Étiquette : film noir

RIDE THE PINK HORSE (Et tournent les chevaux de bois) – Robert Montgomery (1947)

Ride the Pink Horsei fut soutenu par André Bazin qui en vantait la fraîcheur et la poésie et qu’il décrivait comme une « subtile imitation du genre » (le thriller) « que l’auteur contraint à révéler ses rouages les plus secrets ». Dès la séquence d’ouverture, remarquablement filmée en plans très longs, Robert Montgomery crée un climat étrange, somnambulique entièrement fondé sur l’attente et la frustration aussi bien chez les personnages que dans la construction dramatique.

FRITZ LANG ET DUDLEY NICHOLS [autour de Scarlet Street et de La Chienne]

Scarlet Street (La Rue Rouge) est le premier projet que Diana Production met en chantier. Ce sera la production la plus indépendante et la plus autonome de Fritz Lang à Hollywood. Ce sera aussi la première fois depuis House Across the Bay (1940) d’Archie Mayo avec George Raft (dont par ailleurs les scènes aériennes ont été filmées par Hitchcock), que Joan Bennett collabore avec le producteur Walter Wanger sur un projet.

THE LONG NIGHT – Anatole Litvak (1947) / LE JOUR SE LÈVE « refait » et « trahi »

Lorsque la RKO a acquis les droits de distribution du film Le Jour se lève en vue de le refaire sous le nom de The Long Night, ils ont également cherché à acheter toutes les copies disponibles du film original et à les détruire. On a cru un temps que ce film était complètement perdu, mais des copies réapparurent dans les années 1950 et son statut de film classique fut rétabli.

I DIED A THOUSAND TIMES (La Peur au ventre) – Stuart Heisler (1955)

Roy Earle, auquel Jack Palance prête sa personnalité inquiétante, est un bandit qui sort de prison grâce aux bons offices de son chef de bande. En échange de ce service il doit piller un hôtel avec deux complices qui l’attendent dans les Montagnes Rocheuses. Une ancienne entraîneuse, hors la loi comme eux, complète l’équipe. C’est Shelley Winters qui reconstitue ici avec Jack Palance le couple de The Big Knife (Le Grand couteau). Mais ce dur a du cœur et veut sauver une infirme rencontrée par hasard sur la route et qu’il aime. Tout cela finira mal car le crime ne paie pas…

LE DOULOS – Jean-Pierre Melville (1962)

Un cinéma policier des plus inhabituels ! L’affaire est ténébreuse. Mais peut-elle ne pas l’être ? Un tel « héros » ne laisse jamais deviner, par principe, ses intentions profondes. On ne peut pas tracer une frontière précise entre sa franchise et sa duplicité. Nous sommes dans la pénombre des consciences ambiguës. L’incertitude perpétuelle qu’inspire le doulos crée fatalement un climat d’angoisse. Que l’on interprète mal tel ou tel geste, qu’une fausse pensée chemine, et nous frôlons aussitôt la tragédie. Là réside le véritable intérêt du film. Le narrateur piste la vérité psychologique d’un être à travers une intrigue dont chaque rebondissement aiguise notre curiosité. [Louis Chauvet]

LE FILM NOIR FRANÇAIS

C’est un réflexe de curiosité qui nous portent vers le film noir français. En effet, quelle forme fut plus occultée en faveur du thriller américain et de sa vogue chez nous ? Quand Bogart-Philip Marlowe appartenait à nos mémoires les plus chauvines, Touchez pas au grisbi de Becker était à une époque invisible. La Nouvelle Vague avait opéré une fracture avec un certain cinéma sclérosé qu’elle allait remplacer. A l’exception de Renoir, elle se voulait sans ascendance nationale. Les noms de Gilles Grangier ou d’Henri Decoin faisaient rire dans les années 1960… mais il fallait-il rejeter leurs policiers denses et robustes des années 1950 ? Dans la mouvance du Grisbi, un genre s’était constitué avec sa durée propre, sa forme très codifiée, toute une mise en scène originale du temps mort.

LA VIOLENCE MASCULINE DANS LE FILM NOIR

Le film noir a toujours été un bon véhicule pour explorer la philosophie de la violence, surtout la violence masculine. Dans l’excellent roman de Jim Thompson The Killer Inside Me (1952), adapté à l’écran par Burt Kennedy en 1975 sous le titre français Ordure de flic, Lou Ford, sous son apparence de représentant de la loi respecté, s’avère être un meurtrier de sang-froid douloureusement conscient des démons qui l’habitent : « Tant que je vivrai, je ne serai jamais libre… »

IN A LONELY PLACE (le Violent) – Nicholas Ray (1950)

Si Nicholas Ray est reconnu pour son intégrité et sa sensibilité rares, en particulier avec les acteurs, aucun de ses films n’est plus abouti ni plus profond que In a Lonely Place (Le Violent). Parmi les deux douzaines de longs métrages qu’il a réalisés, chacun contient des scènes inoubliables, à commencer par Rebel Without a Cause (La Fureur de vivre, 1955). Mais plus d’un demi-siècle plus tard, c’est In a Lonely Place qui sort le plus nettement du lot et garde le plus de vitalité.

HOMMAGE À MARILYN MONROE

Le 06 août 1962, Marilyn Monroe disparaissait à l’âge de 36 ans. 60 ans après, la star fascine toujours et reste toujours une figure emblématique. Certains aspects indûment médiatisés de la vie Marilyn, tels que l’image de « blonde stupide » et le mystère entourant sa mort, ont souvent éclipsé d’autres aspects de l’héritage laissé. Elle est plus que jamais restée une icône. Durant tout le mois d’août, Mon cinéma à moi lui a rendu hommage à travers de nouvelles publications dont une sur son dernier long-métrage de John Huston sorti en 1961, The Misfits, que certains qualifient de film maudit, et une sur un film noir réalisé par Fritz Lang en 1952, Clash by night. Séance de rattrapage…