LA COMÉDIE MUSICALE CHERCHE SON STYLE

A la fin des années 30, le public américain boude la comédie musicale. A l’affût de talents nouveaux et de formules à succès, Hollywood cherche par tous les moyens à renouveler un genre qui s’essouffle. 

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NAUGHTY MARIETTA (La Fugue de Mariette,) est la première comédie musicale du populaire duo Jeanette MacDonald-Nelson Eddy, couple romantique par excellence qui fut lancé par Woody Van Dyke

En 1939, lorsque Fred Astaire et Ginger Rogers mettent fin à leur association après The Story of Vernon and Irene Castle (La Grande Farandole), on peut croire que la comédie musicale jette ses derniers feux. Leur séparation marque en effet la fin d’une époque : on ne verra plus ces couples fantasques évoluer au milieu de décors somptueux, à l’élégance suave et raffinée, si typique des années 30. Et si Fred Astaire continuera à faire danser les plus belles femmes du cinéma, il ne retrouvera plus de partenaire attitrée.

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Deanna Durbin et le chef d’orchestre Leopold Stokowski dans ONE HUNDRED MEN AND A GIRL (Deanna et ses boys). La formule éprouvée de cette comédie musicale allait servir de modèle à nombre d’autres films du genre

Autre genre en déclin, autre couple exemplaire qui disparaît. En 1942, Jeanette MacDonald et Nelson Eddy renoncent à leurs romantiques duos d’amour après une dernière apparition dans I Married an Angel (Ma femme est un ange) : une vaine tentative pour moderniser leur image en adaptant un show à succès de Rodgers et Hart. L’opérette hollywoodienne a vécu elle aussi…

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Sonja Henie, la célèbre patineuse de la 20th Century-Fox, fut la vedette de WINTERTIME (Fleur d’hiver, 1943) réalisé par William Le Baron

Plus que tout autre genre cinématographique, le musical est tributaire du goût du moment : victime de la mode, il connaît des éclipses périodiques, mais aussi des renouvellements spectaculaires. Au début des années 30 déjà, après le véritable « rush » qui suivit l’avènement du parlant, le public avait été vite lassé. A tel point que les cinémas devaient afficher « Ceci n’est pas une comédie musicale » pour avoir une chance de remplir la salle ! Et il faudra attendre 1933 pour que le musical triomphe à nouveau avec les délirantes débauches de girls et la « virevoltante » caméra de Busby Berkeley : Gold Diggers of 1933 (Chercheuses d’or 1933) et 42nd Street (42e Rue). [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Esther Williams, la « sirène » des somptueux ballets aquatiques de la Metro, dans la dernière superproduction qu’elle tourna pour cette compagnie, JUPITER’S DARLING (La Chérie de Jupiter, George Sidney, 1955), où elle avait pour partenaire Howard Keel.
A la recherche de formules originales

Mais après ce feu d’artifice du milieu des années 30, le public boude à nouveau la comédie musicale. Les vieilles recettes ont perdu leur magie et le grand Busby Berkeley lui-même a quitté la Warner pour tenter sa chance à la MGM… ou ailleurs. A la recherche de nouvelles formules à succès, les producteurs, ne sachant plus à quel saint se vouer, vont miser à la fois sur les grands airs favoris de la musique classique et sur l’éternel attrait de la jeunesse. L’idéal étant bien entendu de combiner les deux. Or ils ont précisément l’oiseau rare à leur disposition en la personne de Deanna Durbin ; elle est très jeune, elle est jolie et, miracle, cette adolescente est dotée d’un ravissant soprano.

