FLYING DOWN TO RIO (Carioca) – Thornton Freeland (1933)

Lancée en 1933 par un studio en difficulté, cette comédie musicale met en vedette Dolores del Rio aux côtés de Ginger Rogers et Fred Astaire, qui deviendront un duo légendaire du cinéma américain grâce à leur succès dans « La Joyeuse divorcée ». « Carioca » est également notable pour être l’une des dernières productions avant le renforcement du Code Hays, permettant ainsi des éléments audacieux absents des œuvres ultérieures du couple.

[autour d’un film] LES MISÉRABLES – Jean-Paul Le Channois (1958)

Cette adaptation des Misérables par Jean-Paul Le Chanois se distingue parmi les grandes versions cinématographiques du roman de Victor Hugo. Le réalisateur conserve l’esprit social d’Hugo tout en y ajoutant sa propre vision, grâce à un tournage ambitieux. La richesse visuelle est accompagnée d’une distribution exceptionnelle, engagée et portée par des acteurs remarquables, cette version mérite d’être redécouverte.

LES MISÉRABLES – Jean-Paul Le Channois (1958)

En 1957, Jean-Paul Le Chanois se voit confier les rênes de sa première superproduction. Une aubaine qu’il doit en partie à Jean Gabin, avec qui il a collaboré quelques mois plus tôt, et qui va lui permettre de signer l’une des plus grandes adaptations du célèbre roman. L’adaptation du chef-d’œuvre de Victor Hugo donne lieu à un tournage fleuve, au cours duquel Gabin a le plaisir de côtoyer des acteurs de la trempe de Bourvil, Danièle Delorme et Bernard Blier. Genèse d’un succès.

[la IVe République et ses films] LA QUALITÉ – DRAPEAUX NOIRS (4/10)

Les films d’Yves Allégret illustrent la tradition du réalisme poétique avec des ambiances sombres, des personnages marquants et un attachement au quotidien portuaire. En parallèle, Duvivier maintient une vitalité dans le cinéma noir français, multipliant les succès populaires et maniant savamment les contrastes entre tragédie et légèreté, notamment à travers les séries Don Camillo et des œuvres comme Le Temps des assassins. Si la constance et le réalisme caractérisent ses films, l’originalité semble s’être réfugiée dans La Fête à Henriette.

MARLENE DIETRICH : ANGE OU DÉMON

Jean Cocteau décrivait Marlene Dietrich comme une chimère douce-amère, moderne et fascinante, dont le nom commence par une caresse et finit par un coup de cravache. L’actrice, à la fois fatale et androgyne, a constamment réinventé son image. Sa transformation débute en 1929 avec sa rencontre avec Josef von Sternberg, qui la mène de Berlin à Hollywood, où elle devient inoubliable dans le rôle de Lola-Lola dans « L’Ange bleu ». En sept films, Sternberg crée le mythe Dietrich, utilisant un éclairage zénithal spécifique pour sublimer ses traits anguleux d’une aura sensuelle et mystique. Cependant, Marlene Dietrich ne se limite pas à être une muse ; elle brille également seule, comme en témoignent ses prestations éclatantes pour d’autres réalisateurs.

[la IVe République et ses films] LA QUALITÉ – CHACUN À SA PLACE (3/10)

La qualité, selon certains metteurs en scène, doit éviter les sujets trop actuels et acerbes. René Clair, après avoir surpris avec des aperçus d’apocalypse dans « La Beauté du diable » (1949), revient à des œuvres plus légères comme « Les Belles-de-Nuit ». Henri-Georges Clouzot, quant à lui, est critiqué pour s’aventurer hors de son domaine de suspense, comme dans « Miquette et sa Mère » et « Les Espions ». Cependant, il excelle dans des œuvres comme « Les Diaboliques » et « Le Salaire de la peur », où il maîtrise le suspense et l’aventure. Ses films, bien que haletants et satisfaisants, sont parfois jugés trop dérisoires, comme « Manon ».

FRENZY – Alfred Hitchcock (1972)

Une femme nue, étranglée, flotte sur la Tamise… Le tueur à la cravate a encore sévi. Scotland Yard resserre son étau autour d’un homme, dont tout laisse supposer la culpabilité. Mais faut-il se fier aux apparences… ? Au début des années 1970, le retour inattendu d’Alfred Hitchcock en Grande-Bretagne pour tourner un petit film de deux millions de dollars n’est pas considéré comme un événement marquant. C’est pourtant dans ces conditions que le réalisateur fera naître le chef-d’œuvre de la fin de sa carrière, un thriller moderne a qui mêle subtilement le macabre et l’humour.

A FOREIGN AFFAIR (La Scandaleuse de Berlin) – Billy Wilder (1948)

Dans les premières images, des représentants du Congrès américain survolent le Berlin en ruine de l’après-guerre. L’un d’eux commente l’aide américaine aux Berlinois en disant : « Donner du pain à celui qui a faim, c’est de la démocratie. Mais le faire avec ostentation, c’est de l’impérialisme. » Jean Arthur, missionnée pour vérifier la moralité des troupes d’occupation, découvre avec horreur les magouilles et la fraternisation entre occupants et occupés. Marlene Dietrich joue une ex-nazie reconvertie en chanteuse opportuniste, avec des dialogues pleins de sous-entendus sexuels avec un officier américain. Le film est un mélange de comédie insolente et de gravité, avec des scènes de Berlin en ruines filmées en 1947.

[la IVe République et ses films] LA QUALITÉ – UNE ABDICATION FORCÉE (2/10)

Le triomphe des Enfants du paradis a marqué la carrière de Marcel Carné. Ce film, fruit de la collaboration entre Carné, Prévert, Trauner, Hubert, Thiriet et Kosma, est un pur produit de la qualité française, rendant hommage au théâtre et à la pantomime. Conscient de la difficulté de surpasser cette œuvre, Carné choisit comme prétexte un ballet, Le Rendez-vous, avec un scénario de Prévert et une musique de Kosma, bien accueilli. Prévert adapte le scénario pour Jean Gabin, de retour des États-Unis, et Marlène Dietrich, désireuse de tourner à ses côtés. L’action, concentrée en une nuit, se déroule dans un quartier appauvri et glacial de Paris, juste après la guerre.

BING CROSBY : LE « CROONER » IRRÉSISTIBLE

Avec sa décontraction nonchalante, sa voix feutrée et son sens du rythme, il a renouvelé la chanson de charme. Bing Crosby sera l’une des valeurs les plus sûres du film musical hollywoodien. Aucune star du « show business » ou du cinéma n’a connu une ascension aussi foudroyante que Bing Crosby. Aucune sans doute ne s’est maintenue aussi longtemps au faîte du succès. Bing Crosby intitule son autobiographie Call Me Lucky (Dites que j’ai eu de la chance). Certes la chance est intervenue, mais le hasard n’y est pour rien.