Irving Berlin

Aux États-Unis, son God Bless America en a fait un héros national. Mais on doit aussi au compositeur des succès comme Say It Isn’t So, Easter Parade, et l’inusable White Christmas.

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Irving Berlin

La carrière d’Irving Berlin semble illustrer l’adage populaire selon lequel avec un peu de bonne volonté, on arrive à tout. Cet autodidacte qui ne savait pas lire la musique est en effet devenu l’un des compositeurs les plus prolifiques qu’ait connu l’Amérique : on lui doit plus de 1500 chansons… C’est en 1893 que, fuyant les pogroms de Russie, la famille Beilin émigre à New York. Le petit Israel a cinq ans, et à la douleur du déracinement va s’ajouter, trois ans plus tard, celle du décès de son père, Quittant l’école pour vendre des journaux, l’enfant grandit dans l’univers des cafés, où il finit par travailler comme « serveur-chanteur ». Tout comme son père, qui était chanteur de synagogue, Israel a en effet le don de la musique, au point qu’il apprend seul à jouer du piano pour se produire dans les bars.

Nouvelle vie

Déposant un jour les paroles d’une chanson, le jeune homme voit son nom orthographié « Berlin » : il choisit alors le pseudonyme d’Irving Berlin. Il est déjà un compositeur très demandé quand il livre en 1911 son premier tube, Alexander’s Ragtime Band, que Gershwin qualifiera de « premier morceau de musique réellement américain ». Devenant la coqueluche de Broadway, l’artiste ne va plus cesser d’écrire, œuvrant en particulier pour des revues de music-hall. Sa chanson A Pretty Girl is Like a Melody devient notamment le titre-fétiche des Ziegfeld Follies. Dans un genre très différent, Berlin écrira aussi des chansons patriotiques lors des deux Guerres Mondiales. Quant à sa ballade When I Lost You, elle sera inspirée de la perte de sa première femme, morte de la typhoïde en 1912.

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White Christmas

En 1927, la chanson Blue Skies figure dans le premier film parlant, Le Chanteur de jazz. C’est le début d’une longue histoire d’amour entre Berlin et le cinéma. Fred Astaire est son interprète favori, notamment dans Top Hat, En Suivant la flotte et Amanda. Dans les années 30 et 40, des films comme Parade de Printemps seront tournés dans le but avoué de fournir un écrin aux chansons de Berlin, dont le nom est très vendeur. Le compositeur fournil dans ce cas de nouveaux titres qui viennent se mêler à des airs déjà classiques. L’un de ces morceaux écrits pour l’écran sera White Christmas : interprétée par Bing Crosby dans le film L’Amour chante et danse, cette chanson va devenir la plus vendue au monde ! Fou de travail, Berlin continuera longtemps à livrer de nouvelles mélodies, avant de prendre finalement sa retraite en 1966. Il s’éteindra en 1989, à l’âge vénérable de 101 ans…

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Bing Crosby et Marjorie Reynolds dans « L’amour chante et danse » (Holiday Inn) de Mark Sandrich (1942)
Joyeuses Pâques

La chanson « Easter Parade » décrit l’événement qui enfièvre chaque année la Cinquième avenue le dimanche de Pâques, lorsque les élégantes arborent leur nouveau chapeau. La première version de ce titre, « Smile and show your dimple », avait été composée par Irving Berlin en 1916, sans aucun succès. Rangé dans un tiroir, le morceau réapparaît en 1933, avec de nouvelles paroles, dans le spectacle As Thousands cheer. Cette fois, la chanson devient très populaire, au point que la MGM décide en 1947 d’en faire le point de départ du film Parade de Printemps. Berlin se voit alors proposer un contrat alléchant : 500 000 dollars et un pourcentage sur les recettes. En échange, il cède les droits de dix chansons anciennes, et en écrit sept nouvelles. Parmi celles-ci figure « Steppin’ out with my baby », qui fournit à Fred Astaire le numéro le plus impressionnant du film (avec son trucage spectaculaire pour l’époque), et qui deviendra un standard maintes fois repris. Irving Berlin se réjouira d’autant plus de l’aventure que Parade de Printemps se hissera a la seconde place du box-office, et recevra – cerise sur le gâteau – l’Oscar de la meilleure musique…

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Judy Garland et Fred Astaire dans « Parade de printemps » (Easter Parade) de Charles Walters (1948)
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