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I’LL BE YOURS réalisé par William A. Seiter (1947) avec Deanna Durbin

Deanna Durbin a fait ses débuts à l’écran en 1936 dans Every Sunday, un court métrage consacré aux jeunes espoirs de la MGM. Elle y apparaît aux côtés d’une autre adolescente prodige : Judy Garland. Cette dernière, prétend-on, n’a guère été appréciée par Louis B. Mayer, qui aurait ordonné : « Qu’on se débarrasse de cette fille grassouillette ! » ; mais par suite d’un malentendu, c’est Deanna Durbin qui aurait été renvoyée par erreur, tandis que l’on signait au contraire un contrat à Judy Garland… Que l’anecdote soit véridique ou non, Joe Pasternak, de l’Universal, ne laissera pas échapper l’occasion et il engagera aussitôt la jeune Deanna pour Three smart girls (Trois jeunes filles à la page, 1937). Cette comédie à petit budget rapporte des millions, sauvant ainsi la firme de la faillite : Deanna est désormais une star. On la verra ensuite dans One hundred men and a girl (Deanna et ses boys, 1937), où sa voix d’or et son joli minois persuadent Leopold Stokowski de diriger un orchestre de musiciens au chômage. Exploitant toujours les grands succès de la musique classique, ses films suivants, Mad with music (Délicieuse, 1938) et That certain age (Cet âge ingrat, 1938), s’en tiennent prudemment à la même formule éprouvée. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Judy Garland et Deanna Durbin (à gauche) dans EVERY SUNDAY, un court métrage de la MGM. C’est aprés avoir vu cet essai que Joe Pasternak engagea Deanna Durbin et lui fit tourner THREE SMART GIRLS (Trois Jeunes Filles à la page), où elle fut dirigée par Henry Kaster.
Le jazz contre la musique classique

En offrant au public les œuvres immortelles des grands musiciens, Hollywood se donne une caution morale à toute épreuve, tout en réalisant de substantiels bénéfices. L’alibi culturel est toujours valable lorsqu’il s’agit d’exploiter avec profit la prétendue bataille entre le jazz et les classiques. Un thème déjà abordé par le biais de la danse par Fred Astaire dans Shall we dance ? (L’Entreprenant M. Petroff, 1937) ; citons encore le ballet « Romeo et Juliette » de Goldwyn Follies (1938) ou On your toes (Sur les pointes, 1939).

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BABES IN ARMS (Place au rythme) est une comédie musicale américaine, musique de Richard Rodgers et lyrics de Lorenz Hart, créée le 14 avril 1937 au Shubert Theatre de Broadway. Elle a été adaptée en 1939 au cinéma par Busby Berkeley avec avec Mickey Rooney et Judy Garland

Les comédies musicales de « teen-agers » offrent un cadre idéal pour cet affrontement entre jazz et classique. On voit ainsi apparaître un nouveau stéréotype à succès ; les forts en thème à lunettes ou nœud papillon, tenants de Bach et de Beethoven, contre les champions du « swing », plus modernes et décontractés. La MGM misera ainsi sur la jeunesse et le « high school musical », dont la meilleure illustration reste Babes in Arms (Place au rythme, 1939) de Busby Berkeley, avec Judy Garland et Mickey Rooney, le couple d’adolescents favori du public. Pour sa part l’Universal lance- d’innombrables films de série B, peuplés d’étudiants-es ou de jeunes recrues de l’armée. Donald O’Connor et Peggy Ryan y incarnent presque toujours les « mordus du jazz » face à Gloria Jean, la « bûcheuse qui défend la musique classique » ; citons notamment When Johnny comes marching home et Mr. Big (tous deux de 1943), ou Follow the Boys (Hollywood Parade, 1944).

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Donald O’Connor, Peggy Ryan et Gloria Jean dans WHEN JOHNNY COMES MARCHING HOME, une production musicale d’Universal.

