THE LODGER (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927)

Une femme blonde est découverte morte dans une rue de Londres : le Vengeur a encore frappé. Peu après, un jeune homme prend une chambre dans une pension proche du quartier où ont eu lieu les crimes… Le jeune Hitchcock avait déjà réalisé deux films lorsque le producteur Michael Balcon lui proposa d’adapter une pièce de Marie Belloc-Lowndes inspirée du cas de Jack l’Éventreur. Cette histoire sombre lui donna l’occasion de forger ses premières armes en matière de suspense et d’angoisse. Tout Hitchcock est déjà là, chaque plan de ce chef-d’œuvre du muet témoignant de la précision et du sens du récit du maître anglais. Lorsqu’ils découvrirent le film, le public et la presse unanimes reconnurent la naissance d’un génie.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

En 1926, Alfred Hitchcock était un jeune réalisateur ambitieux, mais à l’avenir encore incertain. Le Gainsborough Pictures qui l’employait était dans une situation difficile, à l’instar du cinéma anglais dans son ensemble. Toutefois, le producteur Michael Balcon, convaincu que le jeune homme avait beaucoup de talent, accepta de lui confier l’adaptation d’une pièce de Marie Belloc-Lowndes inspirée de l’histoire de Jack l’Éventreur. Balcon entoura Hitchcock de collaborateurs expérimentés. Le scénario fut demandé à Eliot Stannard, un vétéran du cinéma anglais. Le rôle du héros fut attribué à une star montante du théâtre, Ivor Novello, idole du public féminin qui venait de triompher au cinéma dans The Rat de Graham Cutts. Hitchcock savait qu’il n’aurait pas deux occasions comme celle-ci et que s’il voulait poursuivre sa carrière, il devait absolument obtenir un grand succès.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927). La naissance du mythe de Jack l’Éventreur est inséparable de l’essor de la presse écrite à la fin du XIXe siècle
Illustrateur d’intertitres

Deux ans plus tôt, Hitchcock s’était présenté à la Famous Player-Lasky, une société de production américaine qui venait de créer une succursale à Londres, et il avait réussi à se faire engager comme illustrateur d’intertitres. Beaucoup plus tard, se souvenant de cette époque, il racontera à François Truffaut : « L’acteur faisait semblant de parler et ensuite venait le carton. On pouvait faire dire n’importe quoi au personnage. » Tout en remplissant sa fonction, Hitchcock étudiait avec attention les méthodes des techniciens américains, notamment leurs secrets d’éclairage, car il avait remarqué que « dans les films américains, les personnages étaient comme détachés des décors alors que dans les films anglais tout était plat. »

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Lorsque la Famous Player-Lasky ferma ses portes et que le producteur Michael BaIcon décida de fonder la Gainsborough Pictures, il accueillit le talentueux assistant. Balcon s’associa à une société de production allemande et Hitchcock se trouva ainsi en contact avec un des courants majeurs du cinéma de l’époque : l’expressionnisme allemand. Il assista notamment au tournage de  Der Letzte Mann (Le Dernier des hommes, 1924) de Murnau, qui lui laissera une impression tenace. De son propre aveu, Hitchcock déclarait : « Mon style a été influencé par les angles de prises de vues allemands, par leurs idées visuelles ».

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

A cette époque, Hitchcock n’était pas encore réalisateur, mais il avait quitté le département des intertitres pour les plateaux de tournage. Il apprenait toutes les facettes du métier en passant avec aisance d’un poste à l’autre : décorateur, assistant, monteur, scénariste. Il travaillait essentiellement sur les films de Graham Cutts, le réalisateur principal de la Gainsborough qui ne voyait pas d’un très bon œil les rapides progrès du jeune homme. À la fin de l’année 1924, Cutts, se sentant de plus en plus menacé par son encombrant assistant, décida de s’en séparer. Balcon sauta sur l’occasion et proposa à Hitchcock, qui n’avait alors que 26 ans, de réaliser son premier film. C’est dans les studios allemands que le jeune réalisateur tourna Pleasure Garden (Le Jardin du plaisir), bientôt suivi par The Mountain Eagle et, en 1926, The Lodger (qui signifie « Le locataire », mais sera commercialisé en France sous le titre Les Cheveux d’or).

