SORRY, WRONG NUMBER – Anatole Litvak (1948)

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SORRY, WRONG NUMBER (Raccrochez, c’est une erreur) – Anatole Litvak (1948)
Distribution : Barbara Stanwyck, Burt Lancaster, Ann Richards, Wendell Corey, Harold Vermilyea
Scénario: Lucille Fletcher, à partir de sa pièce radiophonique – Directeur de la photographie : Sol Polito

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L’histoire : Leona Stevenson (Barbara Stanwyck), riche héritière invalide, se trouve un soir seule dans son appartement new-yorkais. En passant un coup de fil, elle intercepte la conversation de deux hommes qui projettent de tuer une femme. Comme la police ne peut rien tirer de cette trop vague information, Leona fait quelques recherches téléphoniques et finit par découvrir qu’elle est en fait la future victime. Leona, qui a tendance à s’apitoyer sur elle-même, souffre de troubles cardiaques psychosomatiques, Henry (Burt Lancaster), son mari, aussi faible qu’influençable, a cédé au chantage d’un sinistre individu du nom de Morano (William Conrad) qui le pousse à hâter la mort « imminente» de sa femme. Mais quand Henry apprend que la maladie cardiaque de sa femme a des origines psychiques, il veut arrêter le plan de Morano. Ce dernier refuse : il ordonne à Henry de quitter la ville et s’arrangera pour qu’on pense que Leona a été tuée au cours d’un cambriolage. Henry, plein de remords, téléphone à sa femme pour la prévenir : elle hurle soudain en voyant le meurtrier approcher, incapable de fuir ; quelqu’un reprend alors le combiné et dit : « Vous faites erreur ». Henry, en sortant de la cabine téléphonique est arrêté par la police qui avait percé son plan.

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Sorry, wrong number était, au départ, un script radiophonique de 22 minutes, écrit par Lucille Fletcher. Interprété sur les ondes par Agnes Moorehead, il avait la forme d’un monologue : il fut rediffusé sept fois entre 1943 et 1948 et traduit en quinze langues. La construction du film n’est pas aussi serrée ni aussi rigoureuse que celle de l’émission de radio mais illustre bien l’univers hermétique du monde noir et le sentiment de prise au piège. Le metteur en scène Anatole Litvak, qui, depuis la Russie, était arrivé aux Etats-Unis via l’Allemagne et la France, emploie des procédés stylistiques propres à l’expressionnisme ou au surréalisme. L’auto-emprisonnement est rendu par le mouvement circulaire de la caméra qui se déplace entre la table de nuit, surchargée de médicaments inutiles, et Leona elle-même, qui, couverte de dentelles est enfoncée dans son lit luxueux. Impuissante, elle surveille l’ombre de l’assassin grimpant l’escalier. Son seul lien avec l’extérieur – le téléphone – se révèle inutile ; elle ne peut que crier quand le gant de cuir du meurtrier vient lui arracher le combiné. Lancaster, distribué ici à contre-emploi, joue le rôle d’un homme ordinaire, portant des lunettes, terrifié par l’énorme Morano, bon à rien et velléitaire ; son jeu, contrastant avec l’hystérie mal réprimée de Leona, donne au film une vraisemblance qui manquait au scénario original. [Encyclopédie du film Noir – Alain Silver et Elizabeth Ward – Ed Rivages (1979)]

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