Chaque firme se doit d’avoir sous contrat au moins une star de comédie musicale. Les producteurs, à l’affût de l’oiseau rare, guettent donc attentivement l’apparition de tout nouveau talent : dans le domaine du chant et de la danse essentiellement, mais sans négliger le patinage ou la natation… La MGM, qui, en la matière, dicte les modes plutôt qu’elle ne les subit, possède alors sa grande danseuse moderne : Eleanor Powell. Celle-ci est plus remarquable par sa souplesse et ses longues jambes que par son talent d’actrice, mais, dès qu’elle entre en mouvement, son magnétisme et son entrain communicatif font oublier l’indigence du scénario. Ses spectaculaires numéros de claquettes sauvent ainsi de l’ennui des œuvres banales comme Broadway Melody of 1936 (Mélodie de Broadway), qui malgré son titre fut tourné en 1935, Broadway Melody of 1938 (Règne de la joie, tourné en 1937), ou Rosalie (1937). Elle fera sans doute sa meilleure prestation dans Broadway Melody of 1940 (Broadway qui danse), de Norman Taurog, où elle a enfin un partenaire à sa mesure, Fred Astaire avec lequel elle se livre à un éblouissant « duel » de tap dancing ; elle bénéficie également d’excellentes chorégraphies sur des lyrics de Cole Porter, dont un étonnant « Begin the Beguine ». Mais, après cette superbe démonstration, Eleanor Powell sera malheureusement réduite au rôle de faire-valoir face à Red Skelton, la nouvelle star comique de la MGM, et elle abandonnera les studios en 1944.

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Eleanor Powell dans ROSALIE réalisé par W.S. Van Dyke (1937)

Hollywood ne dédaigne pas non plus le prestige des étoiles de la danse classique. Vera Zorina, épouse du grand chorégraphe George Balanchine, fait ses débuts à l’écran dans Goldwyn Follies. Elle a ensuite la vedette dans On your toes, un rôle qu’elle a créé sur la scène londonienne. On la verra encore dans Star spangled rhythm (Au pays du rythme, 1943), une fastueuse production de la Paramount, et dans Hollywood Parade. Sa carrière de danseuse prendra fin en 1945. Côté masculin, aucun danseur n’atteint alors la popularité d’un Fred Astaire, en dépit des efforts des studios pour promouvoir de nouvelles vedettes. Buddy Ebsen, partenaire de Judy Garland, Eleanor Powell et Shirley Temple, n’a pas l’envergure d’une star. Ray Bolger, véritable « homme-caoutchouc » célèbre à Broadway pour sa silhouette dégingandée et ses mimiques clownesques, n’a pas le type requis pour séduire les foules. On n’oubliera cependant pas son étonnante création dans The Wizard of Oz (Le Magicien d’Oz, 1939) de Victor Fleming, où il incarnait le personnage de l’épouvantail. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Paulette Goddard, Dorothy Lamour et Veronica Lake dans STAR SPANGLED RHYTHM (Au pays du rythme, 1942)
Une image de marque bien définie

Si la plupart des acteurs de comédie musicale vont et viennent d’un studio à l’autre selon les besoins des productions, les stars, qui sont sous contrat, sont loin de pouvoir choisir leurs rôles avec la même liberté. A chaque vedette correspond un emploi précis, soigneusement mis au point. Ainsi, à la Paramount, Bing Crosby est le roi incontesté du musical et Bob Hope est le comique numéro un, même s’il se lance de temps à autre dans un numéro chanté. Quant aux principaux rôles féminins, ils sont répartis automatiquement entre les « Top Four ». Paulette Goddard s’adjuge toutes les interprétations dramatiques, tandis que Dorothy Lamour et son sarong jouent la carte exotique. Veronica Lake est la séductrice ou la femme fatale ; enfin Betty Hutton monopolise les rôles fantaisistes des musicals. Néanmoins chaque vedette peut se permettre occasionnellement une incursion dans un registre inhabituel.

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Betty Hutton et Bing Crosby dans HERE COME THE WAVES (La Marine en jupon) réalisé par Mark Sandrich en 1944