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney
Le premier faux coupable ?

Avec la nouvelle écrite par Marie Belloc-Lowndes, Hitchcock trouva enfin une matière propice pour mettre en pratique tout ce qu’il avait appris, et il découvrit des motifs qui devinrent ensuite caractéristiques de son cinéma : suspense, menottes, blondes et faux coupables. On comprend après l’avoir vu pourquoi Hitchcock qualifia The Lodger de « premier vrai Hitchcock picture ».

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Initialement, le réalisateur voulait laisser planer un doute sur la culpabilité du pensionnaire. Il avoua à François Truffaut qu’il « aurait aimé que [le héros] s’en aille dans la nuit et que nous ne sachions jamais [s’il était vraiment coupable] ». Mais pour les producteurs, il était impossible qu’lvor Novello, l’idole des foules, soit soupçonné de meurtre. Aussi Hitchcock fut-il contraint de terminer par un happy end. Est-ce la raison pour laquelle il nous semble percevoir une pointe d’ironie dans l’intertitre final : « Toutes les histoires ont une fin » ? En plaçant ce texte, dont l’évidence ne peut qu’intriguer, Hitchcock faisait-il référence aux pressions qu’il avait subies ? C’est une supposition tout à fait envisageable quand on connaît sa capacité à jouer sur les doubles sens. Le réalisateur revivra la même situation en 1941 , à propos de la fin de Suspicion (Soupçons).

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On a peut-être dit un peu trop vite qu’Hitchcock avait introduit pour la première fois dans The Lodger un de ses thèmes favoris, celui du faux coupable. En effet, il aurait préféré ne pas trancher sur la culpabilité de son héros, Par ailleurs, le point de vue principal n’est pas celui de l’innocent accusé à tort, comme dans les grands films abordant le thème du faux coupable, tels The 39 Steps (Les Trente-Neuf Marches ou The Wrong Man (Le Faux Coupable), où le public épouse la position de l’homme injustement accusé et voit avec horreur le sort s’acharner contre lui. Dans The Lodger, l’innocence du héros n’apparaît qu’à la fin du film.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Marie Belloc-Lowndes aurait écrit sa nouvelle après avoir entendu une conversation où une personne affirmait avoir loué une chambre à Jack l’Éventreur. C’est précisément cet aspect qu’Hitchcock a retenu, ainsi qu’il le précisera : « J’ai traité cette histoire simplement, strictement du point de vue de la logeuse. » décrira avec précision la naissance et la propagation du soupçon, un autre thème qu’il abordera de nouveau avec Suspicion, Shadow of a Doubt (L’Ombre d’un doute) ou encore Rear window (Fenêtre sur cour). Tous ces films nous font éprouver la peur de celui qui se met à douter. Dans The Lodger, le récit s’organise autour des détails et des gestes qui pourraient être des signes d’innocence ou de culpabilité. Lors de la superbe séquence où le pensionnaire arpente sa chambre à la tombée de la nuit, Hitchcock étire le temps d’une manière incroyable ; dès cette époque, il avait découvert que la naissance de la peur est inséparable d’un savant dosage du rythme.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Le réalisateur utilisera souvent par la suite ce type de procédé. Par exemple, dans Suspicion, lorsque Johnny Aysgarth apporte à sa femme un verre de lait que l’on soupçonne être empoisonné, l’escalier qu’il gravit semble immense. C’est une des clefs de l’art d’Hitchcock que d’arriver à dilater le temps pour nous suspendre à un fil ; par ce biais, il transforme un simple détail (un verre de lait, un lustre) en un instrument de terreur chargé d’une très forte intensité dramatique. Dès son troisième film, le réalisateur maîtrisait déjà parfaitement cette dimension du suspense, qui enchaîne le désir du spectateur à une douloureuse attente : il avait découvert qu’il faut un peu le violenter pour lui faire peur.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney
Amour et mort

Lorsque nous apprenons l’innocence du locataire, contraint de s’enfuir pour échapper à la police, le film change de visage : c’est désormais son sort à lui qui nous importe. Le génie du cinéaste prend toute sa mesure lors de la fantastique poursuite dans les rues de Londres, où le locataire est talonné par la foule en furie, et dont on a souvent souligné l’aspect christique. L’éducation d’Hitchcock par les jésuites constitue probablement une des sources de ce type de scène, lui qui confiait : « J’avais la terreur des châtiments corporels. Cela flattait en moi un certain sens du drame. »

