L’ASCENSION DE LA RKO
Née en 1929 de la fusion de la RCA et de la chaîne de cinémas Keith-Albee-Orpheum, la RKO va se hisser rapidement au rang des « majors companies », mais cessera ses activités en 1956.
Née en 1929 de la fusion de la RCA et de la chaîne de cinémas Keith-Albee-Orpheum, la RKO va se hisser rapidement au rang des « majors companies », mais cessera ses activités en 1956.
Vous voyez ce vieux type qui traîne les pieds là-bas dans le parc ? C’est le personnage le plus triste à s’être jamais égaré dans cette partie de la ville. Son nom est Christopher Cross et, même si ça ne se voit vraiment pas, il fut jadis un bon citoyen respectable. D’aussi loin qu’on se souvienne, il travaillait dans une banque, pointant à la même heure chaque jour de la semaine. Sa femme, Adele n’était que pure tristesse. Chris se sentait rabaissé lorsqu’elle le comparait à son ancien mari, un flic héroïque qui se noya au cours d’une tentative de sauvetage. Chris tolérait ces avanies, se raccrochant à son passe-temps dominical, la peinture à l’huile…
Héritiers des films de gangsters des années 1930 et des films noirs des années 1940, les thrillers des années 1950 sont marqués par un réalisme impitoyable, notamment dans l’expression de la violence.
Les films du « cycle noir » jouent souvent sur l’instabilité qui règne dans l’esprit des personnages comme à l’intérieur des lieux où ils se déplacent. L’onirisme s’y empare de la réalité, la transgresse ou la distord, dans une esthétique favorisant le jeu des hallucinations. Les fantômes du cinéma muet allemand, du romantisme gothique et des blasons maçonniques hantent ces diverses productions où le suspense, le fantastique et la peur diffusent un sentiment d’insécurité qui s’accorde aux angoisses du public de l’époque. (…) En 1944, Fritz Lang synthétise ces composantes brouillonnes dans Woman in the Window (La Femme au portrait), fable cruelle construite sur un engrenage morbide débutant par la rencontre d’une jeune femme de mœurs douteuses et un professeur d’âge mur. Situation de départ assez banale pour une histoire dont le potentiel réaliste est l’adultère négocié dans la vénalité. Sauf que la censure interdit alors de traiter de la prostitution et le monsieur invité par la dame esseulée n’a ici aucune relation sexuelle avec elle, mais il se retrouve victime d’un malentendu qui fait de lui un assassin…
L’œuvre de Fritz Lang est celle d’un « moraliste hautain ». Univers très noir, hanté par la culpabilité, peuplé de héros solitaires qui se débattent dans un monde hostile ou indifférent, et dont une mise en scène totalement maîtrisée accentue encore le caractère étouffant.
Quiconque voudra étudier le cinéma français de cette époque ne devra pas minimiser l’importance de scénaristes et de romanciers tels que Jacques Prévert (collaborateur presque permanent de Marcel Carné), Francis Carco (Paris-béguin, 1931, et Prisons de femmes, 1938), Eugène Dabit (Hôtel du Nord et Pierre Mac Orlan (Le Quai des brumes).
Le monde du Noir est fondamentalement un monde de cauchemar. Il est rempli d’étranges synchronismes, d’événements inexpliqués et de rencontres de hasard, créant un enchaînement qui entraîne ses malheureux protagonistes vers une fin annoncée.
Au début des années 1940, Hollywood se met à la mode du film Noir issu des romans noirs américains des années 30. Psychanalyse et psychiatrie s’insinuent, désormais, au cœur des scénarii. Il est vrai que l’afflux de nombreux scénaristes, dramaturges et cinéastes d’Europe Centrale, ayant fui le nazisme, […]
De la série réalisée par Anthony Mann et John Alton pour Eagle-Lion entre 1947 et 1949 – Raw Deal (Marché de brutes, 1948), T-Men (La Brigade du suicide,1948), He Walked by Night (Il marche dans la nuit, 1948) et Reign of Terror (Le Livre noir, 1949) – au Gun Crazy (Démon des armes, 1950) de Joseph H. Lewis et au Killer’s Kiss (Baiser du tueur, 1955) de Kubrick, de nombreux exemples «classiques» de films noirs sont réalisés par des producteurs et des metteurs en scène indépendants disposant de budgets limités.
Il y a quelque chose d’impassible dans son regard, son menton s’avance de manière royale. Elle ne peut pas être à notre portée. Mais ce n’est qu’un aspect de son numéro d’aguicheuse. Elle régalera d’un rire cristallin ou d’un trait d’esprit celui qui osera s’approcher. Malheureusement, ce dernier s’enfuit toujours, à peine s’est-il rendu compte de son désespoir.