De nombreuses stars des années 30 et 40 ont fait leurs débuts comme chanteurs. Bing Crosby, vedette de la radio, est ainsi recruté par la Paramount ; un contrat qui durera plus de vingt ans, encore que la firme le « prête » de temps à autre à ses concurrentes, moyennant une substantielle compensation. Avec sa désinvolture nonchalante et son inimitable baryton voilé, le célèbre « crooner » va renouveler le style de la comédie musicale. Cherchant à former un nouveau couple idéal, la Paramount va lui donner comme partenaire Mary Martin, une reine de Broadway dont elle entend faire une star ; on les verra ensemble dans Rhythm on the river (1940) et Birtn of the blues (1941). Par contre, Crosby ne partagera qu’une seule fois l’affiche avec Betty Hutton dans Here come the waves (1944). La pétulante actrice y incarne des sœurs jumelles, l’une sage et réservée, l’autre exubérante et fantasque, ce qui correspond mieux à sa véritable nature. Craignant sans doute que ses deux stars ne s’éclipsent l’une l’autre, la Paramount pense faire un meilleur investissement en associant Bettv Hutton à Eddie Bracken : The Fleet’s in (L’Escadre est au port, 1942), The Miracle of Morgan’s Creek (Au pays du rythme et Miracle au village, 1943), de Preston Sturges. Ou encore à Sonny Tufts dans Cross my heart (1945). Ces deux acteurs peu connus risquent moins en effet de pâtir de la personnalité tapageuse de la blonde Betty. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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BING CROSBY
La vogue des fantaisies sud-américaines

De même que l’état de guerre a contribué à faire apparaître de nouveaux types de stars, la politique panaméricaine intensive va inciter les producteurs à se tourner vers de nouveaux horizons. On voit fleurir sur les écrans de savoureuses fantaisies latino-américaines comme Down Argentine Way (Sous le ciel d’Argentine, 1940), That night in Rio (Une nuit à Rio, 1941) et Weekend in Havana (Week-end à La Havane, 1941). C’est le règne de Carmen Miranda qui représente un autre type de vedette des années 40 : celle qui excelle dans une seule spécialité. De film en film, et non sans humour, la « bombe brésilienne » se trémousse avec un inlassable entrain sur des rythmes sud-américains revus par Hollywood, avec force déhanchements suggestifs et claquements de doigts. Autres signes distinctifs, ses inimitables couvre-chefs, véritables pièces montées. de fruits exotiques et les invraisemblables cothurnes sur lesquels elle est perpétuellement juchée… Quant au metteur en scène, son rôle se borne essentiellement à meubler l’écran en son absence et à trouver des prétextes pour introduire ses numéros…

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Au cours du tournage de IF I’M LUCKY, Carmen Miranda, la « bombe brésilienne »

Si Carmen Miranda est la plus pittoresque des « stars spécialisées », elle n’est toutefois pas la plus célèbre. Dans ce domaine, la palme revient incontestablement à la patineuse Sonja Henie et à la nageuse Esther Williams. En 1936, Hollywood fait un pont d’or à la Norvégienne Sonja Renie, deux fois championne olympique. Cette jolie blonde sera l’un des plus sûrs investissements de la Fox, pour laquelle elle virevoltera avec grâce dans une douzaine de films, depuis One in a Million (Tourbillon blanc, 1936) jusqu’à The Countess of Monte Cristo (La Comtesse de Monte-Cristo, 1948). Après quoi elle se consacrera définitivement à l’organisation de shows sur glace. Grâce à Esther Williams, la MGM règne sans partage sur le ballet nautique. Après des débuts fracassants dans Bathing Beauty (Le Bal des sirènes, 1944) de George Sidney, cette nageuse de charme, au maquillage insolemment indélébile, resplendissante de santé, sera vouée pour de longues années aux idylles aquatiques de plus en plus sophistiquées. Jupiter’s Darling (La Chérie de Jupiter, 1955) sera son dernier film pour la MGM. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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CARMEN MIRANDA
La rentabilité avant tout

Renonçant aux grands spectacles à la Berkeley, jugés trop fastueux en temps de guerre, les studios misent désormais sur des formules moins onéreuses et vont exploiter au maximum le talent de chacune de leurs stars. La Warner, qui n’a alors dans son écurie aucune vedette de musical, se tourne vers les biographies romancées de compositeurs célèbres, George M. Cohan avec Yankee Doodle Dandy (La Glorieuse Parade , 1942) de Michael Curtiz, George Gershwin avec l’insignifiant Rhapsody in Blue (1945) ou Cole Porter avec Night and Day (Nuit et jour, 1946). Mais en 1948 la firme découvre une chanteuse à succès, Doris Day, dont elle va faire une star dès Romance in the high seas (Romance à Rio).

