
LE CINÉMA DES ANNÉES 1950 : EN ATTENDANT GODARD
A la veille de la nouvelle vague, le cinéma français se complaît dans un académisme suranné. Mais l’honneur du septième art est sauvé par de grands auteurs indépendants comme Renoir, Bresson, Ophüls ou Tati.

LE CINÉMA DE MINUIT
Tout commence avec une émission née sur FR3 en 1976, Le Cinéma de minuit. Une fenêtre ouverte au cœur de la nuit, discrète, presque clandestine, qui offrait au public des films rares, muets, en version originale, des œuvres fragiles que l’on ne voyait nulle part ailleurs. Grâce à son approche documentaire et à une programmation d’une exigence rare, elle a permis à tant de films menacés d’oubli de retrouver une place, une voix, une lumière. Pour beaucoup d’entre nous, elle a été une école de patience, de curiosité, de découverte — une véritable initiation à la cinéphilie.

L’ÂGE D’OR DU CINÉMA FRANÇAIS
Au tournant des années 1930, le cinéma français entre dans une zone de lumière rare : un moment où les studios s’équipent, où les cinéastes tâtonnent puis inventent, où les avant-gardes croisent le réalisme poétique, et où une génération de créateurs (Clair, Renoir, Carné, Feyder, Vigo) façonne un âge d’or dont les films continuent de vibrer aujourd’hui. Entre bouleversement technique, audaces esthétiques et naissance d’un style national, cette décennie voit le cinéma français trouver sa voix, son atmosphère, et parfois même son âme.

UN CINÉMA DE SCÉNARISTES
Film d’auteur contre film de scénariste, c’est un très ancien débat. En fait, il remonte au début même du cinéma et a connu un tour plus aigu avec l’arrivée du parlant. A qui faut-il donc attribuer la paternité et, le cas échéant, la réussite d’un film ?

LE CINÉMA FRANÇAIS ET LE RÉALISME DÉPRESSIF
Pépé le Moko compte quatre cent quarante-neuf plans. Au quatre cent quarante-cinquième, Pépé –Jean Gabin, cadré à travers la grille de fer qui le sépare du bateau qu’il n’a pas pris, sort un couteau de sa poche, l’ouvre et se le plante dans le ventre. SI le suicide de Jean Gabin sur l’écran du Marivaux, où le film de Duvivier est sorti à la fin de janvier 1937, fait basculer un réalisme qui se cherchait depuis plusieurs années dans une dimension morbide, désespérée, dont le succès jusqu’à la guerre renvoie de la société, de son inconscient collectif une image qui est l’envers, le négatif à la fois de l’optimisme du printemps 1936 et du triomphalisme nationaliste de l’hiver 1938–1939.

LE CINÉMA POPULAIRE DES ANNÉES 70
Longtemps relégué aux marges de l’histoire du septième art, le cinéma populaire français des années 70 demeure pourtant un formidable révélateur de son époque. Entre comédies fédératrices, polars calibrés et mélodrames à message, ces films du « samedi soir » ont façonné l’imaginaire de millions de spectateurs. Derrière leur apparente légèreté se dessine une autre histoire du cinéma, celle d’un art industriel, d’un public fidèle et d’un système de vedettes aujourd’hui disparu. Revisités par la critique, redécouverts à la télévision, certains de ces titres connaissent même une seconde vie, preuve que la mémoire collective ne se construit pas seulement dans les marges prestigieuses, mais aussi dans les salles combles et les succès populaires.

LE CINÉMA FRANÇAIS ET LE RÉALISME POÉTIQUE
La qualité, qui a caractérisé le cinéma français des années 1930, n’était pas seulement le fruit de l’inspiration de grands cinéastes, mais aussi celui du professionnalisme des équipes qui les entouraient.

JACQUES PRÉVERT ET LE CINÉMA
Si Jacques Prévert demeure aujourd’hui l’un des poètes les plus populaires du XXᵉ siècle, il ne faut pas oublier que sa renommée s’est d’abord construite grâce au cinéma. En effet, bien avant que ses recueils ne deviennent des classiques, Prévert s’est imposé comme l’un des scénaristes et dialoguistes majeurs du cinéma français. Ainsi, comprendre sa relation avec le septième art permet non seulement d’éclairer son œuvre, mais aussi de saisir l’évolution du cinéma français des années 1930 à 1950.

VERS UN NOUVEAU CINÉMA (1949 – 1959)
Entre 1941 et 1944, en moins de trois ans, une vingtaine de cinéastes nouveaux avaient fait leurs débuts, dont cinq ou six de premier plan. Dans les quinze ans qui suivirent, Il n’en fut pas de même, et il fallut attendre 1959, année de l’apparition de la nouvelle vague, pour assister à une floraison comparable à celle de l’Occupation.

LES RISQUES DE L’OCCUPATION
En continuant à tourner dans la France occupée, les cinéastes s’exposaient à des risques divers : encourir les foudres de la censure national-socialiste, ou au contraire se voir accusés de « collaboration ».

LE CINÉMA DES ANNÉES « POMPIDOU
A l’instar des institutions et des mentalités, le cinéma français n’a pas échappé à l’influence de Mai 68. Les années qui suivirent ce printemps historique furent, dans ce domaine, celles d’une irrésistible évolution vers la permissivité.

1940-1945 : L’ESSOR SURPRENANT DU CINÉMA FRANÇAIS
Sous l’Occupation, le cinéma français, qui connait un surprenant essor, recueille quelques-uns de ses plus grands triomphes, et voit apparaitre une nouvelle génération d’auteurs de talent.

