ELLES CRÈVENT L’ÉCRAN 

Après les vamps des années 30 et les beautés fatales des années 40, la décennie suivante voit le triomphe des actrices dotées de généreuses mensurations ; mais leur vogue sera, pour nombre d’entre elles, éphémère.

THE MAN WITH THE GOLDEN ARM (L’Homme au bras d’or) – Otto Preminger (1955)

Frankie sort de prison et retrouve son épouse, Zosh. Celle-ci est paralysée, à cause d’un accident de voiture que Frankie a provoqué sous l’emprise de la drogue. Car Frankie est un junkie. Il aimerait rentrer dans le droit chemin et faire partie d’un orchestre de jazz : mais le jeu et la came reprennent vite le dessus… La drogue était alors un sujet tabou. The Man with the golden arm se vit refuser son visa de sortie, puis, grâce à l’obstination d’Otto Preminger, remporta un grand succès, entraînant une remise à jour du code Hays, cette charte d’autocensure appliquée par Hollywood.

Sur le strict plan documentaire (la drogue, mode d’emploi), le film a évidemment beaucoup vieilli. Il se complaît dans le mélo (le personnage d’Eleanor Parker est insupportable jusqu’au coup de théâtre final) et le happy end paraît largement artificiel. Ce qui n’a pas bougé, en revanche, c’est l’interprétation magistrale de Frank Sinatra — qui chipa le rôle à Marlon Brando —, qui rend avec brio, notamment dans une scène de manque, les démons intérieurs de son personnage. Plus que l’intrigue, c’est l’atmosphère, sombre et jazzy, qui fait le prix de ce classique du drame psychologique à l’américaine. [Aurélien Ferenczi – Télérama]

QUAND HOLLYWOOD S’ÉMANCIPAIT 

Durement touché par la concurrence de la télévision, au Cours des années 50, Hollywood s’efforça d’attirer le public dans les salles en lui proposant des sujets jusqu’alors tabous, entreprise facilitée, dans une certaine mesure, par le déclin inexorable de la censure. 

LES AMBIGUÏTÉS DU RÊVE AMÉRICAIN

Avec le triomphe de la société de consommation les années 50 sont marquées par une âpre compétition pour la réussite individuelle. En célébrant le rêve américain, Hollywood en offre parfois un reflet amer et désenchanté….

VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958)

Vertigo (Sueurs froides) est le meilleur film d’Hitchcock, et même l’un des meilleurs jamais tournés. Pourtant, lors de sa sortie, sa qualité de chef-d’œuvre ne fut pas tout de suite reconnue par le public et la critique. Bien qu’il soit centré sur un meurtre, ce n’est pas à proprement parler un film policier mais, selon les mots de son auteur, « une histoire d’amour au climat étrange ».

PAL JOEY (La Blonde ou la Rousse) – George Sidney (1957)

Sortie en 1957, Pal Joey musicale de George Sidney bénéficie de la présence de trois grandes stars (Rita Hayworth – Frank Sinatra – Kim Novak), ainsi que d’une bande originale entièrement signée Richard Rodgers et Lorenz Hart. 

PUSHOVER (Du plomb pour l’inspecteur) – Richard Quine (1954)

Des braqueurs tuent un vigile avant de prendre la fuite avec leur butin, un inspecteur infiltré surveille la maîtresse de l’un deux, mais l’amour entre en jeu, et il est coincé entre gangsters et policiers ; sa vie est alors en danger. Richard Quine réalise ce face à face entre un flic et une femme…