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La première apparition d’Hitchcock se produit dans The Lodger. Le clin d’œil du cinéaste, qui est devenu au fil des ans une marque de fabrique et une part de sa légende, était au départ strictement utilitaire : il n’avait pas assez de figurants. Toutefois, la place centrale qu’il occupe dans l’image, bien que de dos, nous invite à penser qu’Hitchcock était ravi de cette intervention. The Lodger est le seul film d’Hitchcock où le réalisateur apparaît deux fois. Il déclarera: « C’est devenu une superstition, et ensuite c’est devenu un gag. »

Cette image du Christ nous conduit à découvrir une des facettes les plus cachées de l’œuvre d’Hitchcock : la proximité qu’entretiennent la mort et l’amour dans son œuvre. Lorsque les meurtres se produisent, l’intertitre « Ce soir – Les boucles d’or » se met à clignoter. Cette même enseigne s’illumine à l’arrière-plan à la fin du film, lorsque le héros embrasse la jeune fille). Ainsi, le signal de la mort et le début de l’amour sont signifiés par les mêmes éléments visuels. Hitchcock n’aura de cesse par la suite d’explorer cette proximité, jusqu’à Frenzy, son ultime œuvre londonienne, où il filme un meurtre à la manière d’une scène d’amour.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Ce thème apparaît pour la première fois d’une manière triviale dans The Lodger, lorsque Joe le policier joue ostensiblement avec les menottes en déclarant : « Quand j’aurai passé la corde au cou du Vengeur, je passerai la bague au doigt de Daisy. »  Hitchcock n’a pas caché à Truffaut l’aspect fétichiste des menottes. Quand, au cours d’un jeu amoureux, Joe passe les menottes à Daisy, la jeune femme est prise d’un malaise poignant, comme si elle savait qu’il s’agit là d’un jeu dangereux. Et lorsque, pourchassé par la foule, le héros enjambe une grille, ce sont ces mêmes menottes qui l’arrêtent, s’accrochant de chaque côté d’une pointe de la grille pour le livrer, incapable de bouger, à la vindicte de la foule.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney
Emporté par la foule

La foule aura toujours une place dans l’œuvre du réalisateur. Il suffit de repenser à la mort de Mr Memory face à son public dans The 39 Steps, au meurtre dans le hall de l’ONU de North by Northwest (La Mort aux trousses) ou encore au début de Frenzy, quand un homme politique harangue la foule avant de découvrir un cadavre dans la Tamise. Chez Hitchcock, s’exposer aux yeux du public, c’est risquer la mort. Il entre dans cette image une bonne part de la relation ambiguë qu’il entretient avec la vie sociale. On sait qu’il a toujours été assez casanier dans sa vie familiale, mais c’est surtout dans ses films qu’il exprime une misanthropie farouche. Ses héros, comme ses meurtriers, sont souvent en retrait du monde ; pour eux, être découvert signifierait la fin de l’aventure (Rear window  ; Vertigo, Notorious…).

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

Comment ne pas voir dans le personnage du locataire incarné par Ivor Novello une préfiguration d’Alan Bates, le garçon dérangé de Psycho (Psychose) ? Cette idée offre une autre lecture possible de The Lodger, une lecture plus sombre : en effet, si Hitchcock a fait des concessions en acceptant une fin apparemment heureuse, il n’a pas cédé un pouce sur le fond et son film est empreint d’une ambiguïté extrêmement troublante. Lorsque le héros raconte la mort de sa sœur à l’occasion d’un flash-back, on le voit danser avec elle, puis il n’apparaît plus. Malgré le happy end, Hitchcock réussit à semer le doute et l’apparition de l’enseigne « Ce soir – Les boucles d’or » prend un autre sens ; que va-t-il se passer, en fait, lorsque le rideau sera tombé ?

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney
Sauvé par Montagu !

