CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946)

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer & Jennifer Jones

L’histoire : Londres, 1938, la ravissante Cluny Brown (Jennifer Jones), qui a un faible pour la plomberie, effectue un dépannage à la place de son oncle chez un certain Hilary Ames (Reginald Gardiner). À cette occasion elle rencontre Adam Belinski (Charles Boyer), un écrivain qui aurait quitté la Tchécoslovaquie pour fuir le nazisme mais qui ressemble diablement à un pique-assiette de génie. L’oncle (Billy Bevan) arrive chez Ames et trouve sa nièce légèrement pompette après avoir bu quelques verres avec les deux hommes. Pour la punir et l’obliger à savoir tenir sa place, il décide de l’envoyer travailler comme domestique à la campagne pour Lord et Lady Carmel (Reginald Owen, Margaret Bannerman). Belinski, invité à s’y réfugier par le fils de la famille (Peter Lawford), qu’il a rencontré chez Ames, s’y trouve aussi. Belinski devient le confident de Cluny qui aspire à devenir l’épouse de l’insipide pharmacien du village (Richard Haydn) nanti d’une mère austère ne s’exprimant que par toussotements. Il est sous le charme de l’ingénue, pleine de sensualité, de spontanéité et de fantaisie. Au moment de quitter les Carmel Belinski offre à Cluny une paire de bas de soie et il part pour la gare. Cluny l’y rejoint, monte dans le compartiment et y reste jusqu’à ….New York où le couple de jeunes mariés fait fortune en écrivant des romans policiers plutôt que des ouvrages politiques.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Jennifer Jones, Ernest Cossart, Sara Allgood

 

A la fin de l’année 1945, Lubitsch, qui avait rencontré de graves problèmes de santé, est autorisé par son médecin à reprendre son poste derrière la caméra. Cluny Brown (La Folle ingénue) est adapté d’un roman populaire à succès de Margery Sharp – source qui n’a rien de commun avec les pièces hongroises dont Lubitsch est friand.
Ainsi, Heaven can wait (Le Ciel peut attendre, 1946) était trop testamentaire pour être vrai. Après la splendeur de Heaven, et ce qui y passait pour de touchants adieux, le plus modeste Cluny Brown prend une position d’outsider un peu gênante, et a rarement droit de cité parmi les « grands» Lubitsch. Apparemment déplacé, Cluny Brown a quelque chose d’un vilain petit canard qui attache et fascine d’autant plus le spectateur attentif. Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

Le film est fameux pour la satire qu’il propose de la société anglaise. Rappelons au passage qu’excepté un bref épisode londonien dans Design for Living (Sérénade à trois, 1933) et un autre, plus consistant, dans Angel (Ange, 1937), Lubitsch ne s’est pratiquement pas intéressé à l’Angleterre depuis Lady Windermere’s Fan (L’Éventail de Lady Windermere, 1925), vieux de plus de vingt ans. Les attaques qu’y subissait alors l’élite londonienne, dues à Wilde autant qu’à Lubitsch, y composaient une satire sans rapport avec celle de Cluny Brown, à la fois plus féroce et plus tendre. Les deux protagonistes, Cluny Brown et Adam Belinski (Jennifer Jones et Charles Boyer), restent, eux, à l’abri des railleries, puisque n’étant par définition pas à leur place. Autour d’eux, en revanche, tous tombent sous le coup d’une ironie dont la cruauté se nuance selon la sympathie qu’ils inspirent au réalisateur.

Cluny Brown (1946) Directed by Ernst Lubitsch Shown: Jennifer Jones
CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Jennifer Jones

