Catégorie : Le Film étranger

VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958)

Vertigo (Sueurs froides) est le meilleur film d’Hitchcock, et même l’un des meilleurs jamais tournés. Pourtant, lors de sa sortie, sa qualité de chef-d’œuvre ne fut pas tout de suite reconnue par le public et la critique. Bien qu’il soit centré sur un meurtre, ce n’est pas à proprement parler un film policier mais, selon les mots de son auteur, « une histoire d’amour au climat étrange ».

HELLZAPOPPIN – H. C. Potter (1941)

Attention les yeux : sorti en 1941, Hellzapoppin n’a rien perdu de son impact. Totalement atypique, la transposition sur celluloïd du spectacle culte de Broadway défie les lois du genre, dans sa manière de mélanger justement tous les genres : le film emprunte à la fois au burlesque, à la satire, au cartoon, et même… à la comédie musicale – le tout mené à un rythme frénétique. Mais si les numéros chantés se succèdent ici, c’est pour mieux se démarquer de la concurrence en les émaillant de gags toujours plus « hénaurmes ». Il est même étonnant de voir à quel point le film peut se lire comme une parodie de la comédie musicale classique, avec son couple de jeunes amoureux aussi beaux que fortunés, montant un spectacle dans le vaste jardin de la propriété familiale… Le fait que cette partie de l’intrigue ait justement été exigée par le studio pour respecter les codes du genre n’en est que plus réjouissant. Olsen et Johnson, les deux créateurs du spectacle original, se servent en outre des moyens d’expression propres au cinéma pour ajouter de nouveaux effets comiques impossibles à obtenir au théâtre, faisant d’Hellzapoppin un film à part entière. Lequel influencera, bien plus tard, un autre classique du « musical loufoque », The Rocky Harrar Picture Show…

THE KILLERS (Les Tueurs) – Robert Siodmak (1946)

Un passé mystérieux, un amour qui dure jusqu’à la mort, un destin auquel on ne peut échapper : The Killers mérite bien d’être considéré comme un film noir par excellence. Mais avec son héros dont la fin tragique est exposée dès le début par des flash-back, le spécialiste du genre Robert Siodmak exige beaucoup de son public, d’autant que l’on s’identifie volontiers à ce boxeur débonnaire dont la seule erreur, visiblement, n’a été que de s’éprendre de la mauvaise femme…

STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951)

Basé sur un roman de Patricia Highsmith et, à l’origine, mis en forme par Raymond Chandler, Strangers on a train (L’Inconnu du Nord-Express) ne doit pourtant ses qualités qu’à Alfred Hitchcock. Après avoir écarté le travail de son scénariste, le réalisateur reprit les choses en main de manière magistrale, montrant une fois de plus de quoi il était capable, seul. Ce film réalisé avec maestria, d’une rigueur cinématographique absolue, est une des œuvres les plus populaires d’Hitchcock. 

SOME CAME RUNNING (Comme un torrent) – Vincente Minnelli – 1958

Réflexion sur l’inexorabilité du temps, le dérisoire des rêves et des passions, l’absurdité de la vie sociale, la fulgurance de l’instant et la tentation de la folie (jeu et alcool), Some came running (Comme un torrent) est le chef-d’œuvre de Minnelli. Frank Sinatra, Dean Martin et surtout Shirley Mac Laine apportent à l’univers de l’auteur un sang nouveau et une authentique vigueur.

HIS GIRL FRIDAY (La Dame du vendredi) – Howard Hawks (1940)

His Girl Friday (La Dame du vendredi) est une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre nommée Front Page, écrite par le tandem Hecht et Mac Arthur, amis personnels d’Howard Hawks. Hecht fut par ailleurs un scénariste très prisé à Hollywood, et a travaillé à maintes reprises avec le réalisateur de The Big Sky (La Captive aux yeux clairs). The Front Page a déjà été porté à l’écran en 1931 par Lewis Milestone et Billy Wilder en donnera également une version en 1974 avec le tandem formé par les acteurs Walter Matthau et Jack Lemmon. His Girl Friday reste cependant non seulement l’adaptation la plus réussie de la pièce mais aussi un des sommets de la comédie hawksienne. Le cinéaste a comme à son habitude participé à l’écriture en compagnie d’un autre de ses scénaristes les scripts de, entre autres, I Was a male war bride (1951), Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir, 1952) ou encore Gentlemen prefer blondes (Les Hommes préfèrent les blondes, 1953).

HOME FROM THE HILL (Celui par qui le scandale arrive) – Vincente Minnelli (1960)

Adapté d’un roman de William Humphrey, auquel a été rajouté le personnage essentiel du fils illégitime, Home from the hill (Celui par qui le scandale arrive) fait penser au résumé que donnait  William Faulkner d’un de ses livres préférés, « Absalon, Absalon » : « C’est l’histoire d’un homme qui voulait des fils. Il en eut un de trop et il fut détruit. »

SOMEWHERE IN THE NIGHT (Quelque part dans la nuit) – Joseph L. Mankiewicz (1946)

Réalisé par Joseph L. Mankiewicz, Somewhere in The Night (Quelque part dans la nuit, 1946) place la figure du détective privé dans le dispositif des films sur les amnésiques. Sa forme repose sur les transcriptions visuelles de l’angoisse d’un homme sans mémoire qui cherche l’individu susceptible de l’éclairer sur son passé, puis découvre avec stupeur que celui qu’il veut retrouver n’est autre que lui-même. Et qu’il est un détective privé qu’on soupçonne de vol et d’assassinat.

GILDA – Charles Vidor (1946)

Si Gilda devient l’un des plus grands succès de l’année 1946 et entrera dans la mémoire collective des cinéphiles comme un classique du film Noir, il le doit à l’érotisme intense de son actrice principale. Rita Hayworth, ou plus exactement au strip-tease légendaire qui fit tourner la tête […]

AN AMERICAN IN PARIS – Vincente Minnelli (1951)

Couvert d’oscars et de récompenses de toutes sortes, généralement porté aux nues, considéré souvent comme le plus grand « musical » de l’histoire du cinéma, Un Américain à Paris est le film qui a le plus contribué à la célébrité de Vincente Minnelli. Quand on parle de lui aux profanes, on peut se contenter de dire : c’est l’auteur de Un Américain à Paris. That’s Entertainment, laborieux film de montage, se termine, en apothéose, par son célébrissime ballet final. Un livre entier (The Magic Factory : How MGM Made An American in Paris), a été consacré au tournage. Tous les collaborateurs du film en parlent avec des sanglots dans la voix. Et pourtant, nous restons sur une étrange impression de réserve, car il s’agit d’un des films les plus inégaux de son auteur. Si le ballet final, maintes fois célébré, n’a rien perdu de son éclat, il  faut pourtant nuancer sur le reste et si, finalement, Un Américain à Paris était un des films les moins personnels de Minnelli ? Si sa réputation était, en partie du moins, usurpée ?