et d’argent. Surtout, je voulais combattre pour leurs causes sur les écrans du monde entier. » En écrivant ces lignes en 1971, Frank Capra ne voulait pas seulement reprendre les commentaires flatteurs que les critiques avaient réservés à ses films. Alors que d’autres réalisateurs œuvraient sur des sujets légers et brillants, Capra fut l’auteur d’œuvres basées sur une réalité vécue ou espérée par le public. Ce furent les films de l’idéalisme rooseveltien.

HOLIDAY INN (L’Amour chante et danse) – Mark Sandrich (1942)

Si Holiday Inn (L’amour chante et danse) ne présentait qu’un seul intérêt, ce serait évidemment celui d’être le film pour lequel a été composée une chanson au succès phénoménal : « White Christmas ». Interprété par Bing Crosby, le morceau est resté pendant des décennies le titre plus vendu au monde, jusqu’à ce que le « Candle in the Wind » d’Elton John ne vienne le détrôner en 1997… Mais la composition la plus fameuse d’Irving Berlin est loin d’être le seul atout de Holiday Inn. Onze autres chansons originales ont été écrites par le musicien (dont You’re Easy to Dance With, qui sera l’un des succès discographiques de Fred Astaire), et le film reprend en outre deux de ses anciens « tubes » : Lazy et Easter Parade. Plusieurs de ces chansons donnent lieu à d’excellentes chorégraphies, et le film repose par ailleurs sur un scénario amusant et bien ficelé. Holiday Inn continue donc à séduire le public du XXIe siècle, même si le numéro Abraham, dans lequel les acteurs apparaissent en « blackface » (une tradition du music-hall américain qui consiste pour des artistes blancs à se grimer en Noirs), est aujourd’hui censuré par certaines chaînes de télévision pour son caractère discriminant.

WHITE CHRISTMAS (Noël blanc) – Michael Curtiz (1954)

L’automne 1954 a sans doute été une période difficile pour les responsables de la comédie musicale à la MGM. Non que leurs productions de l’année, comme Brigadoon ou Seven Brides for Seven Brothers (Les Sept Femmes de Barbe-Rousse), aient été des échecs. Mais tout d’un coup, deux concurrents semblent vouloir saper leur suprématie sur le genre musical. C’est en effet le 11 octobre que la Warner organise l’avant-première New-Yorkaise de A star is born (Une étoile est née), qui marque le grand come-back de Judy Garland (remerciée quelques années plus tôt par… la MGM). Et c’est à peine trois jours plus tard que, dans la même ville, la Paramount offre au public la primeur de White Christmas (Noël blanc), qui associe les talents de Bing Crosby à ceux du compositeur Irving Berlin. Sans compter que ce film de Michael Curtiz s’appuie également sur le charisme du comique Danny Kaye et de la chanteuse à succès Rosemary Clooney, tous deux extrêmement populaires. Gageons que les exécutifs de la MGM ont espéré un temps que ces deux films ne tiendraient pas leurs promesses. On sait qu’il n’en fut rien. Car si le charmant White Christmas  n’a pas atteint le statut de film culte de A star is born , il a tout de même rapporté 12 millions de dollars à sa sortie, avant de devenir un grand classique des rediffusions de fin d’année en Amérique. [Eric Quéméré – Comédies musicales]