Les Actrices et Acteurs

FRANÇOISE ARNOUL

Rivale de Martine Carol, la jeune actrice du Fruit défendu défraie la chronique des années 1950 en tournant une série de films où elle apparaît court vêtue. Mais ses rencontres avec des cinéastes tels que Renoir ou Carné donneront d’elle une tout autre image.

Celle qui fut l’une des plus grandes vedettes féminines des années 1950 naît en 1931 en Algérie, à Constantine. Fille d’un général de l’armée française, Françoise Gautsch hérite de sa mère, une ancienne comédienne, le goût du spectacle. La fillette prendra très tôt des cours de danse puis, sa famille rentrant en France à la fin de la Seconde Guerre, elle s’inscrit bientôt à un cours d’art dramatique parisien. Son joli minois lui vaut d’être rapidement remarquée, et après une apparition très fugitive dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker, elle décroche en 1949 le premier rôle du sulfureux L’Epave, qui lui vaut une célébrité immédiate. Répondant désormais au nom de Françoise Arnoul, la jeune actrice confirme l’essai avec Nous irons à Paris, film musical bâti autour du chanteur Philippe Lemaire et de l’orchestre de Ray Ventura. Cette fantaisie sera l’un des plus gros succès de l’année 1950 : la voilà définitivement lancée.

Françoise Arnoul va alors se faire une spécialité des rôles de filles « légères », n’hésitant pas à dévoiler parfois son anatomie, à une époque où le cinéma français reste fort pudibond. Elle fait ainsi tourner la tête de Fernandel dans Le Fruit défendu d’Henri Verneuil, avant d’enchaîner dans le même registre avec Les Compagnes de la nuitSecrets d’alcôve ou La Rage au corps. Un nouveau cap s’amorce malgré tout en 1954 lorsque Verneuil la choisit pour jouer à nouveau face à Fernandel dans le classique Le Mouton à cinq pattes. Mais c’est surtout le rôle magnifique de Nini dans French Cancan qui permet à Françoise Arnoul d’être enfin considérée comme une actrice à part entière. D’autant que la jeune femme enchaîne avec Des Gens sans importance, nouvelle réalisation de Verneuil, pour lequel elle donne la réplique pour la seconde fois à Jean Gabin, dans un rôle dont la tonalité désespérée révèle une nouvelle facette de son talent. Constituant désormais une valeur sûre du cinéma français, la comédienne fait ensuite parue de la pléiade de vedettes apparaissant devant la caméra de Sacha Guitry dans Si Paris nous était conté, avant de tourner avec le grand Marcel Carné pour Le Pays, d’où je viens.

En 1957, Françoise Arnoul tourne également Sait-on jamais… sous la direction du célèbre Roger Vadim, avant de trouver l’un de ses rôles les plus marquants dans La Chatte, film d’aventures d’Henri Decoin où elle joue une mystérieuse résistante durant la période de l’Occupation. Le succès du film est tel qu’une suite, La Chatte sort ses griffes, sera tournée en 1960. Malheureusement, la carrière de l’actrice déclinera peu à peu à partir des années 1960. Parmi les films marquants de sa seconde période, il faut citer malgré tout Le Petit théâtre de Jean Renoir, pour lequel elle retrouve son cinéaste préféré, et Violette & François de Jacques Rouffio, où elle joue la mère d’Isabelle Adjani. Mais, même si son statut de reine de l’écran est aujourd’hui quelque peu oublié, Françoise Arnoul reste malgré tout une figure appréciée des cinéphiles, et continue à apparaître régulièrement au cinéma ou à la télévision. En 1997, elle sera également présidente du jury de la Caméra d’Or au Festival de Cannes. Elle décéda le 20 juillet 2021.


FRENCH CANCAN – Jean Renoir (1954)
Le film dont Jean Gabin attaque le tournage à l’automne 1954 est, à plusieurs titres, placé sous le signe du renouveau. Tout d’abord parce qu’il s’agit de son tout premier film en couleurs. Ensuite, parce que l’aventure de French Cancan marque la fin d’une des bouderies les plus regrettables du cinéma français : en froid depuis la Seconde Guerre suite à des choix de vie divergents, Gabin et Jean Renoir trouvent dans ce projet le prétexte à des retrouvailles sans doute espérées de part et d’autre depuis longtemps.

LA CHATTE – Henri Decoin (1958)
La Chatte conte l’entrée en résistance de Cora Massimier (Françoise Arnoul), qui multiplie les faits héroïques avant de tomber amoureuse d’un officier allemand avec lequel elle joue un trouble double jeu, et qui, lui aussi, hésite entre sa loyauté pour son pays et son attirance pour elle. Au final, le réseau est effectivement trahi, et Cora « exécutée » (elle ressuscitera pour les besoins de la cause). Si ce n’est pas la vie de Mathilde Carré, cela y ressemble fort…


VISAGES FAMILIERS DU CINÉMA FRANÇAIS (partie 2)
Ce n’est pas le moindre des paradoxes de l’Occupation à de nombreux jeunes acteurs de se révéler au public. La plupart rapidement au vedettariat au cours des années 1950, mais si on excepte quelques chefs-d’œuvre fulgurants, Ils seront souvent mal employés.



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