Les Actrices et Acteurs

GARY COOPER : LE GÉANT TRANQUILLE

Plus qu’aucun autre acteur, Gary Cooper représenta pour les Américains le portrait type du pionnier, de l’homme pourvu de toutes les vertus – loyauté courage et fermeté. Ses personnages de western, de The Virginian (1929) à High Noon (Le Train sifflera trois fois, 1952), ne sont pas fondamentalement différents de l’héroïque officier de The Lives of a Bengal Lancer (Les Trois Lanciers du Bengale, 1935) ou du paysan apparemment naïf de Mr. Deeds Goes to Town (L’Extravagant M Deeds, 1936).

« Le meilleur acteur du monde »

Son talent lui permettait de jouer indifféremment la comédie et le drame. Impressionné par le magnétisme, la présence physique de l’acteur, Ernest Hemingway l’imposa comme interprète principal de l’adaptation de son roman Pour qui sonne le glas. Cooper fut le héros parfait de Hemingway, l’homme qui accepte le combat et conserve sa dignité dans les pires situations.

Il jouissait également d’une grande estime auprès des autres acteurs ; John Barrymore déclara à son sujet : « Cooper est le meilleur acteur du monde : il réussit sans effort à être parfaitement spontané, alors qu’il nous faut des années pour essayer d’y parvenir. »

Il est certain qu’il fut le premier acteur à établir une véritable complicité avec la caméra. Au sommet de sa popularité, dans les années 1930 et 1940, on le considérait comme un « personnage » permanent, au travers de scénarios très différents. Et ceci en raison de son aisance et de son naturel qui faisaient oublier la notion d’interprétation. Mais comme l’ont déclaré nombre d’acteurs, jouer son propre personnage est un art difficile.

Né en 1901, Frank Cooper, qui devait plus tard sur le conseil d’un imprésario, changer son prénom en Gary, était le fils d’un émigré anglais, juge et propriétaire d’un ranch dans le Montana, au cœur d’une région riche en gisements d’argent, surnommée « La Vallée du dernier espoir ». Et c’est précisément le mythe de l’Ouest et de l’enrichissement rapide qui avaient poussé le Juge Cooper a quitter son Angleterre natale.

Bien que doué pour le dessin, c’est tout d’abord vers le journalisme que pensa se diriger le jeune Frank. Mais peu après que la famille se fut installée à Los Angeles, il fit la connaissance de deux jeunes acteurs qui gagnaient dix dollars par jour en jouant des petits rôles dans des westerns. Il décida de les accompagner.

A la suite d’un accident de voiture, Cooper s’était fracturé la hanche et le médecin lui avait prescrit de longues promenades à cheval. Il était ainsi devenu un excellent cavalier et n’eut pas de mal à obtenir un engagement. On était en 1925 et deux ans plus tard, il interprétait son premier rôle important dans Wings (Les Ailes), un film de William Wellman. Il avait obtenu ce rôle grâce à Clara Bow, l’interprète principale du film dont les relations avec Gary furent abondamment exploitées par la presse.

The Virginian – Victor Fleming (1929)
Le héros et l’homme de la rue

Dans Wings, Cooper incarnait un aviateur de la Première Guerre mondiale appelé à une mort héroïque. Son interprétation (qui durait à peine quelques minutes) fut remarquée ; il devait signer peu après un contrat avec la Paramount.

Dans The Virginian, l’incorruptible représentant de la loi recherchait avant tout le triomphe de la justice, au terme d’une lutte entre le bien et le mal. C’est dans ce film qu’il prononça la fameuse phrase : « Si tu veux encore m’appeler ainsi, garde le sourire ! » Cooper estimait que c’était là son meilleur western, jugeant son personnage plus intéressant que celui de Wild Bill Hickok qu’il interpréta plus tard dans The Plainsman (Une aventure de Buffalo Bill, 1936).

En 1930, un an après The Virginian, Cooper joua au côté de Marlene Dietrich dans Morocco (Cœurs brûlés) de Joseph von Sternberg. Il s’entendit mal avec le réalisateur, se plaignant d’être sacrifié au profit de MarIene… Mais son charme était à présent tel qu’il pouvait soutenir toutes les confrontations.

Les producteurs hésitèrent un moment sur l’emploi de cet acteur au regard à la fois doux et inflexible. Helen Hayes, sa partenaire dans la première version de A Farewell to Arms (L’Adieu aux armes, 1932) se souvient de lui comme « du plus bel homme qu’elle ait jamais rencontré ».

C’est en 1936 que Cooper trouvera son premier grand rôle, grâce à Frank Capra avec qui il tourna Mr. Deeds Goes to Town, puis, en 1941,Mr. Deeds Goes to Town  (L’Homme de la rue) dans lesquels il incarnait des personnages qui lui convenaient parfaitement : des individus simples et intègres impliqués malgré eux dans les louches combinaisons du monde des affaires et de la politique.

