Les Actrices et Acteurs

MARILYN MONROE : UNE JOURNÉE AVEC LA STAR

Il est évidemment difficile d’établir une journée type de Marilyn Monroe. Sa vie est en effet celle d’une artiste hors du commun, et d’une femme ne pouvant supporter la routine… Pourtant, on peut retrouver certaines constantes de comportement dans sa vie quotidienne. Marilyn, sitôt libérée des tournages, se retrouve face à ses préoccupations personnelles et reprend le cours d’une vie plus normale, même si certains de ses proches assurent que la vie normale ne fut jamais chez elle qu’un rêve. Elle a cependant quelques habitudes, des goûts et des hobbies auxquels elle s’adonne avec enthousiasme et simplicité.

Des matins difficiles

D’une façon générale, Marilyn ne parvient pas à se lever le matin. Et, quand elle ne travaille pas, elle dort jusqu’à midi. Toute sa vie, elle souffrira d’insomnie. Quand elle s’endort, la plupart du temps sous l’effet de puissants somnifères, c’est vers quatre ou cinq heures du matin. Les témoignages, à ce sujet, sont nombreux. L’un de ses voisins, Alain Bernheim, qui était chef de production, connut Marilyn dès ses débuts en 1950 : « Elle devait être aux studios tous les matins à sept heures : elle n’y parvint jamais. J’allais régulièrement frapper à sa porte. Elle finissait par ouvrir, complètement dans les vapes, et me demandait une cigarette. Il fallait carrément que je la pousse sous la douche ».

Même mariée, Marilyn ne dort pas mieux. Ses insomnies semblent désormais la faire atrocement souffrir. Léna Pepitone, l’intendante du couple Miller, assure que Marilyn restait au lit jusqu’à n’importe quelle heure : « Elle erre toute nue dans l’appartement et, souvent, dès son réveil, demande à boire de la vodka ». Prendre un grand verre d’alcool à peine debout, c’est aussi son habitude sur le tournage de la plupart de ses films. Soit gin, soit vodka. A la fin de sa vie, ce sera du champagne ! Ensuite seulement, elle prend son petit-déjeuner, quand elle en a le temps et l’envie.

Pour l’amour de son corps

Quels que soient le jour et l’humeur, Marilyn fait de l’exercice. Elle voue un réel culte à son corps et passe depuis toujours plusieurs heures par jour à l’entretenir. Et, à l’époque où l’on ne parle pas encore de fitness, durant quarante cinq minutes, Marilyn soulève inlassablement deux haltères de cinq livres. Alors qu’elle n’est encore que madame Jim Dougherty, elle pratique l’haltérophilie, surfe au large de Catalina Island, et nage. Elle aime l’eau, même si Arthur Miller, son mari affirme qu’elle fait cela très bizarrement. Elle court aussi dans Central Park, dans Beverly Hills, lorsque le soir tombe. Plus tard, Marilyn fera aussi du yoga. Mais ce qu’elle préfère par dessus tout, c’est la bicyclette. Toujours, on lui en connut une. On ne sut pourtant jamais si elle en fit souvent ou si elle s’en servait pour son image : ce fut en tout cas le principal sujet de conversation qu’elle eut avec la reine Elisabeth d’Angleterre, lorsqu’elle lui fut présentée à Londres, en 1956. Mais, dès 1955, de plus en plus souvent en proie à la dépression, Marilyn cesse ce bel entraînement physique, lui préférant les lavements drastiques qui lui permettent d’enfiler ses robes…

Du beurre de cacahuète au caviar

Même si Marilyn n’aime pas les régimes, elle en suit pourtant de draconiens. Parfois malgré elle ! Pendant les premières années de sa vie de starlette, elle manque d’argent et ne se nourrit guère : café, pamplemousse et fromage blanc au petit déjeuner. Parfois du jus d’orange, auquel elle ajoute de la gélatine. Elle va même jusqu’à ne prendre, en une seule journée, que du beurre de cacahuète, de la bouillie de flocons d’avoine froide et du lait… Végétarienne, elle doit consentir un peu plus tard à manger des œufs et à boire du jus de foie cru pour cause d’anémie. Mais sa nouvelle vie de star la convertit aux joies du steak, de la cuisine italienne et du caviar. Elle avoue en 1953, consommer un steak chaque matin, même si elle ne mange pas régulièrement. Elle avale sans compter cachets et gélules de toutes sortes, mais mange quand elle en a envie et ce dont elle a envie. Ses préférences ? Les hot-dogs et le caviar.