Ce qu’il dénonce à tous les niveaux, c’est l’aveuglement de ces êtres figés, imperméables à tout ce qui dépasse les limites de leur étroit regard au point de ne pas voir l’irruption du monde extérieur sous leur propre toit. Répréhensible dans l’ensemble puisque l’intrigue se situe en 1938 et que, comme le déclare Peter Lawford, « l’Europe danse sur un volcan », cet aveuglement prend des formes plus ou moins alarmantes. Lord et Lady Carmel, enfermés dans leurs rites, font figure de bienheureux innocents ; et leurs domestiques conformistes et xénophobes, auxquels manque la grâce de ceux d’Angel, de simples imbéciles. En revanche, la superficielle Betty Cream est nuisible et donc traitée plus durement – faut-il que le monde de Lubitsch ait changé pour que la frivolité y ressemble autant à la sottise ! Mais c’est encore la petite bourgeoisie qui mérite la critique la plus sévère, elle qui ne tient sa rigidité morale que d’une imitation servile des classes supérieures. Aussi la peinture de l’insupportable et pathétique Mr. Wilson (Richard Haydn) régnant dans sa pharmacie d’un autre âge fait elle grincer des dents plus que sourire ; elle donne même lieu à des moments d’une authentique amertume comme on en trouve rarement chez Lubitsch. Je pense à cette superbe scène où le pharmacien tape frénétiquement sur son harmonium ; près de lui Cluny tente de s’absorber dans une rêverie romantique gâtée par les ronflements de la vieille Mrs. Wilson, qui ne s’éveille que pour émettre les raclements de gorge dont elle a fait depuis longtemps son unique vocabulaire. Le cadre sait rendre plus étouffant encore ce décor pesant et vieillot d’intérieur provincial. Pour la violence du trait on pense à Flaubert, et Jennifer Jones, pour quelques fulgurants instants, n’est guère loin de son futur personnage de Mme Bovary dans le film de Minnelli… Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

En somme, sous le prétexte de tourner en dérision une société bien particulière, Lubitsch retrouve cette très grande acidité de jugement à l’égard du genre humain, qui permettait le cynisme charmant de ses films les plus appréciés. Pas de la misanthropie, loin de là, mais la clairvoyance aiguë d’un moraliste, qui prend sans aucun doute sa source dans les années berlinoises.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer, Jennifer Jones, Ernest Cossart, Sara Allgood

Cependant, si dangereuse que semble cette cohorte d’individus bornés, aucun ne fait vraiment de mal – sinon à lui-même, comme ce pauvre Mr. Wilson qui perd Cluny et l’espoir d’une ribambelle d’héritiers. Là s’affirme la générosité d’un homme plein d’expérience. Le mal, le vrai, est ailleurs ; du côté de ceux dont on parle dans Cluny Brown comme de lointains fantômes, et que Lubitsch a évoqués dans To be or not to be (1942) : les nazis. Face à leur horreur, tous les autres sont inoffensifs, et les satires même deviennent forcément légères. Comment dire autrement que le cinéma de Lubitsch, qui s’est pourtant forgé au cours de la Première Guerre mondiale, n’a plus, après la Seconde, de raison d’exister ?

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer, Jennifer Jones, Reginald Gardiner

Mais cela, Lubitsch en est désormais conscient. A tel point que, prenant les devants, il nous donne avec Cluny Brown une autre satire, plus profonde, plus nostalgique aussi : celle de son propre cinéma. Et le voilà qui, à travers un film si mince en apparence, raille tout ce qui faisait la chair et le charme de ses grandes comédies et révèle ainsi, avec une lucidité pleine d’humour, qu’il n’est plus possible de faire les films qu’il aimait.
On le voit d’abord à l’extrême désinvolture avec laquelle le scénario de Samuel Hoffenstein  traite les personnages et leur destinée. L’art de la comédie sophistiquée selon Lubitsch (au moins jusqu’à Ninotchka, 1940) repose sur le postulat suivant : l’intrigue se compose d’événements minimes, si légers par eux-mêmes que la fin nous ramène souvent au début, mais cette futilité est prise au sérieux, et traitée comme un véritable moteur dramatique. Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

Dans Cluny Brown, rien n’a d’importance non plus, mais cette fois ce vide du film est très clairement désigné. Le nazisme est évoqué, mais balayé d’un geste impatient de Betty Cream, et Lord Carmel prend « Mein Kampf » pour un manuel de vie en plein air. Le Professeur Adam Belinski vient chez Mr. Hilary Ames pour chercher un ami ; il ne le trouve pas, qu’importe! Il s’allonge et s’endort. Trois jeunes gens le réveillent, le traitent en héros ; il ne proteste pas, se fait emmener au Ritz, accepte l’argent qu’on lui prête, et promet de n’en demander à personne d’autre qu’à ses jeunes protecteurs. Entre-temps Mr. Ames, qui n’était qu’un frêle prétexte à la rencontre de Cluny et d’Adam, disparaît complètement… La belle Betty Cream (Helen Walker) est d’abord convoitée par deux prétendants, dont l’un s’éclipse totalement du scénario après quelques minutes de présence.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer, Jennifer Jones, Richard Haydn

