LE FILM NOIR DE SÉRIE B

De la série réalisée par Anthony Mann et John Alton pour Eagle-Lion entre 1947 et 1949 – Raw Deal (Marché de brutes, 1948), T-Men (La Brigade du suicide,1948), He Walked by Night (Il marche dans la nuit, 1948) et Reign of Terror (Le Livre noir, 1949) – au Gun Crazy (Démon des armes, 1950) de Joseph H. Lewis et au Killer’s Kiss (Baiser du tueur, 1955) de Kubrick, de nombreux exemples «classiques» de films noirs sont réalisés par des producteurs et des metteurs en scène indépendants disposant de budgets limités.
Le chef opérateur John Alton travaille également sur Hollow Triumph (Le Balafré, 1948) et Canon City (Pénitencier du Colorado, 1948) chez Eagle-Lion, puis sur The Crooked Way (Le passé se venge, 1949) pour le producteur indépendant Benedict Bogeaus, avant de rejoindre Anthony Mann à la MGM.
L’un des films noirs en couleur produits par Benedict Bogeaus, Slightly Scarlet (Deux rouquines dans la bagarre, 1956), est interprété par John Payne, qui a abandonné les premiers rôles aimables des grands studios pour des personnages de durs à cuire dans The Crooked Way, puis dans Kansas City Confidential (Le Quatrième Homme, 1952), 99 River Street (L’Affaire de la 99e rue, 1953) et Hell’s Island (1955), réalisés par Phil Karlson et produits par Pine-Thomas et Edward Small.
Sous ce tourbillon de talents, dont les œuvres sont distribuées par Eagle-Lion ou United Artists, se situent Allied Artists, Monogram et Republic Pictures. Tout au bas de l’échelle se trouve la PRC, dont les budgets ne dépassent parfois pas 10 000 dollars et dont les tournages peuvent être bouclés en une semaine. Au sommet de l’échelle, des producteurs comme Walter Wanger et son épouse Joan Bennett font appel à des acteurs de série A et au réalisateur Fritz Lang pour tourner Scarlet Street (La Rue rouge, 1945) et Secret Beyond the Door (Le Secret derrière la porte, 1947), distribué par un grand studio.
Mais le plus remarquable est peut-être la brève série de films produits par Frank et Maurice King : When Strangers Marry (Étrange mariage, 1944), Dillinger (Dillinger, l’ennemi public n° 1, 1945), Suspense (Fatalité, 1946), The Gangster (1947), Gun Crazy (1950) et Southside 1-1000 (1950). Faisant appel à des talents qui ont fini leur contrat, connu un revers de fortune ou été mis sur liste noire, les productions de King Brothers illustrent parfaitement l’opportunisme et la diversité du film noir de série B.

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