STRANGERS WHEN WE MEET (Liaisons secrètes) – Richard Quine (1960)
À l’aube des années 1960, alors que Hollywood s’apprête à basculer vers de nouveaux horizons moraux et esthétiques, Richard Quine signe avec Strangers When We Meet l’un de ses films les plus délicats et les plus modernes. Sous l’apparence policée d’un mélodrame de banlieue, le cinéaste y dévoile les fissures d’un American Way of Life trop lisse, où le conformisme étouffe les désirs et où les existences se consument en silence. Porté par un Kirk Douglas d’une sobriété bouleversante et par une Kim Novak fragile, mystérieuse, à l’un de ses sommets, le film explore l’adultère non comme une faute mais comme une tentative désespérée de réinventer sa vie. Entre critique sociale, peinture sensible des sentiments et élégance de mise en scène, ce film apparaît aujourd’hui comme un classique oublié, d’une justesse étonnante, qui mérite d’être redécouvert.