On pourrait multiplier sur plusieurs pages les exemples de ce genre. Là où les films de Lubitsch et de ses complices scénaristes fonctionnaient avec la précision d’un mécanisme d’horloge, Cluny Brown avance à l’aveuglette, avec des personnages à peine ébauchés, des relations à peine nouées, des motivations plus que floues. Tout ici n’est que fausses pistes et impasses. Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

Le langage lui-même est vain. On parle pourtant sans cesse dans Cluny Brown, mais on parle pour remplir du silence, sans jamais parvenir à communiquer vraiment. Si Cluny veut jeter des écureuils aux noisettes et non des noisettes aux écureuils, l’encourage Adam, il ne se trouvera personne pour l’en empêcher ! Comment mieux exprimer l’inanité des mots, de ces mots que Lubitsch a pourtant cultivés, aimés et fourbis si précieusement depuis l’avènement du parlant ?

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Reginald Owen, Jennifer Jones, Margaret Bannerman

Et le jeu du désir, si central à la géométrie lubitschienne ? Lui aussi est complètement éventé. Passons sur le fait que les plus grands élans de sensualité du film soient dus aux voluptueux effets de la plomberie sur Cluny Brown, et que, entre l’ingénue et la pimbêche, les femmes soient plutôt mal loties. Mais que les attraits amoureux soient traités avec tant de négligence ! Pour ce qui est de Betty et d’Andrew, leur idylle se déroule tout simplement en dehors du film, et se résout dans le scénario par le dialogue suivant entre Betty et sa future belle-mère :
Lady Carmel : Mon enfant, allez-vous épouser Andrew?
Betty : Oui, Lady Carmel.
Lady Carmel : Alors vous devriez le lui dire, parce qu’il devient très nerveux.

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Exit l’histoire d’amour ! Auparavant, le Professeur Belinski a manifesté un intérêt aussi soudain qu’inattendu pour Betty, épisode qui n’aura d’ailleurs aucune conséquence sur le scénario, hormis le fait qu’il hâtera le départ de Belinski et donc son mariage avec Cluny Brown. L’intermède Adam Belinski-Betty contribue d’ailleurs à rendre ce mariage encore plus incompréhensible, mais, frustrés depuis une heure quarante, nous n’en sommes plus à cela près…

Et Lubitsch ne va-t-il pas jusqu’à se moquer de lui-même à travers Charles Boyer, « reflet estompé du réalisateur» selon Frédéric Vitoux [Positif n°131], « Tchèque fuyant d’abord en Angleterre le péril nazi, demi-artiste et demi-imposteur dont la totale liberté mais aussi l’absence de racines justifient une attitude plaisamment démystificatrice» ? La tendresse qui perce malgré tout sous le désenchantement de Cluny Brown ne vient-elle pas de ce que Lubitsch se sent proche d’Adam et Cluny, ces éternels déclassés ? Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

Avec Cluny Brown, le centre de gravité de la société lubitschienne s’est déplacé. On n’y voit plus les palaces, mais on parle du Ritz, tout en débouchant un évier puant, comme d’un endroit où n’importe qui peut s’offrir le thé pour une livre. On s’ennuie mortellement dans les cocktails mondains : « Pourquoi les gens vont-ils à des réceptions ? Parce que les gens donnent des réceptions. Pourquoi les gens en donnent-ils ? Parce qu’il y a des gens qui y vont ! » Quand on songe que vingt ans plus tôt, Mrs. Erlynne (dans Lady Windermere’s Fan) plaçait tout son salut et son bonheur dans un carton d’invitation à la soirée des Windermere !

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Reginald Gardiner, Helen Walker, Peter Lawford

Vraiment, la société de Cluny Brown a perdu le nord. Les nièces de plombier y prennent des cocktails chez les bourgeois londoniens et le thé chez les aristocrates de province. Un lord anglais, pour lequel tout ce qui est étranger n’est pas humain, traite un aventurier tchèque comme un de ses pairs ; une bonne souffle à l’oreille de son maître quel morceau de viande il doit choisir dans le plat. Inutile, désormais, d’avoir le talent d’un Gaston Monescu pour s’introduire clandestinement dans les hautes sphères ; dans un ordre social si perturbé qu’on ne sait plus y reconnaître les siens, autant adopter le sage comportement de Cluny et d’Adam, et se laisser porter jusqu’au bout du chemin par les erreurs d’autrui.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer, Jennifer Jones, Billy Bevan, Reginald Gardiner