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Cary Grant et Alexis Smith dans NIGHT AND DAY (Nuit et jour) réalisé par Michael Curtiz en 1946

La Columbia ne possède qu’une seule vedette de musical, Rita Hayworth, mais saura en tirer le plus grand profit. Si la volcanique rousse n’a jamais appris à chanter, elle est par contre une excellente danseuse ; Rita sera une partenaire hors pair pour Fred Astaire dans You’ll never get rich (L’Amour vient en dansant, 1941) et dans You were never lovelier (Ô toi ma charmante, 1943). Elle sera également remarquable aux côtés de Gene Kelly dans Cover Girl (La Reine de Broadway, 1944) de Charles Vidor.

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Rita Hayworth et Fred Astaire dans YOU’LL NEVER GET RICH (L’amour vient en dansant) réalisé par Sidney Lanfield en 1941

La RKO tentera vainement de remplacer le couple-vedette Fred Astaire-Ginger Rogers, mais sa seule recrue sera l’actrice britannique Anna Neagle, que l’on verra dans des comédies musicales assez insignifiantes comme Irene (1940) ou No, No, Nanette et Sunny (Mardi-Gras), tous deux de 1941.

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L’actrice anglaise Anna Neagle dans NO, N0, NANETTE, une comédie musicale qu’elle tourne à Hollywood pour la RKO

Si David O. Selznick néglige les frivolités du musical pour se consacrer à des projets plus ambitieux, Samuel Goldwyn, l’autre grand producteur indépendant, découvre en 1943 un nouveau fantaisiste prometteur : Danny Kaye. Il le fera débuter en vedette dans Up in Arms (Un Fou s’en va-t’en guerre, 1944), puis l’emploiera dans toute une série de comédies musicales, parfois assez laborieuses il faut bien l’avouer. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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Alice Faye et Betty Grable dans TIN PAN ALLEY réalisé par Walter Lang en 1940
La suprématie de la Fox

Au début des années 40, la comédie musicale est le domaine privilégié de la Fox. Non seulement la firme bénéficie toujours de l’immense popularité de Shirley Temple, mais elle impose encore au public Sonja Renie et Carmen Miranda. Les producteurs donnent aussi la vedette à des orchestres entiers, tel celui de Glenn Miller qui obtiendra deux triomphes avec Sun Valley Serenade (Tu seras mon mari, 1941) et Orchestra Wives (1942). Enfin la Fox dispose d’un atout majeur avec ses célèbres « blondes de choc », Alice Faye et Betty Grable.

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ALICE FAYE

Alice Faye, déjà promue vedette dans les années 30, est une ancienne chanteuse professionnelle. Son visage plein et sensuel et sa voix rauque et expressive en font l’interprète idéale de chansons sentimentales comme « You’ll Never Know » et « No Love, No Nothing », un des grands thèmes du film de Busby Berkeley The Gang’s all here (Banana Split, 1943). Betty Grable, qui a débuté comme simple danseuse, connaît alors une extraordinaire popularité. Cette blonde potelée, dont le physique est fort éloigné des canons hollywoodiens, est l’incarnation de la « pin-up girl ». Gaie et sympathique, elle ne s’entoure d’aucune auréole de mystère, mais symbolise au contraire, pour des milliers de G.I., la brave fille qu’ils ont laissée au pays. Sa célébrité même est rassurante : c’est la preuve que toute jolie fille a ses chances.

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SUN VALLEY SERENADE (Tu seras mon mari) réalisé par H. Bruce Humberstone (1941)

Comme deux reines dans la même ruche, Alice Faye et Betty Grable se partagent les principaux rôles de toutes les comédies musicales importantes de la Fox. Quant à leurs partenaires, Don Ameche, John Payne ou Dan Dailey, ils sont interchangeables… Leurs films, généralement tournés dans le Technicolor le plus agressif, n’ont d’autre ambition que celle de fournir au public des années de guerre un joyeux divertissement. Pourtant ces œuvres sans prétention gardent aujourd’hui une vitalité et une fraîcheur étonnantes, alors que nombre de musicals plus ambitieux n’ont pas résisté à I’épreuve du temps. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

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BETTY GRABLE

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