A la fin de l’année 1926, dès qu’Hitchcock eut achevé son film, le producteur Michael Balcon organisa une projection pour les distributeurs. Le jeune cinéaste était particulièrement nerveux, car il savait que son sort se jouait – d’autant plus que Graham Cutts avait fait courir le bruit que The Lodger ne valait rien. La réaction des distributeurs fut désastreuse : «Votre film est incompréhensible ! » déclarèrent-ils au jeune cinéaste. The Lodger resterait sur une étagère et Hitchcock pouvait commencer à songer à un autre métier.

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THE LODGER ou The Lodger : A Story of the London fog (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927) avec Ivor Novello, June Tripp, Malcolm Keen, Marie Ault, Arthur Cherney

C’était sans compter sur l’opiniâtreté du producteur, qui ne s’avoua pas vaincu. Balcon était convaincu des qualités du film, mais il avait besoin de s’en assurer. Il contacta un fameux critique de l’époque, Ivor Montagu, et lui demanda de visionner le film. Montagu comprit immédiatement son originalité et sa puissance. Il suggéra quelques modifications : la suppression de plusieurs intertitres pour améliorer le rythme, l’ajout de quelques plans de liaisons, notamment dans la scène de lynchage. Et il contacta le graphiste E. Mc Knight Kauffer pour lui demander de redessiner les intertitres. The Lodger fut montré au public dans cette nouvelle version en 1927 : ce fut un triomphe. Hitchcock fut proclamé « nouvel espoir du cinéma anglais » par la presse. Une fois le public conquis, l’homme dont le nom serait dorénavant associé à l’essence du cinéma au XXe siècle pouvait envisager son avenir d’une manière radieuse.

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L’histoire et les extraits

1 – Le Vengeur – Dans un quartier de Londres, une jeune femme est découverte assassinée. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Un mystérieux tueur, qui ne s’attaque qu’aux blondes et signe ses forfaits « le Vengeur », a de nouveau frappé. La population est en émoi. Les jeunes filles, surtout celles aux cheveux clairs, sont inquiètes.
2 – Daisy – Une jeune femme, Daisy, qui gagne sa vie comme modèle, est désignée par ses collègues comme une cible parfaite pour le tueur. La jeune fille ne semble pas se laisser impressionner. Lorsqu’elle rentre chez elle, elle retrouve à la fois ses parents, qui tiennent une pension, et son soupirant Joe Chandler, un policier un peu pataud.
3 – Le locataire – Un étrange jeune homme sonne à la porte de la maison. Il souhaite louer une chambre. Le sentiment de malaise grandit lorsqu’il demande que sa chambre soit débarrassée des portraits de jeunes femmes qui sont accrochés aux murs. Le soir, Daisy et sa famille entendent le jeune homme arpenter interminablement sa chambre.

4 – Amitié naissante – Au fil des jours, Daisy et le locataire se rapprochent. Sous son apparence ténébreuse, le locataire découvre un visage aimable, et Daisy n’est pas insensible à son charme. Joe Chandler, à qui est confiée l’enquête sur le Vengeur, ne voit pas d’un bon œil le rapprochement des deux jeunes gens. Il demande à la mère de Daisy si son locataire veut du mal à sa fille. La logeuse répond en riant que « ce n’est pas son genre ».
5 – Mardi soir – Le mardi soir, qui est le jour où le Vengeur a l’habitude de frapper, la nuit est tombée sur la petite pension. Son mari étant parti servir d’extra pour une soirée, la logeuse se couche seule, mais elle ne trouve pas le sommeil. Inquiète, elle guette tous les bruits de la maison qu’elle connaît bien. Elle entend une porte qui s’ouvre : le locataire sort de sa chambre. Elle l’écoute descendre les escaliers et sortir. Peu après, une jeune femme blonde se fait assassiner.
6 – Soupçons – La nouvelle du nouveau meurtre parvient à la logeuse et à son mari le lendemain matin. Ils sont atterrés par la coïncidence. Joe arrive. Ils entendent Daisy, qui est partie porter le déjeuner au locataire, pousser un cri. Ils se précipitent et la trouvent dans ses bras. La jeune femme rit et avoue qu’elle a eu peur d’une souris. Ses parents décident de la surveiller de près.