Et de tous ces bouleversements naît un film qui n’a pas la beauté impeccable de joyaux tels que Trouble in Paradise (Haute pègre,1932) ou Angel, mais qui vaut par d’autres qualités : son désordre chaleureux, mêlé de gaieté et d’amertume, et surtout son pouvoir d’affronter l’incohérence du réel, si déconcertante qu’elle soit.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Jennifer Jones, Richard Haydn

On comprend mieux alors pourquoi il y a si peu de « touches» dans Cluny Brown, et surtout très peu de ces fameuses ellipses qui régnaient encore dans Heaven can wait. Si l’ellipse a toujours été chez Lubitsch l’artifice favori du cinéaste pour éliminer les impuretés du quotidien et fabriquer un univers d’une perfection lisse, minutieusement agencée et étrangère à la réalité, alors ce procédé n’a rien à faire dans Cluny Brown, où il s’agit en permanence de prendre le contre-pied de cette perfection, de voir, comme l’écrit Serge Daney : « Ce qu’il y avait entre les plans des autres films  : la vie qui avance au hasard et le temps perdu sans joie. [Cahiers du cinéma, n°198]. Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

La mise en scène est donc ici plus discrète mais non moins travaillée, en de longues séquences qui donnent au film le rythme un peu lâche et familier d’une chronique. Les déplacements des personnages dans le cadre, toujours subtilement orchestrés chez Lubitsch, obéissent aussi au principe de la perturbation. Alors que ces scènes de la vie de province sont marquées par de longs moments d’immobilité dans des intérieurs feutrés, Adam et Cluny y introduisent leur agitation anarchique qui met en péril la tranquillité de tous. Après avoir utilisé ses personnages pour faire du temps et de l’espace cinématographiques une pure harmonie, Lubitsch les pousse aujourd’hui à détruire une autre harmonie, fausse et guindée, qui n’est que convention sociale et ne repose que sur le refus de la vie et du mouvement.
Cependant Cluny et Adam ont la force de s’arracher à ce milieu pesant, d’aller vers l’Amérique – coup de chapeau de Lubitsch à sa patrie d’adoption ? – où même les exilés peuvent espérer trouver réussite et confort bourgeois. Et pour célébrer cette victoire, la seule « touch » de quelque importance du film.

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CLUNY BROWN – Ernst Lubitsch (1946) – Charles Boyer & Jennifer Jones

La dernière scène nous transporte de la campagne britannique à New York, Cinquième Avenue. Dans la vitrine d’une librairie sont exposées des piles du « Meurtre du Rossignol », roman policier à succès d’un Belinski qui a manifestement renoncé à se battre pour des idées au profit d’une activité plus facile et lucrative. De l’intérieur du magasin on voit Cluny et Adam, fort bien vêtus, s’arrêter devant la vitrine, l’air heureux. Dans un accès de passion, Cluny se jette au cou d’Adam; un policier s’approche- on n’est plus en Angleterre, mais tout de même ! -, Cluny se trouve mal, et Adam murmure au policier une explication aussi satisfaisante qu’attendrissante. « Vénus est enfin enceinte», conclut philosophiquement Weinberg [HG Weinberg « The Lubitsch touch »]. Après avoir minaudé, flirté, promis, repris, après avoir inlassablement parlé d’amour et indéfiniment reculé le moment de le faire, bref après avoir élevé le sexe au rang des beaux-arts, la femme de Lubitsch s’apaise enfin, retrouve une place et un corps. C’est tout un âge qui se termine ainsi. Est-ce à la guerre, à la maladie que nous devons cette paisible maturité ? Dans son ironie ambiguë, Cluny Brown a des accents d’une telle force qu’on ne sait plus si l’on doit regretter le Lubitsch d’autrefois, ou celui qu’il aurait pu devenir si sa vie ne s’était pas trop tôt interrompue. Lubitsch – Jacqueline Nacache – Ed. Edilig (1987)

Après Cluny Brown, en mars 1947, Lubitsch voit un oubli de longue date réparé, et reçoit un Oscar spécial (Special Academy Award) pour l’ensemble de sa carrière; à cette occasion est soulignée l’importance déterminante de sa contribution à la comédie. Comme c’est souvent le cas pour des récompenses que l’on attribue in extremis, celle-ci a quelque chose d’un sinistre présage. Et de fait, le film que Lubitsch prépare cette même année sera le dernier…

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Fiche technique du film 

Du même réalisateur :
The Shop around the corner (Rendez-vous) – 1940

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