LE CINÉMA COLONIAL
La période de l’entre-deux-guerres correspond à l’apogée de l’empire colonial français : colonies, protectorats, territoires sous mandat constituent le deuxième empire mondial, juste après celui de la Grande-Bretagne. Il y avait là une matière cinématographique très riche à exploiter, et on peut s’étonner que les réalisateurs français n’y aient pas recouru plus fréquemment.

LE STYLE AURENCHE ET BOST
Duo vedette du scénario durant trois décennies, Jean Aurenche et Pierre Bost ont écrit à quatre mains une soixantaine de films, dont plusieurs chefs-d’œuvre. Torpillés par la Nouvelle vague, ils seront réhabilités par Bertrand Tavernier qui fera de Jean Aurenche l’une des principales figures de son film Laissez-passer en 1992.

LE CINÉMA FRANÇAIS DE L’APRÈS-GUERRE
Tout de suite après la guerre, le cinéma français sembla revenir à ses thèmes traditionnels. Mais de nouveaux auteurs et de nouveaux ferments laissaient déjà présager le changement décisif qui allait intervenir.

LA POLITIQUE DU CINÉMA FRANÇAIS
A la fin de la guerre, le cinéma français fut profondément réorganisé. Les institutions vichyssoises, dont la principale était, dans ce domaine, le C.O.I.C., étaient condamnées à disparaître. La nécessité d’une réorganisation du cinéma ne fut en elle-même jamais remise en cause, et il ne s’agissait que de procéder à un changement des structures. Encore ce changement ne fut-il pas immédiat et s’opéra-t-il en plusieurs temps.

LE PETIT MONDE DE BARJAVEL
Auteur entre autres de La nuit des temps et du Grand secret, René Barjavel fait partie des rares représentants français d’une littérature d’anticipation de qualité. On sait moins qu’il fut aussi, deux décennies durant, un scénariste très prisé.

LES ARTISANS DE LA NOUVELLE VAGUE
Après des années d’effort, demeurés à peu près vains depuis 1945, de jeunes réalisateurs français réussirent enfin à se faire remarquer en faisant irruption dans le monde cinématographique avec une énergie sans précédent. L’apparition soudaine en 1959 de la nouvelle vague mit le monde cinématographique en émoi. Ce fut une extraordinaire explosion d’activité créatrice : en dix-huit mois, une quarantaine de jeunes metteurs en scène accédèrent à la réalisation. On put même croire qu’une approche originale et des techniques nouvelles allaient révolutionner l’industrie du cinéma. Il s’agissait sinon d’un malentendu, du moins d’une exagération.

LE CINÉMA FRANÇAIS SOUS L’OCCUPATION
Dès 1940, les Allemands entendent contrôler l’industrie cinématographique de la France occupée, et, surtout, favoriser l’exploitation de leurs propres films. Le cinéma français connaîtra pourtant une exceptionnelle vitalité. En juin 1940, après les quelques semaines de combats qui suivirent ce que l’on a appelé « la drôle de guerre », les Allemands occupent Paris, Le gouvernement du maréchal Pétain s’installe à Vichy, au sud de la Loire, et la France, coupée en deux, peut apparaître désormais comme un élément de l’ »Europe nouvelle » en cours d’édification…

SIMENON AU CINÉMA (période : 1932-1980)
Plus encore que Balzac, Dumas, Zola ou Maupassant, c’est Georges Simenon qui est l’écrivain le plus adapté par le cinéma français. Il est un peu pour les metteurs en scène l’équivalent de ce que le roman noir de Chandler ou d’Hammett fut pour ceux de l’Amérique : l’occasion d’un coup de projecteur sur telle ou telle couche de la société, par le biais de l’enquête policière, voire du simple fait divers.

LES ANNÉES D’INCERTITUDE DU CINÉMA FRANÇAIS
La confusion politique et idéologique qui, succédant à la fin de la guerre d’Algérie (1962), débouchera sur les événements de mai 1968, va de pair avec un essor économique sans précédent. Parallèlement, la crise du cinéma prend une ampleur inconnue jusque-là. Subissant le choc de la télévision et la concurrence des autres loisirs la fréquentation cinématographique s’effondre.

UN DES JALONS MAJEURS DE L’HISTOIRE DU CINÉMA par Jacques B. Brunius
Le cinéma n’a pas tellement changé, au fond, depuis ses premiers balbutiements – qui ne manquaient à vrai dire ni de brio ni d’assurance. Déjà, dès les premières années, deux tendances s’affrontaient : d’un côté les opérateurs de la maison Lumière tournaient indifféremment des documentaires et actualités ou des scènes jouées en décors réels, selon la même technique ; de l’autre, Georges Méliès opérait au studio en décors plus ou moins réalistes, plus ou moins fantastiques, selon le sujet. Qui avait raison ? Difficile à dire. Tantôt l’un tantôt l’autre. C’était question de flair et de chance. N’importe comment, il s’agissait plutôt d’efficacité que de « faire vrai ». Il y avait du bon de chaque côté et personne ne faisait de théories à ce sujet.

VICTOR HUGO À L’ÉCRAN
Continuant au fil du temps à exercer la même emprise sur le public, l’œuvre romanesque de Victor Hugo a donné lieu à d’innombrables adaptations cinématographiques, qui ont fait des personnages de Quasimodo et de Jean Valjean des mythes du XXe siècle.

LE RÉALISME DU CINÉMA FRANÇAIS (1930-1940)
Entre 1927 et 1936, le cinéma français connaît une transformation majeure avec l’avènement du cinéma sonore. Alors que l’avant-garde est déjà dépassée et que certains regrettent la disparition du cinéma muet, de nouveaux cinéastes comme Luis Buñuel, Jean Vigo, Jean Cocteau et Jean Renoir émergent sans préjugés face au parlant. Durant cette période, le cinéma français devient un art populaire, reflétant fidèlement l’élan de la conscience populaire en pleine évolution.