7 – La robe – La police a établi une carte des meurtres pour essayer de cerner le lieu du prochain crime. De son côté, le locataire possède lui aussi une carte similaire. Un jour, en rentrant chez elle, Daisy découvre que son nouveau soupirant lui a fait un somptueux cadeau : une robe de soirée. Ses parents, de plus en plus inquiets, décident aussitôt de rendre le présent.
8 – Rendez-vous – Le locataire et Daisy, échappant à la surveillance, sortent pour une promenade. Lorsque les parents découvrent leur absence, ils réalisent avec terreur que ce jour est un mardi, le jour du tueur. Mais Joe Chandler retrouve les amoureux assis sur un banc et interrompt leur rendez-vous romantique. Consterné, il se persuade que le locataire est le meurtrier.

9 – L’arrestation – Persuadé que le nouvel ami de Daisy est le Vengeur, Joe débarque dans sa chambre avec une escorte de policiers. Les hommes fouillent la pièce de fond en comble et découvrent des indices accablants. Joe passe les menottes au locataire, malgré les protestations de Daisy. Profitant d’une distraction des policiers, le locataire parvient à s’enfuir.
10 – La fuite – Daisy retrouve le locataire, transi de froid, allongé sur un banc. Le jeune homme lui révèle la vérité : il est à la recherche du Vengeur, afin d’honorer le serment qu’il a fait à sa mère sur son lit de mort de retrouver le meurtrier de sa sœur assassinée. Daisy l’aide à endosser une grande pèlerine qu’elle a apportée pour lui, et ils partent dans la nuit.
11 – Le lynchage – Le couple cherche refuge dans un pub, mais même cachées, les menottes du fuyard le trahissent. À peine est-il sorti que la foule se précipite sur lui et s’apprête à le lyncher. Pendant ce temps, Joe Chandler est prévenu par téléphone que le véritable tueur a été arrêté. In extremis, il parvient à soustraire l’innocent à la fureur de la foule.
12 – Conclusion – Daisy et le locataire se retrouvent dans la magnifique demeure du jeune homme. Les deux tourtereaux vont pouvoir retourner à une vie paisible. Les parents de Daisy viennent rendre visite à leur étrange locataire, et lui redonnent la brosse à dents qu’il avait oubliée chez eux.

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ALFRED HITCHCOCK : Un anglais bien tranquille (période 1899-1929)
Alfred Hitchcock est né en Angleterre, le 13 août 1899, au sein d’une famille de catholiques. Son père était un riche marchand de volailles. Il aimait le théâtre, mais se voulait rigoureux en matière de discipline et de religion. L’enfance heureuse d’Alfred fut marquée par un incident qu’il n’oubliera jamais. A six ans, il commit une bêtise qui fâcha fort ses parents. Ils l’envoyèrent porter une lettre au commissariat. Après avoir lu la missive, le planton enferma l’enfant dans une cellule. L’incarcération dura cinq minutes, mais Alfred Hitchcock s’en souviendra toute son existence. Il expliquera que c’était à l’origine de sa peur des policiers. Un an avant sa mort, le 7 mars 1979, il rappellera cet incident lors de son discours de remerciements à l’hommage que lui rendait l’American Film Institute. (Selon son amie Odette Ferry, Hitchcock aurait inventé cette anecdote.) Lire la suite…

Les films d’Hitchcock sur Mon Cinéma à Moi

SABOTAGE – Alfred Hitchcock (1936)
THE LADY VANISHES– Alfred Hitchcock (1938)
JAMAICA INN – Alfred Hitchcock (1939)
SHADOW OF A DOUBT (L’ombre d’un doute) – Alfred Hitchcock (1943)
NOTORIOUS – Alfred Hitchcock (1946)
THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine) – Alfred Hitchcock (1947)
STRANGERS ON A TRAIN– Alfred Hitchcock (1951)
DIAL M FOR MURDER (Le crime était presque parfait) – Alfred Hitchcock (1954)
REAR WINDOW (Fenêtre sur cour) – Alfred Hitchcock (1954)
TO CATCH A THIEF – Alfred Hitchcock (1955)
VERTIGO – Alfred Hitchcock (1958)
NORTH BY NORTHWEST (La Mort aux trousses) – Alfred Hitchcock (1959)
TORN CURTAIN (Le Rideau déchiré) – Alfred Hitchcock (1966)

 

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