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THE BIG SLEEP (Le Grand sommeil) – Howard Hawks (1946)

Le vieux général Sternwood charge le détective privé Marlowe de résoudre une affaire de chantage dans laquelle est impliquée sa fille Carmen, une jeune femme aux mœurs très libres. L’enquête conduit le détective sur la piste d’un complot meurtrier dans lequel la jolie Vivian, la seconde fille du général, semble jouer elle aussi un rôle obscur. En s’éprenant de cette dernière, Marlowe va devenir la cible de bandes rivales. Ce court résumé ne saurait faire oublier que The Big Sleep est l’un des rares classiques d’Hollywood à posséder une intrigue aussi illogique que nébuleuse…

LA GRANDE GUERRE ET LE CINÉMA

De la fleur au fusil au sang et à la boue des tranchées, les images de la Grande Guerre ont hanté l’imagination des cinéastes de tous bords, qu’ils aient ou non participé au conflit.
Au tout début de la guerre et pendant les quelques mois qui suivirent, les médias des principaux pays belligérants déclenchèrent à l’attention de leur public une vague de chauvinisme qui tourna à l’hystérie. Au cinéma cela se traduisit par un déferlement de mélodrames patriotiques, véhicules privilégiés de cette offensive de propagande. La Fille du bourgmestre (1914), The England Expects (1914) ou Das Vaterland (1914) appelaient tous à l’enrôlement, présentant les choses en termes simples dans une perspective purement émotionnelle et chauvine. L’adversaire était un monstre assoiffé de sang et ses soldats, des brutes prêtes à toutes les exactions ignobles (le plus souvent, viols et infanticides). Les Alliés parvinrent ainsi à imposer de façon durable l’image du « boche » bestial. Le pacifiste et l’embusqué devenaient les principales bêtes noires de la nation : dans England’s Call (1914), les portraits de Raleigh et de Wellington s’animent pour adjurer un tire-au-flanc de remplir son devoir. Les pacifistes sont encouragés, à faire taire leurs scrupules dans Englishman’s Home et For the Empire (tous deux de 1914).
De tels films – remarquablement identiques des deux côtés – parvinrent un moment à entretenir la fièvre belliciste ; mais le public s’en lassa dès que les premières nouvelles en provenance du front des Flandres commencèrent à filtrer ; la guerre n’était pas ce qu’on voulait leur faire croire. En France la production cinématographique baissa considérablement. En Grande- Bretagne les prises de vues d’actualités connurent une très grande vogue, d’où découle, en partie, la tradition « documentariste » britannique.

SCARFACE – Howard Hawks (1932)

Généralement considéré comme l’un des meilleurs films de gangsters, Scarface raconte l’histoire passionnante du contrôle brutal de Chicago par le crime organisé à l’époque de la Prohibition. Le lauréat d’un Oscar, Paul Muni, nous offre une performance électrisée dans le rôle de Tony Carmonte, un criminel ambitieux, dont la pulsion impitoyable est de devenir le grand patron du crime dans le ville. Réalisé par le légendaire Howard Hawks, Scarface est un film révolutionnaire, consacrant Paul Muni et George Raft grandes stars hollywoodiennes, tout en influençant l’ensemble des futurs films de gangsters.

HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940)

His Girl Friday (La Dame du vendredi) est une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre nommée Front Page, écrite par le tandem Hecht et Mac Arthur, amis personnels d’Howard Hawks. Hecht fut par ailleurs un scénariste très prisé à Hollywood, et a travaillé à maintes reprises avec le réalisateur de The Big Sky (La Captive aux yeux clairs). The Front Page a déjà été porté à l’écran en 1931 par Lewis Milestone et Billy Wilder en donnera également une version en 1974 avec le tandem formé par les acteurs Walter Matthau et Jack Lemmon. His Girl Friday reste cependant non seulement l’adaptation la plus réussie de la pièce mais aussi un des sommets de la comédie hawksienne. Le cinéaste a comme à son habitude participé à l’écriture en compagnie d’un autre de ses scénaristes les scripts de, entre autres, I Was a male war bride (1951), Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir, 1952) ou encore Gentlemen prefer blondes (Les Hommes préfèrent les blondes, 1953).

TO HAVE AND HAVE NOT (le Port de l’angoisse) – Howard Hawks (1944)

« Est-ce que tu crois qu’on pourrait créer un personnage féminin qui soit insolent, aussi insolent que Bogart, qui insulte les gens, qui le fasse en riant, et arriver à ce que le public aime ça ? » demanda Howard Hawks au scénariste Jules Furthman. Ainsi naquit le personnage de Marie Browning, la fille qui apprend à siffler à Bogart. Et ce n’est rien de dire que le public aima. Bogart, aussi, mais c’est une autre histoire.

GENTLEMEN PREFER BLONDES (Les Hommes préfèrent les blondes) – Howard Hawks (1953)

Ce premier rôle de Marilyn Monroe dans une comédie musicale lui permit de révéler l’incroyable potentiel artistique qu’elle avait en elle : jouer, chanter, danser… Elle mit un tel cœur à démontrer ces qualités, et dépensa une telle énergie à les travailler que ce film est resté célèbre. En fait, le rôle de Lorelei Lee que Marilyn interprète dans Gentlemen prefer blondes devait être attribué à Betty Grabble, sex-symbol officiel de l’époque et actrice beaucoup plus chevronnée que Marilyn alors au début de sa carrière. Mais Marilyn avait agi en coulisses pour que, finalement, on finisse par lui donner sa chance. Et c’est le jour de ses vingt-six ans qu’elle apprit qu’elle serait Lorelei !