The Lives of a Bengal Lancer – Henry Hathaway (1935)
Un Oscar et une vie privée agitée

En 1941, Cooper reçoit son premier Oscar pour l’interprétation de l’objecteur de conscience qui devient héros de guerre dans Sergeant York (Sergent York, 1941). La même année, toujours sous la direction de Howard Hawks, il joua dans Ball of Fire (Boule de feu), une brillante comédie à laquelle avait collaboré Billy Wilder. Dans le rôle du professeur de langue, spécialiste de l’argot, qui séduit la pétillante Barbara Stanwick, Cooper campa magistralement son personnage familier, l’homme timide et maladroit qui finit par l’emporter sur ses adversaires.

The Fountainhead (Le Rebelle, 1949) adapté d’un roman de Ayn Rand, fut l’occasion d’un de ses plus grands rôles, celui d’un architecte idéaliste refusant tout compromis. Ce film représenta également un événement dans sa vie puisqu’il s’éprit de sa partenaire, Patricia Neal. Mais son épouse légitime (qui appartenait à une des familles les plus en vue de New York) s’opposa obstinément à la demande de divorce et Cooper et Patricia Neal durent se déparer en 1951.

Sa carrière souffrit de cette affaire privée qui défraya la chronique et il ne tourna, pendant cette période, que quelques films d’action pour la Warner, à laquelle il était lié par contrat. De cette époque date notamment Task Force (Horizons en flammes, 1949).

Mr. Deeds Goes to TownFrank Capra (1936)
De nouveau le succès

Il fallut attendre 1952 et High Noon (Le Train sifflera trois fois) pour que sa carrière connaisse un nouvel essor. Il fut le premier étonné de l’Oscar qu’il reçut pour ce film et déclara : « Il ne s’agissait que d’une bonne histoire de shérif qui a un travail à exécuter et qui se retrouve seul pour le faire. Mais le scénario était excellent et nous avions en Fred Zinnemann un remarquable réalisateur. Je doute cependant qu’on puisse voir dans ce film un western psychologique. »

Dans les dernières années de sa vie, Cooper souffrit de sa réputation de héros de western. Il préférait se souvenir de ses rôles dans The Court-Martial of Billy Mitchell (Condamné au silence, 1955), qui évoquait le cas d’un général accusé de négligence, ou dans Ten North Frederick (10, rue Frédérick, 1958), dans lequel les membres de la famille d’un défunt reconstituent les étapes de sa vie. En 1961, peu avant sa mort, il reçut un nouvel Oscar pour sa contribution à l’industrie cinématographique.

Gary Cooper était convaincu de la nécessité d’un dur apprentissage pour, assimiler le métier : « Un acteur doit avoir tant soit peu vécu. » Cooper vécut beaucoup et mourut trop tôt. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]

High Noon – Fred Zinnemann (1952)

« Si Clark Gable a été le Roi, John Wayne, le Duc, Gary Cooper méritait bien se voir enfin décerner le titre de Prince. » Adrien Le Bihan – Gary Cooper, le Prince des acteurs – Ed. LettMotif (2021)


HOWARD HAWKS 
Du début des années 1920 à la fin des années 1960, Howard Hawks a réalisé des comédies et des films d’aventures qui témoignent d’une vision singulièrement pessimiste de la condition humaine.  

FRANK CAPRA
Frank Capra fut le cinéaste de l’ère rooseveltienne. Ses films utopiques et optimistes participèrent à l’effort de l’Amérique pour sortir » de la crise. Alors que d’autres réalisateurs œuvraient sur des sujets légers et brillants, Capra fut l’auteur d’œuvres basées sur une réalité vécue ou espérée par le public. Ce furent les films de l’idéalisme rooseveltien.

ERNST LUBITSCH : CRÉATEUR DE STYLE
Ernst Lubitsch est l’un des grands stylistes du cinéma américain. Sa renommée internationale, il la doit à ce que l’on a depuis baptisée la « Lubitsch’s touch », un style brillant où se mêlent l’allusion subtile, l’élégance et le brio des dialogues et de la mise en scène, la satire ironique. et légère des faiblesses de la société, plus spécialement dans les rapports entre hommes et femmes.

WILLIAM A. WELLMAN 
Au début des années 1930, Wellman consolide sa position à Hollywood, tournant 17 films en trois ans pour la Warner. Ces œuvres dont la plus connue est The Public Enemy (L’Ennemi public, 1931), font encore l’unanimité aujourd’hui par leur étonnant modernisme et leur ton très personnel.



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