Nourritures spirituelles

Marilyn aime la poésie et quand elle se sent triste, elle lit à voix haute des vers du poète allemand Reiner Maria Rilke. Ou bien elle écoute de la musique : les Concertos pour piano de Beethoven, les grandes voix du jazz, et Sinatra. Marilyn est loin d’être une jolie tête blonde vide. Certains sont impressionnés par sa bibliothèque : des philosophes grecs aux grands auteurs classiques tels Tolstoï, Proust, Shakespeare, en passant par des biographies de femmes célèbres comme madame du Barry ou Marie-Antoinette…

Marilyn est fascinée par l’écriture. Elle écrit des poèmes pour ses amis ou bien encore qu’elle garde secrets dans un petit carnet de cuir fermé à clé. Elle a beau aimer la nature et suivre ses différents maris à la pêche ou à la plage pour leur faire plaisir, ce qu’elle aime avant tout, c’est rester chez elle pour lire ou dessiner : nombre de ses dessins ont d’ailleurs été sauvegardés. Suzan Strasberg parlera de sa faculté ahurissante dans ce domaine : « Tout est en lignes courbes, vives, d’une grâce sensuelle et féline ».

Le rêve d’une vie normale

Mais Marilyn continue de rêver beaucoup. Elle rêve d’être une épouse exemplaire, d’avoir des enfants. Mariée à Miller, elle fait le ménage, passe l’aspirateur, apprend à cuisiner les plats traditionnels juifs, bichonne Arthur. « Le cinéma est mon métier, mais Arthur est ma vie. C’est le chef ! », dit-elle fièrement au début de leur mariage. Elle prend soin du jardin et s’occupe des enfants de son mari, quand ceux-ci sont de passage, comme s’ils étaient ses propres enfants.

Lorsque le couple achète une résidence à la campagne, elle joue à « Marie-Antoinette au petit Trianon », écrit un journaliste leur ayant rendu visite… Pourtant, chaque jour, dès 1956, Marilyn consulte son psychanalyste, et deux à trois fois par semaine son médecin. Elle ne supporte pas sa vie. Elle ne se supporte pas. Ses jours et ses nuits sont un enfer. « Parfois, je me demande à quoi sert la nuit : pour moi, ce n’est qu’un affreux et long jour sans fin ! », écrit la star la plus aimée du vingtième siècle en 1961… [Légendes d’Hollywood / Marilyn Monroe – Laetitia Defranoux (mai 2004)]

L.D


MARILYN MONROE
Mélange explosif de candeur et de sensualité débordante, Marilyn Monroe est une actrice proche du génie. Sous le maquillage et les atours, elle restait une « petite fille ». Elle ne ressemblait à personne…


Une femme d’affaire

Marilyn, en dehors des tournages, s’occupe aussi beaucoup de sa maison de production, créée pour se libérer de la Fox qui, pensait-elle, l’exploitait. « Sous son apparence de poupée, Marilyn peut se montrer très calculatrice» déclara l’une de ses secrétaires. Marilyn prend donc son rôle très à cœur : son premier objectif étant surtout celui de se défendre ! C’est ainsi qu’elle organise, même lorsqu’elle n’a aucun film à présenter, de grands rendez-vous avec les journalistes, des conférences de presse traditionnelles mais aussi des rencontres beaucoup plus privées, plus intimes, dans lesquelles elle se dévoile.

De la même façon, elle exige un droit de regard sur toutes ses nombreuses séances de poses. Extrêmement pointilleuse, elle jette ou raye des centaines de négatifs. En 1957, un journaliste invité chez le couple Miller témoigne que leur appartement n’a rien d’un nid d’amour, mais tout d’un quartier général expérimental, au milieu duquel Marilyn gère ses affaires, seule.


Marilyn de A à Z (Identités, Japon, Jean, etc.)

Identités multiples
Marilyn Monroe est également connue sous le nom de Norma Jeane ou Jean Baker, selon les humeurs de l’actrice. Mais, pour l’état civil, elle est née Mortenson, le nom d’un immigrant norvégien qu’avait épousé Gladys, la mère de la star, deux ans auparavant. Baker étant le nom du premier mari de cette dernière… Quant au nom de Monroe, qu’adopta la jeune starlette en 1946, il était celui de sa grand-mère maternelle. Marilyn tenait beaucoup à le garder. Mais la star faillit bien aussi s’appeler Carole Lind. Ce fut là le premier nom auquel les producteurs pensèrent pour son avenir de vedette. Mais personne ne s’y fit ! Marilyn jouera beaucoup de ces différentes identités, tout en ne sachant plus très bien elle-même comment elle s’appelait : le jour où elle épousa DiMaggio, elle signa : Norma Jeane Mortenson Dougherty, le nom de son premier époux…

Japon
C’est au pays du soleil levant que Marilyn et Joe DiMaggio passèrent leur lune de miel, en 1954. Mais ce voyage était aussi organisé pour DiMaggio, alors le plus célèbre joueur de base-ball de l’époque, il devait ouvrir le début de la saison sportive au Japon… Mais celle que tout le monde attendait, était Marilyn. Joe bouda un peu et fut irascible durant tout le séjour. Une foule hystérique acclama le couple à son arrivée à Tokyo. Deux cents journalistes et photographes étaient présents. Des fans lui arrachèrent des mèches de cheveux… Elle dut apparaître au balcon de l’hôtel. On la surnomma « l’honorable-actrice-aux-fesses-qui-swinguent ». Marilyn, touchée par cet accueil, en fut aussi effrayée.

