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HIGH NOON (Le train sifflera trois fois) – Fred Zinnemann (1952)

Will Kane (Gary Cooper) quitte son poste de shérif pour épouser Amy. Le jour de leur mariage, il apprend qu’un criminel qu’il a autrefois arrêté revient par le train de midi afin de se venger. Malgré l’opposition de sa femme, il choisit de reprendre ses fonctions. Ce western, récompensé par plusieurs Oscars et écrit par Carl Foreman, critiquerait en filigrane le maccarthysme à travers la lâcheté des habitants de Hadleyville, symbole de la passivité face à la chasse aux sorcières. Le film se distingue aussi par son suspense en temps réel, renforcé par les nombreux plans d’horloges qui accentuent la tension et la solitude croissante du shérif. La mise en scène, notamment dans la rue désertée avant l’affrontement final, souligne son isolement. L’œuvre se démarque également par la richesse de ses personnages féminins, notamment Amy (Grace Kelly),  tiraillée entre ses convictions pacifistes et son amour pour son mari, et une « commerçante » (Katy Jurado) lucide face à l’hypocrisie masculine.

GARY COOPER : LE GÉANT TRANQUILLE

Plus qu’aucun autre acteur, Gary Cooper représenta pour les Américains le portrait type du pionnier, de l’homme pourvu de toutes les vertus – loyauté courage et fermeté. Ses personnages de western, de « The Virginian » à « High Noon », ne sont pas fondamentalement différents de l’héroïque officier de « The Lives of a Bengal Lancer » ou du paysan apparemment naïf de « Mr. Deeds Goes to Town ».

FRANK CAPRA

Frank Capra fut le cinéaste de l’ère rooseveltienne. Ses films utopiques et optimistes participèrent à l’effort de l’Amérique pour sortir » de la crise. « Je voulais chanter le chant des ouvriers opprimés, des exploités, des affligés, des pauvres. Je voulais être aux côtés des éternels rêveurs et partager les outrages de tous ceux qui étaient méprisés pour des raisons de race et d’argent. Surtout, je voulais combattre pour leurs causes sur les écrans du monde entier. » En écrivant ces lignes en 1971, Frank Capra ne voulait pas seulement reprendre les commentaires flatteurs que les critiques avaient réservés à ses films. Alors que d’autres réalisateurs œuvraient sur des sujets légers et brillants, Capra fut l’auteur d’œuvres basées sur une réalité vécue ou espérée par le public. Ce furent les films de l’idéalisme rooseveltien.

L’ESPRIT DU NEW DEAL

Au début du New Deal. Hollywood réagit à la période noire de la crise économique par des films ou le réalisme. les sentiments forts et l’esprit d’aventure composaient une sorte d’« optimisme de la volonté ». L’arrivée du parlant, qui coïncida aux Etats-Unis avec la Dépression, favorisa la popularité de vedettes incarnant des personnages « quotidiens » avec lesquels les spectateurs pouvaient s’identifier. Très différents des inaccessibles stars du muet, les jeunes vendeuses et les vaillants garçons de province qui peuplaient désormais les écrans vivaient la crise, montrant parfois comment résoudre les problèmes de l’heure.