(Blue) Jeans
Celle qui fut et reste l’un des plus magnifiques symboles de la féminité s’habilla souvent en jeans. En 1946, personne n’en portait encore de façon quotidienne. Elle, oui. C’est même comme cela qu’on la remarqua d’abord, un jour de cette même année, à la sortie d’un studio. Le bas en était effrangé ! Plus tard, devenue célèbre, Marilyn portera très souvent un jean plus classique, sans frange et bien coupé, qui fut même vendu très cher lors d’une vente Christie’s à New York : pour le plus grand bonheur de la marque Levi’s !

Jean-Louis
Il fut le costumier de Marilyn Monroe pendant presque quinze ans, de son premier film There’s No Business Like Show Business (La joyeuse parade) jusqu’au dernier. Il habilla les plus grandes actrices de Hollywood. Pour lui, Marilyn était unique. Il en connaissait tout : ses qualités immenses d’humanisme, de douceur, mais aussi ses défauts « les plus exécrables »; dira-t-il sans jamais les préciser… Jean-Louis créa la fameuse robe portée lors de l’anniversaire de J.F. Kennedy. Jean-Louis emporta un secret lorsqu’il mourut en 1997 : en effet quelques jours seulement avant le décès de la star, il avait pris les mesures d’une robe d’une valeur de 1 600 dollars. Marilyn la lui avait commandée pour une occasion tout à fait exceptionnelle. Il montra bien quelques croquis, mais refusa toujours d’en dire plus.

Journalistes
Marilyn, dès ses premiers succès, apprivoisa la presse. Elle savait que les journalistes faisaient la pluie et le beau temps, qu’ils étaient capables de faire ou de défaire une carrière. Pour eux, à ses débuts, elle n’hésita pas à poser en maillot de bain, sur une plage en novembre ! Les journalistes, heureux, savaient de leur côté, que cette superbe pin up ne les décevrait jamais et que rien ne l’arrêterait : l’un deux la présenta à la une de Focus, en 1951, comme « le futur sex-symbol du siècle », La presse lui décerna même un prix spécial pour sa bonne volonté et sa collaboration… Plusieurs journalistes devinrent des amis intimes de la star et lui restèrent fidèles jusqu’à sa mort.

Joy
Marilyn Monroe fut certes l’une des ambassadrices du N°5, de Chanel. Mais elle adorait aussi le célèbre Joy, de Jean Patou, « Le parfum le plus cher du monde » ; ainsi qu’il fut présenté lors de son lancement. Que la star ait pu aimer laisser derrière elle de si sublimes effluves n’empêcha pas Yanne Fagnen, journaliste, d’écrire : « Plus que toute autre senteur, Marilyn semble faire naître pour beaucoup des odeurs de pâtisserie (… ), la sensation d’être environné de choux à la crème et de volutes vanillées ». (revue Autrement)



1 réponse »

  1. Que d’inepties sur sa vie ! Je ne sais même pas par où commencer.
    Jean Louis habilla Marilyn que pour deux films « Ladies of the chorus » (1948) et « The Misfits » (1961). Il était aussi le costumier de « Something’s got to give » (1962). Mais le film ne fut jamais achevé.
    Marilyn porta ses premiers jeans en 1945 et à l’époque c’était courant !
    Elle n’était pas une ambassadrice Chanel, ce n’est que dans les années 2000 que la marque mis en avant cette connexion.
    Le voyage au Japon n’était pas une lune de miel, ce sont les médias qui ont créé cette histoire. Le voyage était prévu depuis un bon moment… pour DiMaggio, la star absolue du base-ball.
    Lorsqu’elle se maria en janvier 1954 avec DiMaggio, elle pouvait signer que de son véritable nom puisqu’elle ne fut officiellement Marilyn Monroe pour l’état civil qu’en 1956.
    Marilyn ne rêvait pas d’être « une épouse parfaite ». Certes elle désirait avoir une vie de couple plus classique avec des enfants mais elle ne se rêvait pas en bonne à tout faire.
    Concernant son hygiène de vie, je ne sais pas d’où sort cette idée de véganisme sans parler de l’haltérophilie. J’en reste pantois. Par contre, elle fréquentait des surfeurs. A-t-elle surfé elle-même ? Mystère. Quant aux haltères, elle en faisait comme du jogging mais dès qu’elle fut star, elle stoppa cela. Plein de choses dites qui me laisse très perplexe sur ce sujet.
    Pour ces réveils, il est vrai qu’elle avait des difficultés dans les dernières années de sa vie, mais à moins d’avoir vécu avec elle, je pense qu’il est bien difficile de parler de ses habitudes quotidiennes. Il faudrait sur ce point ajouter un aspect primordial : elle souffrait d’endométriose, ce qui la faisait souffrir atrocement, d’où sa prise excessive de cachets et ensuite d’alcool. N’oublions pas sa rencontre avec Milton Greene qui accentua ces mauvaises habitudes médicamenteuses en lui montrant de nouveaux cachets. Sans compter, les studios qui étaient les premiers fournisseurs pour avoir toujours des stars « en pleine forme » pour tourner.
    Il y aurait encore de nombreuses choses à dire mais je vais m’arrêter là.

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